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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’AFP rapporte le vendredi 19 octobre qu’un sommet international se tiendra les 17 et 18 novembre 2018 à Port Moresby dans la capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, considérée comme l’une des capitales les plus dangereuses au monde. L’Australie s’engage à y déployer des avions de chasse, des bâtiments de guerre et un contingent de forces spéciales pour tenter de sécuriser en novembre le sommet Asie-Pacifique à Port Moresby. C’est une énorme opération de sécurité que les autorités papouasiennes ont été obligées de mettre en place avec le soutien logistique et militaire de l’Australie et des Etats-Unis. Le sommet international réunira les représentants de 21 pays. Le sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec) accueillera d’illustres personnalités, notamment le président chinois Xi Jinping ou encore le vice-président américain Mike Pence. Ce dernier séjournera plutôt en Australie après avoir passé quelques heures à Port Moresby. «Nous n’avons jamais eu à accueillir autant de dirigeants », a avoué le ministre papouasien responsable de l’organisation, Justin Tkatchenko. «Le monde entier va nous regarder ». «C’est une énorme opération de sécurité, mais la promotion économique du pays est très, très importante». Quelque 15.000 délégués attendus seront hébergés pour la plupart d’entre eux sur trois paquebots amarrés à quai, en raison d’une offre hôtelière particulièrement limitée à Port Moresby. Cette situation complique davantage la donne au niveau sécurité.

Il ne s’agit pas contrairement à d’autres endroits de la planète, de la menace terroriste mais le Port Moresby s’avère être un des pires coupe-gorge du globe. Un des phénomènes à risque est désigné sous l’appellation de «car-jacking» qui passe dans les rues où les gangs baptisés «Raskols» font régner leur loi. Les bidonvilles de Port Moresby accueillent plus de la moitié la population. Les viols et les violences domestiques font également partie du lot quotidien qu’endurent les 8,5 millions d’habitants de Papouasie dont plus du tiers vit sous le seuil de pauvreté. «Les violences tribales, les violences de rues mais aussi la violence fondée sur le sexe… Tout cela dévore notre tissu social », reconnait le gouverneur de la région englobant la capitale, Powes Parkop. En 2018, Port Moresby a été classé 136e sur 140 parmi les villes les plus vivables par la société Economist Intelligence Unit (EIU). La mission de sécuriser le sommet a été confié davantage à l’Australie en tant que puissance régionale. Quelque 1.500 militaires ont déjà été envoyés à Port Moresby par Canberra qui entend acheminer également des chasseurs F/A-18 Super Hornet et des avions de surveillance, ainsi que des bâtiments militaires pour sécuriser les paquebots.

Les gardes-côtes sont appelés à la rescousse pour la sécurisation de la ville où de nombreux travaux financés en priorité par Chine, ont été lancés en prévision de ce sommet international. «Nous travaillons avec nos partenaires pour permettre de déployer des chasseurs dans le ciel, de renforcer la sécurité maritime et d’organiser des opérations conjointes des forces spéciales», affirmait récemment au Parlement M. Tkatchenko. Une loi a été voté par le gouvernement afin d’autoriser les militaires étrangers à utiliser si nécessaire la force létale en cas de « menace imminente » lors du sommet. Et ce même si l’ex-commandant des forces papouasiennes Jerry Singirok ait estimé qu’une telle mesure risquait de constituer une atteinte à la souveraineté du pays. Pour le think-thank australien Australia Defence Association, sans de telles coopérations militaires étrangères, les pays n développement comme la Papouasie ne pourraient pas accueillir de grands sommets internationaux. «D’un point de vue stratégique et politique, ce ne serait pas possible», argumente le directeur général du think-thank Neil James. «Il va y avoir tellement de force de sécurité dans les rues que l’insécurité ne va plus être un problème», prévient-il.

Moussa T. Yowanga

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