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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Malgré l’appel à l’arrêt des hostilités au Yémen par l’administration américaine et d’autres pays, le combat se poursuit intensément à Sanaa. Si le conflit yéménite perdure à ce point, on est en droit de se demander s’il n’ya pas des lobbies voire des Etats derrière qui tirent bénéfice de cette horrible guerre. C’est en partie l’avis de Simon Petite, auteur d’un article très intéressant publié le 8 novembre par le journal numérique Le Temps dans lequel il ne passe pas par quatre chemins pour accuser les Etats-Unis et les Européens de vendre des armes à l’Arabie saoudite et les Emirats pour faire la guerre au Yémen. L’auteur se demande d’entrer de jeu pourquoi les médias occidentaux ne parlent pas assez du Yémen alors qu’ils arrosent de façon continue le public des informations relatives à la guerre en Syrie ? Pour les détracteurs, c’est inéluctablement à cause des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et ses alliés de la coalition du Golfe engagés militairement dans ce conflit régional. La conclusion peut paraître hâtive mais elle repose néanmoins sur de faisceaux de faits vérifiables. Le Golfe persique s’avère être un véritable eldorado pour les marchands d’armes quels qu’ils soient. L’Institut de recherche international sur la paix de Stockholm (SIPRI), spécialisée sur les questions de flux de matériels militaires est formel : le flot d’armes vers le Moyen-Orient a doublé entre les périodes 2008-2012 et 2009-2013. Alors que dans le même espace de temps, les importations d’armes ont stagné ou diminué  dans tous les autres continents.

L’Industrie d’armement peut compter sur l’Arabie saoudite et les Emirats qui sont ses plus gros clients dans le monde, respectivement deuxième et quatrième. L’embargo de l’ONU sur les armes touche particulièrement les rebelles houthis mais cela ne les empêche pas de contourner la mesure. Cependant le volume de livraisons d’armes en faveur des belligérants saoudiens et émiratis reste de loin le plus important. Parmi les pourvoyeurs d’armes à Riyad, les Etats-Unis occupent le premier rang avec un total de 3,4 milliards de dollars engrangés en 2017, soit le double de l’année précédente, suivis par le Royaume-Unis (436 millions) et l’Allemagne (105 millions). La France n’est pas épargnée car l’ensemble de carnet de commandes saoudien est évalué à 11 milliards d’euros de contrats sur la période 2008-2017, selon un rapport parlementaire sur les exportations d’armes de la France publié en juin. Selon le SIPRI, la Suisse a exporté du matériel de guerre pour 44 millions d’euros en 2016. Comme l’Allemagne, la Suisse a également décidé de suspendre ses ventes d’armes à Riyad pour protester contre l’assassinat sordide du journaliste saoudien Jamal Khashoggi  en Turquie. Malgré cette affaire Khashoggi, le débat sur l’exportateur d’armes a pris de l’ampleur, mais certains pourvoyeurs et non de moindre comme les Etats-Unis refusent de stopper leurs ventes d’armes à Riyad. Le refus de changer de politique est motivé par le fait que d’autres vendeurs comme la Russie ou la Chine pourraient s’accaparer du marché. L’exemple de l’Espagne illustre parfaitement les réticences des Occidentaux à tourner le dos aux marchés du Golfe en matière d’armement. Le nouveau gouvernement socialiste installé en septembre a fait volte-face après avoir renoncé à plusieurs contrats, par peur de perdre des emplois

Moussa T. Yowanga

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