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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

 

L’affaire des avoirs libyens gelés en Belgique connaît un rebondissement grâce aux révélations de nos confrères du site RTBF après plusieurs semaines d’enquête donnant lieu à la publication le 29 octobre d’un article rédigé conjointement par A.T avec Maïté  Warland. Les auteurs de cet article ont rapporté qu’une source proche du dossier sous couvert de l’anonymat accuse le gouvernement belge d’avoir joué un rôle dans le financement de milices libyennes impliquées dans les trafics d’êtres humains. L’assassinat du guide libyen a précipité la Libye dans une guerre civile dont l’une des conséquences n’est rien d’autre que la crise migratoire sans précédent. Le rôle de la Belgique est loin d’être neutre, selon la source proche des services secrets : «Depuis 7 ans, on constate que les factions de milices ont trouvé tout l’armement qui leur fallait. Certains pays les ont ouvertement armés, mais ils ont trouvé l’armement par d’autres voies. Il y a en un ou deux scandales liés à des avions stoppés sur l’aéroport d’Ostende avec des armes à l’intérieur ».

La genèse de cette affaire remonte à décembre 2011 au lendemain de la mort de Mouammar Kadhafi. Afin d’éviter le retour d’argent du clan Kadhafi entre les mains de mauvaises personnes, le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé d’imposer le gel des actions et avoirs libyens dans les banques étrangères. Quatre banques se repartissent ces avoirs en Belgique, à savoir BNP Paribas Fortis (43 millions), ING (376 millions), KBC (869 millions) et, principalement Euroclear Bank (12,8 milliards). Après quelques années, force est de constate que les intérêts et dividendes générés n’ont pas été gelés. On a relevé qu’une cagnotte comprise entre 2 à 3 milliards a ainsi été retirée de ces comptes bancaires. Nul ne sait exactement grand-chose concernant la destination et l’utilisation de cet argent, mais le rapport de l’ONU publié en septembre dernier, accable l’Etat. «Dans ce rapport, on s’aperçoit qu’il y a un problème de trafic d’armes pour alimenter des factions armées. Il y a tout un marché qui vise à faire venir des migrants et à engager des Nigérianes dans des réseaux de prostitution. C’est une entreprise mafieuse, mais qui s’appuie sur toutes les milices en question. Elles reçoivent des fonds extérieurs», indique Robert Witterwulghe, professeur émérite à l’UCLouvain. Les parlementaires ont mainte fois interpellé le gouvernement belge par le moyen des questions orales : «A chaque fois que l’on pose la question aux ministres, on n’a peu de réponses sur les montants et sur les raisons. C’est un très grave problème, la réputation de la Belgique est entachée et pointée du doigt », assure le député Georges Dallemagne  du CdH.

Le parlementaire Georges Gilkinet (Ecolo) estime que le gouvernement utilise la complexité du dossier libyen pour ne pas donner d’informations et se retranche derrière des décisions prises au niveau européen. L’Universitaire Witterwulghe  sait qu’il manque de transparence au niveau du Parlement ; «C’est le silence radio, une espèce de loi d’omerta. Les quelques parlementaires qui posent des questions n’ont pas de réponses valables ». D’après toujours la même source s’exprimant sous couvert d’anonymat, ce scandale pourrait se révéler encore plus grave que le Kazakhgate : «Il s’agit d’un financement potentiel d’une guerre civile depuis 7 ans. Guerre civile qui a entrainé une crise migratoire majeure ». Le  nom de l’ex-ministre des Finances devenu ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) est cité sans cesse lors des interviews : «La Belgique était obligée de respecter l’obligation de l’ONU, mais en 2011, elle a accepté de libérer les intérêts de ces fonds. Ce sont des centaines de millions d’euros qui ont été redistribués on ne sait où, ni pourquoi. On sait juste que c’était le ministre Reynders à l’époque qui avait le pouvoir de décision », précise Georges Gilkinet. Cette affaire a été confiée au juge d’instruction Michel Claise. Peu de chose filtre au sujet de l’instruction en cours. Le magistrat cherche à savoir exactement où est passé l’argent  et à quelles fins. Les parlementaires prévoient de leur côté d’entendre les experts onusiens à la chambre.

Moussa T. Yowanga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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