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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’Afrique du Sud connaît d’innombrables problèmes liés à la diversité de sa population comme tant d’autres pays. Notre consœur Valérie Hirsch de RTBF évoque à travers son article très poignant daté de jeudi 11 octobre, le mécontentement de la population métisse africaine, estimée à 4,8 millions, victime de marginalisation. Cela se traduit par la multiplication des manifestations de protestation depuis deux semaines dans les townships métis d’Afrique du Sud dévastés par la criminalité, la drogue et le chômage. «J’ai organisé la première manifestation après avoir vu le corps sans vie d’Heather sur le trottoir. Je me suis dit que cela aurait pu être le mien », explique Carol Sally, une mère de 4 enfants, tenancière d’un salon de coiffure à Westburry, un township métis de Johannesburg. Heather Peterson était au mauvais endroit, au mauvais moment. Elle a été tuée le 27 septembre, lors d’une fusillade entre les réseaux de drogue, alors qu’elle rentrait de l’école en compagnie de sa nièce de dix ans, elle-même blessée. Les habitants de Westburry  ont exprimé leur sentiment de «gatvol» (raz-le bol)  quelques jours après ce drame, en bloquant des rues avec des pneus enflammés. «Mauvais leaders s’en fichent. Gouvernement, trafiquants de drogue et leurs complices dans la communauté, nous en avons assez de vous », pouvait-on voir sur une pancarte brandie par une manifestante. Et l’auteure de l’article a précisé qu’après Westburry, le mouvement s’est répandu pour toucher les habitants des townships «coloured ou métis) de Johannesburg et du Cap, qui ont également rouspété.

Ils estiment que le gouvernement noir de l’ANC (Congrès national africain) marginalise les métis ou Sud-africains issus du métissage entre colons afrikaners, populations autochtones du Cap et esclaves amenés d’Indonésie et d’Afrique. La pauvreté de leurs quartiers est perceptible, comme dans ces blocs à appartement décrépis de Westburry, jonchés d’immondices. Les revendeurs de drogue assiègent littéralement le bas des immeubles, surnommés «Columbia » ou «Nigeria». «Je vis dans l’épicentre de tout ce qui est illégal, la drogue, la prostitution, l’alcoolisme, la criminalité, explique Michael O’Oshea de père Irlandais et de mère zouloue, qui réside à l’immeuble «Nigeria » depuis quatre décennies. J’ai vu 7 ou 8 meurtres de mes propres yeux ». La prolifération des drogues synthétiques, tels que le  tik, depuis dix ans a décuplé la violence entre gangs pour le contrôle des territoires. On a enregistré plus de 50 meurtres en deux ans à Westburry, qui n’est peuplé que de 30 000 habitants. «Les tueurs à gage viennent du Cap et n’ont aucune pitié pour les victimes collatérales », regrette Alvin Crispa, un ex-élu local de l’ANC. Avec plus de 60 pour 100 000 habitants, le taux d’homicides bat tous les records dans les quartiers métis.

La criminalité enrôle les jeunes souvent désœuvrés, et sans grande éducation. «Nos parents étaient employés comme ouvriers ou artisans, poursuit Crisp. Mais aujourd’hui, ces emplois sont occupés par des Noirs ou des étrangers. Quand on envoie une demande d’embauche, elle passe à la trappe à cause de nos noms, à consonance afrikaans ou anglais ». Les manifestants métis ont pris d’assaut mardi, la Bourse de Johannesburg, où ils ont protesté contre leur faible participation dans l’économie. Ils ont le sentiment d’être mis de côté, comme les jeunes Afrikaners, avec lesquels ils partagent une langue commune. «Sous l’Apartheid, on n’était pas assez blancs et, depuis 1994, pas assez noirs » est refrain de «Coloureds ». Les policiers noirs de Westburry sont taxés d’être inefficaces et corrompus par les habitants. L’arrestation de 8 criminels a calmé la colère de ces habitants qui ont le sentiment d’avoir été entendus par le ministre de la Police, Bheki Cele. «Les enfants peuvent  à nouveau jouer dans la rue sans crainte de balles perdues, se réjouit une femme, sous couvert d’anonymat. Les revendeurs de drogue vivent parmi nous. Personne n’osait aller les dénoncer à la police. J’espère, pour l’avenir de nos enfants, que cela va changer et que la police va enfin arrêter les chefs des gangs ».

M T.Y

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