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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

« A cause de ces guerres, nos 30% des terres cultivables sont en jachère et seulement 2% sont exploitées par des méthodes artisanales qui ne nourrissent plus un peuple en famine chronique. Nos montagnes explosent d'or et d'autres minerais pour lesquels nous mourront encore et maintenant dans notre dénuement total des enfants malnutris et des femmes affamées »,déclare le Tchadien  Djiddi Ali Sougoudi

Dans une interview datant du 15 juillet 2014, l’actuel porte-parole du Ministère tchadien des Affaires étrangères monsieur Béchir Issa Hamidi, journaliste de formation et auteur du livre : « Les Larmes du Combat » paru aux Editions Edilivre eut déclaré que «dans la guerre au Tchad, il n’y a pas eu des victorieux». Vrai ou faux? Vrai, en effet, rien qu’en lisant l’extrait de cette profonde réflexion publiée il y a plus ou moins deux mois par Dr Djiddi Ali Sougoudi dans son Coup de Badangaï 516 titrée : «si l'on oublie toute l'énergie que les Tchadiens déploient pour se faire la guerre», on se rend précipitamment compte que l’écrivain Béchir Issa Hamidi a entièrement raison. «La guerre fratricide dans un même pays est la pire déchéance humaine. Déchéance économique, pertes inutiles en vies humaines, destruction irréparable de l'environnement et retard dans tous les domaines sanitaires, scolaires et sociales. Et pourtant c'est cette guerre fratricide qui reste la relation inhumaine qui lie les Tchadiens depuis plus de 50 ans. L’économie investie pour soutenir ces guerres fratricides fait de notre pays un des plus pauvres de la planète. Nous en sommes rendus compte un instant? Pas encore, car le spectre de la guerre nous hante et plane de nouveau son ombre funeste au dessus de nos têtes qui ne pensent qu'à la guerre et encore. Quand un pays pauvre s'investit dans la guerre, il oublie de nombreux pans du développement. Tout devient économie de la guerre »,constate Dr Djiddi Ali Sougoudi.Qui des Tchadiens dira le contraire? A priori personne. Malheureusement comme déclare Albert Brie, artiste, écrivain, scientifique et sociologue(1925) : «On trouve toujours de l’Argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix». C’est bien dommage et regrettable à la fois. Que dire de plus ! Sinon il suffit de lire l’analyse pertinente ci-dessous du Coordinateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme au Tchadien, Dr Djiddi Ali Sougoudi, pour se forger sa propre opinion.

 

«La guerre fratricide dans un même pays est la pire déchéance humaine. Déchéance économique, pertes inutiles en vies humaines, destruction irréparable de l'environnement et retard dans tous les domaines sanitaires, scolaires et sociales. Et pourtant c'est cette guerre fratricide qui reste la relation inhumaine qui lie les Tchadiens depuis plus de 50 ans. L’économie investie pour soutenir ces guerres fratricides fait de notre pays un des plus pauvres de la planète. Nous en sommes rendus compte un instant ? Pas encore, car le spectre de la guerre nous hante et plane de nouveau son ombre funeste au dessus de nos têtes qui ne pensent qu'à la guerre et encore. Quand un pays pauvre s'investit dans la guerre, il oublie de nombreux pans du développement. Tout devient économie de la guerre. La quincaillerie de la guerre supplante les autres investissements pouvant relever une nation déjà moribonde. Les uns justifient ces guerres par les injustices vécues qui ne manquent et d'autres, tout juste pour la conquête du pouvoir pour leurs clans ou ethnies. Faisons-en un calcul macabre: combien des Tchadiens sont morts dans ces lancinantes guerres vécues par notre chère patrie? Qui peut détenir les nombres des milliers de vies fauchées dont les unes à fleur de l'âge ? Que des édifices détruits, des familles endeuillées avec les désordres de l'exode et de refuges avec baluchon sur les têtes. Des âmes rescapées errant dans nos savanes et pays voisins. Des familles brisées dans une dislocation de l'ordre social. Des matières grises tuées ou forcées vers l'exil des cœurs éplorés. Absurde est notre condition de vie de guerre et des conflits fratricides. Pouvez-vous rêver d'une vie de paix, de fraternité et de justice dans ce vaste pays pour lequel nous n'avons pas accordé un laps de temps pour se consacrer à son développement ?

 

Trop occupé à vivre la guerre, tout un peuple oublie sa contribution pour l'édification de son pays devenu arène jonché d'épaves de guerre et de corps sans sépulture ni stèle. Sommes- nous si atteints de cécité pour ne pas voir que d'autres pays ayant connu une longue paix, se développent au pas de géants ? Des pays comme le Sénégal ne Peuvent-ils pas nous servir d'exemple ? Notre pays le Tchad est trop vaste mais pas assez pour nous contenir. Un pays trop riche mais pas assez pour nous jouir de ses immenses richesses qui nous échappent à cause de nos desseins bas et belliqueux. A vivre de la guerre, nous avions oublié la paix. Nos guerres sont infâmes et elles nous affament. Nos guerres sont lâches car elles fâchent nos postérités et notre avenir commun. La guerre entre des fils d’un même pays est une malédiction qui appelle d'autres malheurs tels que la faim, la pauvreté, l'injustice, le deuil, l'analphabétisme etc. A cause de ces guerres, nos 30% des terres cultivables sont en jachère et seulement 2% sont exploitées par des méthodes artisanales qui ne nourrissent plus un peuple en famine chronique. Nos montagnes explosent d'or et d'autres minerais pour lesquels nous mourront encore et maintenant dans notre dénuement total des enfants malnutris et des femmes affamées. Là-bas dans nos collines devenues de l'or pur, la guerre nous endeuille de nouveau. Des corps déchiquetés par des mines, des tchadiens estropiés, brûlés par le feu de la poudre, désarticulés par les balles et les obus sifflants. Des vies inutilement fauchées dans un ultime sursaut l'autodestruction. Notre immense cheptel reste inexploité à cause de nos erreurs et errements qui aboutissent toujours dans la misère. Nos animaux sont exportés sur pied, faute d'industries que nous n'avons construites, trop occupés à nous entre-tuer avec cette immense énergie canalisée vers les heures fratricides. Et si on oublie un seul instant ces guerres inutiles.... »

Commentaire de Ahmat Zéïdane Bichara

 

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