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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

«Les ressources et l'organisation de ces ressources font cruel défaut. Les acteurs du système sanitaire se perdent dans la quête des intérêts personnels et il est quasi impossible de punir les récalcitrants», pense le Tchadien Dr Djiddi Ali Sougoudi.

Souvent, on est tenté de dire à la place des lecteurs et lectrices que certaines révélations publiées sur le net ne sont pas toujours fausses. Comme le dit Benazir Bhutto dans un discours prononcé à l’Université d’Harvard en 1989, la démocratie a besoin de soutien et le meilleur soutien pour une démocratie ne peut venir que d’autres démocraties. C’est dans ce sens qu’on admet les points de vue de tout le monde. Malgré qu’il faille admettre comme eut déclaré Jacques Derrida en septembre 2000 qu’être démocrate, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique. Tout est dit ici, consacrons juste quelques minutes de lecture à ce Coup de Badangaï 514 de monsieur Djiddi Ali Sougoudi, titré : «le système sanitaire du Tchad et l'impossible moralisation des délégations sanitaires régionales». Docteur Djiddi Ali Sougoudi, ce jeune médecin de son état et Coordinateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme au Tchad considère dans son analyse que la situation sanitaire publique dans les provinces est catastrophique par la persistance et la récidive des actes de détournements des médicaments et de l'instauration d'une gestion parallèle qui ne rend pas compte au niveau central. Pour mieux cerner son Coup de Badangaï 514, Djiddi Ali Sougoudi lance à la manière d’une sagaie atteignant sa cible, deux pertinentes questions : «L'administration sanitaire régionale échappe-t-elle à tout contrôle ? Le système sanitaire de recule de 90 ans ?» Finalement, de façon lente sans précipitation, on saisit sans aucune contrainte le bien fondé de sa réaction ci-dessous bien orientée sur le système de santé tchadien.  

Et voici ce que décrit Dr Djiddi Ali Sougoudi : «Il y a  90 ans, exactement en 1928, un médecin colonial décrit dans son livre « ma pratique médicale au Tchad » comment il se prenait pour soigner en parcourant le Bahr-Elghazel, le Kanem, le Batha et le Ouaddaî. Ce médecin héroïque, parvenait à accomplir sa mission à dos de chameau, de cheval et de boeuf et il le faisait si bien et avec un grand cœur altruiste et une grande probité morale. Sa mission réussit parce qu'il y mettait sa foi et sa joie d'accomplir. Dans les années 60, mon propre grand-père, Alhadj Younous, infirmier de son état depuis 1936, parcourait les vastes contrés de l'Ennedi quand il trouva un homme au pied en gangrène et c'était à Monou, près de Tokou, en partant d'Archey vers Amdjarass. En campagne de vaccination et des soins aux nomades, l'infirmier appela par sa radio Morse sa hiérarchie à Fada puis Faya. Dans la même journée, un petit avion fut mobilisé et atterrit sur les pistes caillouteux de Monou, prit en urgence le gangrené pour des soins. Un mois plus tard, le malade rejoignit sa famille avec son pied amputé, guéri et portant une prothèse d'une grande qualité. De nos jours, le système sanitaire a tellement régressé qu'il est impossible parfois de sauver des milliers d'enfants qui meurent d'une épidémie par exemple.

Les ressources et l'organisation de ces ressources font cruel défaut. Les acteurs du système sanitaire se perdent dans la quête des intérêts personnels et il est quasi impossible de punir les récalcitrants. Aujourd’hui, les ressources de l'Etat sont massivement détournées par des individus en charge de la santé: ambulances réformées, médicaments revendus, échographes et autres matériels détournées, vaccins abandonnés aux intempéries et à la chaleur. Notre système sanitaire au bord du gouffre et c'est lamentable de constater à chaque mission du ministère dans les régions que des comportements véreux et d'actes odieux de concussion sont érigés en règle. Les récentes missions de l'actuel Ministre de la santé avec les partenaires dans le Hadjer-Lamis et le Kanem ont permis de constater des situations horribles de gestion calamiteuse. L'ampleur de la situation donne froid au dos. Des directeurs véreux, des médecins commerciaux et des patentés voleurs des ressources y prospèrent dans une impunité totale.

Aucune redevabilité de la part de ces gens parachutés à des hautes responsabilités sanitaires. Le désordre et le manque d'organisation des délégations sanitaires crèvent les yeux. Cette tragédie dans la gestion des ressources dédiée à la santé ne date pas d'aujourd'hui car lors des contrôles «Cobras» de nombreux Médecins Chefs de districts et des délégués ont été épinglés et sommés de justifier ou de rembourser. Actuellement plus rien ne fonctionne selon les normes à cause de l'impunité totale dont jouissent les indélicats fonctionnaires des régions. Il faut renforcer les services d'inspection et leur donner tous les moyens pour contrôler et punir. Il faut aussi ressusciter l'ancien ministère de la moralisation dont la suppression du gouvernement est une grave erreur en d'esprit des corruptions internes de ce ministère».

Commentaire de Ahmat Zéïdane Bichara

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