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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

C’est une information qui fait froid au dos dont vient de révéler le 30 octobre l’AFP selon laquelle un ancien infirmier allemand du nom de Niels Högel a avoué mardi dernier lors de son procès, une centaine de meurtres de patients pour lesquels il répond de ses actes devant la justice. La Cour a fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes qui s’est enchaînée par la lecture de l’acte d’accusation, après quoi, le juge a demandé à l’accusé si les charges le visant étaient justes. Il répond à voix basse par «Oui» et d’ajouter de façon énigmatique que ce qu’il a avoué «a bien eu lieu ». La salle complètement tétanisée a accueilli ces aveux dans un silence de cimetière. Auparavant, l’accusé était resté passible et tête baissée lorsque la procureure Daniela Schiereck-Bohlmann égrenait les noms de 100 victimes qu’il a tuées. Actuellement âgé de 41 ans, l’accusé avait déjà été condamné à une peine de prison à perpétuité pour six crimes similaires pour lesquels il croupit en prison. La salle d’audience est littéralement assiégée par des dizaines de proches de défunts réunis dans centre polyvalent d’Oldenbourg, dans le nord-ouest de l’Allemagne, faute de places suffisantes au tribunal. Ils souhaitent tous que la justice soit rendue afin de faire leur deuil, mais surtout comprendre comment cet homme a pu tuer autant de personnes de 2000 à 2005 dans les hôpitaux où il exerçait sans aucune réaction de ses employeurs, de la police ou de la justice. «Tous les éléments étaient là, tout était connu.

 

Pas besoin d’être Sherlock Holmes » pour se rendre compte qu’un meurtrier était à l’œuvre, s’insurge le petit-fils d’un défunt, Christian Marbach. Les premiers éléments de réponses à toutes ces interrogations ont commencé à être apportés par l’auteur devant la Cour. Il prétend qu’il se droguait aux analgésiques pour faire face à la pression d’un service de soins intensifs en sous-effectif. «C’était le stress. Avec les médicaments, ça me paraissait plus facile, tout simplement, a expliqué l’accusé, avant d’ajouter qu’il aurait dû réaliser que «ce métier n’était pas fait pour lui ». Durant cinq ans, d’abord dans l’hôpital d’Oldenbourg, ensuite dans celui de Delmenhorst, Niels Högel a injecté, d’après l’accusation sciemment, à des patients des médicaments afin de provoquer un arrêt cardiaque avant de tenter de les ranimer, le plus souvent sans y parvenir. Il était poussé par le désir de briller devant ses collègues en faisant valoir ses talents de réanimation, et l’ennui, selon le parquet. Ses victimes étaient choisies de manière aléatoire dans la tranche d’âge comprise entre 34 à 96 ans. Il souffre des troubles narcissiques et d’une peur panique de la mort, selon le résultat de l’expertise psychiatrique. L’accusé n’a jamais exprimé de réels remords jusqu’à présent.

 

Le témoignage de ses codétenus rapporte qu’il se dit satisfait d’être le plus grand criminel depuis la dernière guerre mondiale en Allemagne. Le juge Sebastian Bührmann a formulé mardi la promesse de comprendre ce dossier sans précédent dont le procès durera au moins jusqu’en mai : «C’est comme une maison dont les pièces sont plongées dans le noir. Nous voulons faire la lumière dans le noir ». Il n’est pas exclu que l’accusé  garde encore d’autres secrets malgré un lourd procès portant sur 64 meurtres à Delmenhorst et 36 à Oldenbourg. Le procès s’est ouvert mardi après une longue attente parsemée d’embûches. En 2008, il était condamné à 7 ans de prison pour tentative de meurtre car il était surpris en 2005 en train d’injecter un produit non prescrit à un patient. Les proches d’autres victimes ont poussé pour parvenir à l’ouverture d’un deuxième procès en 2014/2015. Cette fois-ci, Niels Högel écope d’une prison à vie  avec une peine de sûreté de 15 ans, pour meurtres et tentatives de meurtre envers cinq autres personnes. C’est alors qu’il craque et avoue à son psychiatre au moins 30 meurtres de plus à Delmenhorst. Les enquêteurs étendent leurs recherches en conséquence à l’hôpital d’Oldenbourg et effectuent plus de 134 exhumations. Le scandale est révélé au grand jour et le pays était sous le choc. Passée la stupeur, les Allemands se posent la question de la responsabilité des hôpitaux qui n’ont pas su l’arrêter, malgré la fréquence des réanimations et des décès lorsqu’il était de service. Lorsque le procès de Niels Hôgel aura été bouclé, ses anciens collègues et supérieurs hiérarchiques devraient probablement s’expliquer devant la justice.

Moussa T. Yowanga

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