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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

A quelques jours du premier tour de la présidentielle brésilienne, prévu le 7 octobre prochain, un front d’opposition apolitique et féminin regroupé sous le slogan  #EleNao (pas lui) se mobilise pour faire barrage au candidat de l’extrême droite. Dans un article publié le 3 octobre sur le site suisse Le  Temps, notre consœur Sylvia Revello souligne  que le groupe Facebook dédié à cette mobilisation a subi des tentatives de piratage. Selon les derniers sondages, le candidat honni par la gente féminine Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite fait la course en tête avec 32% d’intentions de vote à trois jours de la présidentielle. Malgré la bonne dynamique en sa faveur, il n’en demeure moins qu’il doit se méfier d’un large mouvement d’opposition né sur les réseaux sociaux et mené par les femmes. Le groupe baptisé «Femmes unies contre Jair Bolsonaro », crée le 30 août dernier, totalise aujourd’hui plus de 3 millions d’internautes. Un mouvement puissant qui visiblement empêche certains de dormir tranquille d’où les menaces, les tentatives de piratages, le changement de nom forcé. Le groupe a fait l’objet de nombreuses cyberattaques avant d’être complètement désactivé à deux reprises puis rétabli le 16 septembre dernier.

Le groupe se fixe comme objectif d’«unir les femmes du Brésil contre l’avancée et le renforcement du machinisme, de la misogynie et d’autres préjugés véhiculés par le candidat Bolsonaro ». Cet élan populaire féminin se veut le plus large possible : «Je suis une femme de droite, de gauche, sans convictions politiques, je suis une femme consciente », voit-on sur les pancartes. Au début, le seul critère d’accès dans cet espace fermé était d’être une femme. Les demandes d’adhésion ont explosé à tel point que les administratrices débordées ont fini par introduire des questions supplémentaires afin de filtrer les faux comptes. Le rejet du candidat d’extrême droite est massif d’autant plus que l’enquête de l’Institut brésilien de statistiques Ibope datant du 26 septembre, tend à corroboré cette thèse. Il ressort que 50% des femmes affirment ne pas vouloir voter «en aucun cas » en faveur de Jair Bolsonaro. Comment peut-on expliquer un tel niveau de rejet chez les femmes, pour quelqu’un qui s’autoproclame candidat «anti-système» et pourtant qualifié par le magazine The Economist de «menace pour l’Amérique latine ». Mis à part ses attaques violentes envers les Noirs et les homosexuels, le membre du Parti social-libéral à la ligne autoritaire s’est régulièrement fait remarquer à travers ses attaques misogynes. «Je ne te viole pas parce que tu ne le mérite pas, pleure maintenant pleure », a-t-il balancé à la députée Maria do Rosario en 2003 avant de récidiver en 2014. Interrogé par la présentatrice TV Luciana Gimenez en 2016, Jair Bolsonaro a soutenu qu’il ne fallait pas rémunérer une femme au même titre qu’un homme, au motif qu’elle risquait de tomber enceinte.

En 2017, il aurait également déclaré lors d’une conférence de presse : «J’ai cinq enfants, quatre garçons, puis j’ai eu un moment de faiblesse et j’ai fait une fille », a rapporté le site d’Information français Médiapart. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le 29 septembre dernier dans plus de 100 villes à travers tout le pays. Pour la chercheuse Paula Armendariz à l’Université du Minnesota, au Brésil comme ailleurs en Amérique latine, l’égalité des sexes est loin d’être garantie. Elle considère comme une menace, le fait même d’avoir un candidat conservateur favorable à de tels déséquilibres. La crainte c’est de voir reculer le peu d’acquis gagnés en matière d’égalité. «Le candidat Bolsonarp, et son colistier, le général Maurao, font l’apologie en permanence des tortionnaires de la dictature militaire, prévient Armelle Enders, professeure à l’Université de Paris 8 et spécialiste du Brésil. Or pendant cette période, toutes sortes de sévices sexuels ont été infligés aux prisonnières». Elle voit à travers le mouvement d’opposition, la démonstration de l’importance et les limites, des réseaux sociaux au Brésil. «La capacité de mobilisation de la société civile est à mettre en relation avec la force démographique du pays, estime-t-elle. 210 millions d’habitants, 107 millions de femmes, et trois millions «seulement » dans ce mouvement. C’est peu et énorme à la fois ».

Moussa T. Yowanga

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