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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans cette analyse politique qu’il a publiée sur sa page Facebook le jeudi 29 novembre 2018, au lendemain de la date anniversaire de la proclamation de la République de son pays, ce 28 novembre 1958, sous le titre : «Notre République est à réinventer», le jeune politologue tchadien rentré au bercail après plusieurs années d’études en Afrique de l’ouest  dépeint un tableau très sombre de son cher pays : «Le Tchad semble clairement en panne d'idées, d'imagination et de ressources. Après la déconfiture des anciens régimes, on récidive et reconduit un système borné qui n'a visiblement pas su tenir les rênes de toutes ses équipes gouvernementales. Cette situation à peine croyable, n'aura pas manqué d'illustrer la débâcle en cours avec son lot de chômage ascendant, ses affaires minables à la petite semaine et l'affaissement en pâte de guimauve d'une économie sous perfusion. Les seules nouvelles tenues pour moins dégradantes nous parviennent de l’extérieur, surtout des institutions financières dont monsieur Déby se proclamait, juste avant d'être « réélu » en 2016 (réélection qui s’est jouée ailleurs), l'ennemi juré. Le petit peuple, lui, ne s'y trompe guère qui accueille chaque déplacement du « Président intégral » avec des quolibets pas piqués des vers. Par contre, le carnage du corps social, entrepris depuis quelques lustres par les quelques puissants et leurs sbires, attire les hordes de hyènes à l'affût ».

Après un cinglant réquisitoire contre les régimes successifs et dénoncer la politique de pourrissement menée par le pouvoir de N’Djamena, tout en plaidant pour la réinvention de cette République, qui totalise près d’une soixantaine d’années, Don Ebert se montre tout aussi impitoyable à l’égard de l’opposition démocratique tapis dans l’ombre et dépourvue de réels projets de société mais truffée au contraire des hommes complices du système qu’ils prétendent vainement combattre : L’Opposition politique traditionnelle, dans le système et non pas contre le système, du fils du Cyclope se tient en embuscade et sent un vent délétère tourner en sa défaveur. Les médias auront (peut-être) réussi l'exploit de réhabiliter dans la patrie des SAO une catégorie qui a toujours fait son fond de commerce de la haine, des discriminations et d'un chauvinisme des plus abjects (les tchadiens perdent parfois la mémoire !). Qu'à cela ne tienne, dans toutes les histoires pour enfants, il y a des ogres, des grands méchants loups et des vilains croque-mitaines au sourire vorace. Nous ne succomberons pas aux vapeurs de cette morale nauséabonde remontant des pires périodes de l'Histoire moyenâgeuse. Les combines de cuisine politiciennes ne nous intéressent pas, mais alors pas du tout. Au fond, ils ne sont que des pièces détachées mais complémentaires d'un système à bout de souffle, par ailleurs définitivement irréformable par ses propres adeptes. Avec le temps ils sont devenus complices les uns des autres par trahisons successives accumulées. Nous ne voulons plus de tous ces « professionnels de la politique, élus à vie ». Ils nous ont déjà coûté trop cher, ils ont ruiné tout ce qui fait la noblesse des idées et des utopies, de leur mise en œuvre. Ils ont tué dans l'œuf, les aspirations souveraines du peuple tchadien à se libérer du joug de l'argent et de la guerre ».

Militant du jeune mouvement les «Transformateurs » piloté par l’économiste Succès Masra, Don Ebert considère que la mouvance présidentielle vit comme dans une bulle intellectuelle enfermée dans ses certitudes qui refuse de s’amender : « Ils ne voient que ce qu’ils veulent voir et n’entendent que ce qu’ils veulent entendre. Ils ont peut-être des diplômes universitaires (ce qui est rare aussi) et des titres ronflants, mais ce sont des troupeaux de beaufs. Leur manque total de curiosité intellectuelle les injurie et les disqualifie pour avoir une opinion digne de valeur. Le seul endroit où ils sont éduqués, c’est certainement dans leur coma auto-induit. Leur vrai problème est qu’ils pensent tous, ces hommes et femmes perdus, détenir le monopole de l’action politique et du pouvoir. Ils en sont bouffis d’autosatisfaction, ce qui les empêche de se remettre en question, même quand leurs erreurs ont des conséquences dramatiques, visibles et évidentes. Ils auront toujours une bonne explication pour rejeter la faute sur l’autre ou les autres. Le problème ? La solution ? Ce n’est pas aux « politiciens » de rédiger la Constitution de notre République. C’est au peuple tchadien de le faire ».

Face à un tel délitement de l’appareil étatique et de la société tchadienne dans son ensemble, le jeune politologue préconise le passage à ce qu’il nomme «République de Développement intégral » dont il décrit magistralement les contours : « La Constitution sert à protéger le peuple des abus de pouvoir, à limiter notre impuissance politique, à empêcher les élus de prendre des décisions sans nous concerter. Voilà l’idéal qu’il fallait viser !Nous en sommes arrivés à un tel point d'obsolescence à tous les niveaux de nos institutions qui se veulent pourtant républicaines que nous n'avons plus d'autres alternative que d'en passer par la création d'une République de Développement Intégral constituée par et pour le peuple. Cependant, il va de soi qu'en toute urgence la première mesure que l'assemblée constituante nouvellement élue devra prendre, avant de procéder à la construction Co-élaboratrice de cette République Transformée basée sur le principe inaliénable de l'égalité démocratique, sera d'extirper le Tchad des griffes des vieux démons et du grand capital apatride qui nous domine. Sinon à quoi bon se donner tant de mal si ce n'est que pour relooker ce qui existait déjà. Il se pourrait fort bien que Déby, dindon de la farce des militaro-oligarques français qui l'ont coopté, soit le dernier des Présidents de notre République en plein naufrage. En ce moment, c’est la faute à la rébellion ! D’où un voyage si lointain et inopiné, d’où une frénésie pour tenter de redresser la barre, en sacrifiant les braves gens au Nord du pays. On les a tous poussés à exploiter du pétrole ? Maintenant, brutalement, dissuasion du pétrole, retour aux années 100, retour à la Nature, sans même se soucier de savoir comment tous ces gens qui ont fait confiance à un régime doivent, sur l’ordre d’un Gouvernement qui semble clairement avoir un esprit désertique et une âme asséchée, se recréer une nouvelle vie ».

C’est une folie ajoute-t-il, dans le dernier paragraphe de son analyse politique, une façon pour lui de jeter l’anathème à des hommes politiques déconnectés de la réalité qui se conduisent comme des insensés,  car il résume sa pensée par la : « Folie d’hommes qui ne savent pas qu’il ne tombe pas un moineau à terre sans que l’Eternel l’ait voulu. C’est écrit. Folie d’hommes qui ne connaissent pas le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Créateur de tout, qui connaît la moindre de leur pensée et tous leurs actes cachés. Hélas, quand je vois l’endurcissement de cette mouvance arrogante, je ne peux que savoir d’avance que les temps à venir vont être terribles. Les plaies de l’ancienne Egypte ne sont pas encore épuisées ! Jusqu’à ce que le Tchad tout entier plie le genou et se repente. Même le fait d’avoir plébiscité un homme comme Déby, alors que son parcours pour s’emparer du pouvoir par des moyens à l’évidence tordus, était une folie. Je pensais que le Tchad avait touché le fond de la honte avec Hissein Habré. Il y avait pire en réserve ! Quand ce pays va-t-il donc se réveiller ? Quand il sera totalement détruit ? Maintenant, l'impossible reste à accomplir, fédérer les tchadiens et tchadiennes autour d'une vision plénière et d'un projet commun et généreux pour Transformer la vie, pour un monde meilleur. Ce que nous appelons modestement chez nous, et dans nos mots : La Transformation Globale du Tchad! Nous pouvons y arriver ensemble si chacun d'entre se lève, renonce à une partie de ses privilèges, de sa liberté et de son confort. Ce pays a plus que jamais besoin de nous ! »

Ahmat Zéïdane Bichara/Moussa T. Yowanga

Encadré : Réactions des internautes en écho à l’analyse de Don Ebert

Alhawar Kory:  « Aujourd'hui, la balle est dans notre camp, c'est à nous de décider de ce que sera le Tchad, bien-sûr que sur le terrain mais avant cela il faut transformer conditionner l'esprit de cette jeunesse déboussolé par les hommes politiques, le milieu haineux, tribale, régionaliste... La seule chose qu'il nous faut aujourd'hui, c'est d'abord l'unité, la transformation de notre pays viendra seule ».

Pierre Dibabei: «Un constat amer en effet. Tous les jours, je me demande comment en sommes nous arrivés là! Réponse invariable, incontournable: un rôle trouble de l'ancienne puissance qui a et continue d'écarter les hommes aux idées rationnelles dignes de notre temps et notre siècle pour nous imposer des pouvoirs erratiques composés d'hommes erratiques aux idées erratiques: tantôt modernistes. tantôt intégristes, anti-démocratiques. On se bat, on continue de se battre. La France (le système) nous impose un travail de Sisyphe pour décourager les plus intrépides d'entre nous..Loin de moi l'idée de décourager les plus vaillants. C'est une variable dont nous devons tenir compte. La lutte continue ».

Kemba Degué Ulrich: « Construire des idées fécondes qui ont le pouvoir de transformer efficacement le Tchad à tous les niveaux n'est pas une promenade de santé.  D’abord, faut-il que les tchadiens prennent conscience que le salut de notre pays réside dans l'unité sans laquelle les efforts consentis seront comme un coup d'épée dans l'eau ».

 

 

 

 

 

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