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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’affaire du journaliste saoudien disparu depuis le 02 octobre et donné pour mort dans le consulat d’Arabie saoudite en Turquie, donne du fil à retordre à la diplomatie américaine qui souffle le chaud et le froid vis-à-vis d’un allié stratégique dont l’implication au plus haut niveau dans l’assassinat de Jamal Khashoggi ne fait guère de doute. L’AFP rapporte ce jeudi 18 octobre que les Etats-Unis accordent encore «quelques jours de plus» aux autorités saoudiennes pour faire la lumière sur la disparition de l’éditorialiste Khashoggi il y a plus de deux semaines, ce qui alimente le fait que Washington cherche, pour l’heure, à ménager son allié saoudien. Niant toute volonté de vouloir couvrir Ryad, Donald Trump n’a pas caché ces derniers jours, de mettre en avant les énormes intérêts stratégiques liant son pays au royaume sunnite, énumérant la lutte contre le terrorisme, la nécessité de contre l’influence de l’Iran chiite et surtout aussi les contrats d’armement juteux et leurs retombées économiques.

Le seul acte de fermeté posé par l’administration Trump, c’est l’annulation du voyage du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin en Arabie saoudite, où il devait assister à une conférence économique organisée par Ryad et boycottée par un grand nombre de personnalités, tant politiques qu’économiques, dont le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire et la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde. «Nous devons leur donner quelques jours de plus  pour mener à bien les investigations afin que nous ayons une bonne compréhension des faits », a déclaré secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo au retour d’un voyage éclair d’Arabie saoudite où il s’est entretenu tour à tour avec le roi et le prince héritier Mohammed ben Salmane. «Nous leur avons clairement indiqué qu nous prenions cette affaire très au sérieux », a-t-il lâché au sortir d’une rencontre avec le président Donald Trump au moment où des faisceaux d’indices sérieux et concordants tendent à accréditer la thèse de l’assassinat du journaliste saoudien au consulat d’Arabie saoudite en Turquie.Le président américain annonce via un tweet, avoir discuté du dossier «en détail » avec son secrétaire d’Etat, mais est resté silencieux sur d’éventuelles mesures à prendre ultérieurement. De nouvelles images extraites des caméras de vidéosurveillance mettent encore une pression supplémentaire sur Ryad. Puisque les images retracent les mouvements à Istanbul d’un officier des services de sécurité proche du prince héritier Mohammed ben Salmane.

L’homme en question a été donc identifié par les autorités turques comme étant Maher Abdulaziz Mutreb, l’un des membres de 15 agents envoyés pour liquider le journaliste, rapporte le New York Times. Celui-ci s’avère être un proche de l’entourage du prince héritier saoudien. Le quotidien progouvernemental turc Sabah a rendu public hier jeudi 18 octobre, de nouvelles images sous le titre «Voici le chef de l’équipe d’exécution», dans lesquelles on peut observer un homme présenté comme étant Mutreb apparaître à 6H55 GMT au consulat saoudien, et à13H53 devant la résidence du consul. Le journaliste saoudien avait pénétré au consulat autour de 10H15 GMT et n’en est jamais apparu. D’autres images ont montré Mutreb quittant un hôtel d’Istanbul tenant une grande «grande valise » et accompagné d’un groupe d’hommes à 14H15 GMT pour arriver 45 minutes plus tard à l’aéroport d’Istanbul pour embarquer dans un avion. La presse turques avait déjà publié mercredi de nouvelles informations accablantes, selon lesquelles Khashoggi aurait été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition. Les éléments de preuves sont des enregistrements sonores réalisés sur place. Le Washington Post a également publié mercredi ce qu’il annonce comme la dernière réflexion de Jamal Khashoggi, une contribution dans laquelle l’auteur fait part de ses inquiétudes par rapport au manque de liberté de la presse dans le monde arabe. «Hélas, cette situation ne changera probablement pas », se désole dans cette tribune transmise au quotidien par son traducteur au lendemain de sa disparition.

Un appel collectif a été lancé par quelques organisations, notamment Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et le Comité de protection des journalistes pour inciter la Turquie à demander une enquête des Nations Unies concernant cette affaire Khashoggi. «L’implication des Nations Unies est la meilleure garantie contre un blanchiment saoudien ou contre les tentatives d’autres gouvernements de passer sous silence le problème afin de préserver des relations commerciales lucratives avec Ryad», a indiqué Robert Mahoney, directeur exécutif adjoint du Comité de protection des journalistes, cité dans un communiqué. «Compte tenu de la possible implication des autorités saoudiennes dans la disparition forcée de Khashoggi et de son assassinat, ainsi que du manque d’indépendance du système de justice pénale saoudien, l’impartialité de toute enquête menée par les autorités saoudiennes serait remise en question », poursuit le communiqué. Le parquet d’Istanbul pour rassurer tout le monde, a publié jeudi un communiqué, dans lequel il promet d’informer le public des avancées de l’enquête «en cas de nécessité».

Moussa T. Yowanga

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