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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

En Tunisie, les fonctionnaires qui représentent plus d’un sixième des travailleurs du secteur public et privé confondus, observent massivement depuis jeudi, une grève générale à l’appel de la puissante centrale syndicale du pays, afin de réclamer des augmentations salariales et envoyer un fort message de protestation au gouvernement en prévision de futures élections nationales. L’AFP rapporte ce jeudi 22 novembre que c’est la première grève d’une telle envergure depuis 2013, et d’après l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la première à être initiée uniquement par la fonction publique dans l’histoire du pays. De milliers de manifestants se sont massés devant le Parlement à Tunis scandant «dégagé» à l’endroit d’un gouvernement qu’ils ont qualifié de «mendiant », face aux bailleurs de fonds internationaux favorable à la réduction de la masse salariale de l’Etat. Des manifestations ont également été organisées dans plusieurs grandes villes du pays comme à Sfax (centre), où des militants ont défilé calmement jusqu’au siège du gouvernorat, à Gafsa (sud) au cœur du bassin minier, se sont plusieurs centaines de personnes qui ont manifesté après le discours du responsable local de l’UGTT, a constaté sur place un correspondant de l’AFP. Si les transports publics ont continué à fonctionner presque normalement, ce n’était pas le cas pour les écoles, les hôpitaux, les administrations, notamment les ministères qui étaient fortement paralysés. «Vous avez détruit ce peuple, vous l’avez affamé », a balancé à haute voix, au milieu d’une foule dense massée devant le Parlement à Tunis, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, traitant la classe politique d’« adolescente » après des luttes de pouvoir fratricides. «Nous n’allons pas céder à vos choix libéraux, nous allons prendre des décisions militantes et mobiliser l’ensemble des secteurs », a-t-il prévenu, annonçant une réunion samedi pour décider des suites à donner au mouvement, dans un climat social tendu. Selon lui, les fonctionnaires ne demandaient pas «une faveur », mais le maintien de leur pouvoir d’achat, érodé par une inflation avoisinant les 7, 5%. L’occasion a été offerte à M.Taboubi de souligner sa détermination afin de peser lors des élections législatives et présidentielle prévues fin 2019. «J’appelle toutes les catégories de ce peuple à être présentes lors des prochaines élections », a-t-il déclaré. «Toutes les étapes nous concernent, nous ne laisserons passer aucune élection ».

La Tunisie d’aujourd’hui peine à répondre aux attentes sociales de la population, plusieurs années après la chute du président Zine el Abidine Ben Ali évincé du pouvoir par une révolte populaire en 2011. La grogne sociale est la conséquence logique de l’inflation alimentée par la chute du dinar et le chômage persistant au-dessus de plus de 15%. Un tel climat a fini par provoquer les émeutes survenues en janvier dernier dans plusieurs villes du pays. De sources syndicales, la grève a été suivie à 90% et que l’UGTT réclame pour les 673.000 de l’Etat, des augmentations au moins égales à celles concédées cette année aux salariés des entreprises publiques, qui varient de 45 (15 euros) à 90 dinars (30 euros) par mois. «Cette augmentation n’a pas été prise en considération dans le budget de l’Etat de 2019 », a indiqué à l’AFP Bouali Mbarki, secrétaire général adjoint du principal syndicat. La mobilisation syndicale intervient alors que le Parlement débattra dès samedi la dernière loi de finances de sa mandature. Les bailleurs de fonds qui maintiennent la Tunisie à flot, pousse à la maîtrise des salaires des fonctionnaires pour éviter d’aggraver le déficit du pays. Elle souhaite ardemment voir diminuer le poids de celle-ci dans le PIB, qui frôle 14%, l’un des taux les plus élevés de la région. La Tunisie qui bat de l’aile financièrement, a obtenu en 2016 du FMI un prêt de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans, contre de vastes réformes à mener par l’Etat. En juillet, une délégation comprenant huit principaux bailleurs internationaux, avait fait le déplacement de Tunis pour encourager le gouvernement à poursuivre les réformes dans l’intérêt des citoyens. Et pourtant, le Premier ministre avait du mal à obtenir un consensus autour d’un programme touchant les caisses sociales et les nombreuses entreprises publiques.

Moussa T. Yowanga

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