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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Publié depuis le 25 octobre dernier sous la plume de notre confrère Gérard Bérubé du site Le devoir, cet article révèle les tensions existant entre les Etats-Unis et les compagnies pétrolières. L’auteur écrit clairement que New York amplifie la pression sur ces dernières, à travers la procureure générale de l’Etat qui accuse Exxon-Mobil de tromperie envers les investisseurs. Le géant de l’or noir aurait sous-estimé, voire ignoré intentionnellement le risque financier que laisse planer la réglementation relative au changement climatique sur ses opérations. Il semble que les compagnies pétrolières n’en sont pas à leur première discorde avec les gouvernements. En début de l’année, la mairie de New York avait poursuivi BP, Shell, Chevron, ConocoPhillips et Exxon-Mobil, au motif qu’elles étaient bien au courant de l’impact de leurs activités sur les bouleversements climatiques tout en les dissimulant, ou en entretenant le doute sur cette réalité, à l’opinion publique. Par le passé, les villes de San Francisco et Oakland se servaient également de la démarche menée contre les compagnies de tabac pour opter cette démarche judiciaire en invoquant la responsabilité de ces géants pétroliers dans les changements climatiques. Les entreprises incriminées ont vivement riposté, dénonçant un abus de pouvoir politique et une action sans fondement factuel ou juridique.

Contrairement aux cigarettes, celles-ci s’appuient sur le fait d’être une industrie qui avait longtemps soutenu le développement et le fonctionnement de l’économie à défaut d’une solution alternative. Les poursuites visant les investisseurs-actionnaires frappent désormais les pollueurs. Exxon-Mobil doit se mesurer avec la procureure générale de l’Etat de New York.  Barbara D. Underwood cite l’étiquette de «blue chips » attribuée au géant pétrolier au nombre des investisseurs de long terme de première qualité des actionnaires institutionnels, des compagnies d’assurance et des gestionnaires de portefeuille. Elle estime que le  Fonds de retraite de l’Etat, fort de plus de 425000 membres, cumulent un engagement de plus de 1,5 milliards  dans Exxon. Dans sa poursuite, la procureure générale prétend qu’Exxon trompe ses actionnaires en minimisant volontairement le risque financier auquel la réglementation liée au changement climatique l’expose. L’entreprise mise en cause, entend rejeter, et qualifie la poursuite de «sans fondement ». Les entreprises énergétiques réévaluent de façon régulière la valeur de leurs gisements selon l’évolution des cours. Fin 2016, au moment où la valeur de référence du baril de l’or noir oscillait autour des 50$US, Exxon jonglait d’ailleurs avec une dépréciation d’actifs touchant un cinquième de ses réserves totales.

Les pratiques comptables d’Exxon ont déjà attiré l’attention du précédent procureur de l’Etat, Eric Schneiderman. En août dernier, la Securities and Exchange Commission  classait sans autre recours une enquête de deux ans sur les pratiques commerciales d’Exxon touchant à l’impact financier des politiques publiques contre le réchauffement climatique sur ses activités, rappelle l’AFP. Mme Underwood n’évoque pas ces ajustements comptables et joue la carte de la fausse représentation, voire de tromperie, et non de la malversation. Elle essaiera de prouver qu’Exxon déclare tenir compte des risques liés à un accroissement de la réglementation au changement climatique dans ses décisions d’affaires, alors que son enquête démontre le contraire. Cette étude aboutit à l’absence fréquente de conformité et constate qu’Exxon sous-estime, voire ignore sciemment et systématiquement ces risques, contrairement à ses représentations publiques. Pour illustration, la procureure prend l’exemple du projet Kearl dans les sables bitumineux albertains, où les coûts projetés reliés aux émissions de GES seraient sous-estimés de 94%, soit un montant de 11 milliards, dans les prévisions d’Exxon.  A Cold Lake, la vie économique des réserves serait, cette fois, surestimée de 28 ans, ou de quelque 300 millions de barils équivalent pétrole, martèle-t-elle. Au total, pour 14 des sites d’Exxon en Alberta, les coûts associés aux dépenses en GES envisagés seraient sous-estimés de 25 milliards sur la durée de vie des projets.

D.P

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