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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

          Chronique de l’économiste et analyste politique Kébir Mahamat Abdoulaye

Depuis presque 2 mois, les populations de la capitale dans beaucoup de quartiers sont privées de l'eau potable produite par la seule société de l'Etat, Société Tchadienne des Eaux. C’est une société née après la dissolution de la STEE (Société Tchadienne d'Eau et d'Electricité) laquelle a été séparée en deux sociétés dont l'une en SNE (Société Nationale d'Electricité ).La rareté d'eau potable dans certains quartiers et absence complète dans d'autres est provoquée par le délestage multiple de l'électricité perturbant et arrêtant le bon fonctionnement des stages de pompage et de châteaux d'eau dans la capitale. Sur 36 stations pompages que possède la ville de N'DJamena dont 28 qui fonctionnent normalement à l'aide de l'électricité produite par la SNE. Or celle ci ne fournit pas de l'électricité de façon permanente pour alimenter ces stations de pompage et parfois ces coupures déstabilisent le système de pompe mettant à mal les matériels.

En général à l'absence de la production d'électricité de la SNE, la Société Tchadienne des Eaux utilise des groupes électrogènes pour faire fonctionner les différentes stations de pompage de la capitale. Chaque station de pompage consomme au moins un fut de gasoil(gazole pu gaz-oil). Or la société connaît une situation financière assez difficile et du coup, elle n'arrive pas à assurer régulièrement l'achat de carburant pour les 28 stations de production d'eau. Aujourd'hui la STE traverse une situation financière très délicate et elle est en situation de faillite. Plus de 150 agents licenciés, des millions de Fcfa d'impayés de l'Etat, d'importante perte commerciale en raison de la fraude de consommation d'eau, des détournements de fonds de la société, des dettes énormes vis à vis de ses créanciers et des matériels devenus vétustes sans nouveau plan d'investissement. C'est la situation que traverse la société.

Malgré quelques mesures de redressement, l'augmentation par deux des tarifs de M3 (mètre cube) sans résultats efficaces, la société fonctionne à perte malgré les subventions de l'Etat qui arrivent difficilement. La rareté/absence d'eau potable à N’Djamena porte un coup dur à la vie des milliers des habitants de la capitale, une vie quotidienne déjà éprouvée par la coupure d'électricité, la chute de pouvoir d'achat, la grève dans les hôpitaux, écoles et le paludisme qui sème la désolation. Cependant certains se retournent aux solutions de substitution par l'achat d'eau auprès des vendeurs de pousse-pousse. Ces derniers profitent pour augmenter leurs prix suite à une demande croissante. D'autres ménages plus fortunés ont leurs propres forages, châteaux d'eau et achètent l'eau de bouteille pour boire. Ces citoyens limités par leur nombre sont à l'abri de cette pénurie d'eau. Comment comprendre une société qui a le monopole dans la production, distribution et la commercialisation de l'eau potable et en face d'une demande croissante, n'arrive pas à satisfaire une ville de 2 millions d'habitants et elle se trouve en situation de faillite ? A quand la fin de cette triste calvaire et situation très pénible pour les populations sachant que l'eau est source de vie ? Pourtant les ressources en eau sont à portée de main au sous sol, contrairement dans d'autres pays !

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