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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Des meetings, des affiches, des promesses: en apparence eut observé l’AFP depuis dimanche 09 décembre 2018, la campagne se déroule presque normalement dans l'immense République démocratique du Congo à deux semaines d'élections inédites et deux fois reportées. Mais les ferments n'ont pas disparu et les premières tensions ont affleuré ce week-end.Des violences ont fait huit blessés graves à Kindu, un fief du pouvoir dans le nord-est, d'après une ONG pro-droits de l'homme.En raison de ces violences, le candidat d'opposition Martin Fayulu affirme avoir dû renoncer à se rendre à Kindu pour y faire campagne.Au Kasaï, six partisans du candidat de la majorité Emmanuel Ramazani Shadary affirment avoir été blessés dans des affrontements avec le parti historique d'opposition UDPS.A Kinshasa, la commission électorale a déjà mis en garde « les responsables politiques qui attisent la violence ». Et même le prix Nobel de la paix congolais Denis Mukwege redoute déjà des "troubles" après le scrutin.Pas de nouveau report, a prévenu vendredi le président de la commission électorale, Corneille Nangaa: les présidentielle, législatives et provinciales à un tour auront lieu le 23 décembre comme prévu.Les premières tendances pourraient tomber pour Noël, a-t-il ajouté. La proclamation des résultats provisoires est prévue le 30 décembre.

Au total 21 candidats sont en course pour la succession du président Joseph Kabila qui ne peut briguer un troisième mandat, interdit par la Constitution. Le président Kabila n'a pas exclu de revenir au pouvoir dans quelques années, dans un entretien avec plusieurs médias anglo-saxons.Sur ces 21 prétendants, seuls trois ont une assise politique: le « dauphin » de la majorité parrainé par le président Kabila, Ramazani Shadary, et les principaux candidats de l'opposition divisée, Félix Tshisekedi et Martin Fayulu.Originaire du Maniema (est), l'ex-ministre de l'Intérieur Ramazani Shadary a sillonné l'Equateur (nord-ouest), ex-fief de Jean-Pierre Bemba, un soutien de l'opposant Fayulu.A Gbadolite, monsieur Ramazani Shadary a fait observer une minute de silence à la mémoire de l'enfant du pays, l'ancien dirigeant Mobutu Sese Seko, au pouvoir de 1965 à 1997.Dans la capitale provinciale Mbandaka, il a décliné sa promesse anti-corruption: « Tous ceux qui ont détourné l'argent de l'Etat seront arrêtés et jetés en prison ».Celui qui promet de faire de la RDC un pays émergent a été interpellé par des habitants en colère face au délabrement des routes aggravé par la pluie.Après un accueil poli et réservé à Goma, Félix Tshisekedi a soulevé les foules jeudi à Bukavu, ville de son « ticket » Vital Kamerhe, qui l'accompagne dans tous ses déplacements.Entre deux promesses sur l'amélioration du sort des policiers et la gratuité de l'enseignement, monsieur Tshisekedi a invité les électeurs à rester dans les bureaux le jour du vote jusqu'à l'obtention des procès-verbaux pour « éviter la tricherie ».Parti le dernier, Martin Fayulu a réuni des milliers de personnes mercredi à Beni, zone prise entre une épidémie d'Ebola et les tueries attribuées à un mystérieux groupe armé.

 Le lendemain, une quinzaine de civils ont été tués à l'arme blanche, un nouveau massacre attribué aux Forces démocratiques alliées (ADF) d'origine ougandaise.Monsieur Fayulu a poursuivi son chemin à Goma, où l'assistance était plus nombreuse que pour monsieur Tshisekedi, puis Kisangani samedi, où il a fait applaudir les sanctions de l'Union européenne contre monsieur Ramazani Shadary par une foule rarement vue pour un homme politique, selon un observateur local.Monsieur Fayulu est le candidat de la coalition Lamuka (« réveille-toi » en lingala) soutenue par deux autres opposants, l'ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, populaire à l'Est, et l'ex-chef de guerre et vice-président Bemba, un homme de l'Ouest.A chaque étape, il encourage les électeurs à se rendre aux urnes le 23, tout en refusant la « machine à voter » retenue par la commission électorale. « S'il y a des gens qui viennent créer de la violence au niveau des bureaux de vote, la loi s'en occupera », a prévenu le président de la commission électorale, monsieur Nangaa. « Attiser la violence comme font certains responsables politiques aujourd'hui, c'est très dangereux pour le pays »,a-t-il ajouté. Et de lancer: « Il n'y aura pas de chaos ».Le contexte électoral inquiète le gynécologue congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, et critique du pouvoir.Ces élections « risquent tout simplement de créer des troubles supplémentaires puisque, dans leur organisation, il n'y a ni transparence, ni crédibilité, et les gens ne sont pas libres. Donc certainement que les résultats vont entraîner plutôt des contestations qui ne sont pas bonnes pour la démocratie », a-t-il déclaré à l'AFP avant la remise de son prix lundi à Oslo.

Eric Mocnga Topona,correspondant spécial à Bonn en Allemagne

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