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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

La France serait-elle contre un cinquième mandat pour Bouteflika ?

« La santé du Président Bouteflika est maintenue artificiellement… ».Cette sentence a été proférée à un média français, la semaine dernière, par Bernard Bajolet ex-ambassadeur de la France en Algérie et néanmoins ancien patron des renseignements extérieurs. Une déclaration à la fois énigmatique et équivoque d’autant qu’elle est survenue à la veille d’une échéance politique importante pour l’Algérie. En l’occurrence, l’élection présidentielle qui s’annonce pour le mois d’avril 2019, alors qu’une campagne préélectorale politico-médiatique en vue d’un cinquième mandat pour l’actuel président de la République, Abdelaziz Bouteflika, étant amorcée. Cela dit, selon des milieux politiques en Algérie, une telle déclaration à haute connotation politique n’est aucunement fortuite, tout en avançant que les hauts responsables des services de renseignements ne partent jamais en retraite.

Cette sortie politico-médiatique du diplomate français survient également dans un contexte où les relations algéro-françaises connaissent une certaine détérioration ces derniers temps. En répliquant au diplomate français, le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, n’est pas allé par trente-six chemins. « Il n’y a pas de crise entre l’Algérie et la France, seulement il y a un principe de réciprocité des relations et les français le savent depuis 1962. Les français ont retiré la protection policière autour de notre ambassade à Paris et, de notre côté, nous allons agir par la réciprocité ». Avant d’ajouter que : «…Bajolet est de ceux qui veulent détériorer les relations entre l’Algérie et la France. Je lui réplique par un adage français : les chiens aboient et la caravane passe », répliqua le Premier ministre algérien à l’adresse de Bernard Bajolet. Cela étant, ces passes d’armes de part et d’autre des deux rives de la méditerranée, mettent en évidence des relations qui s’agitent entre les deux pays à l’approche de l’élection présidentielle en Algérie.

Agitations et interrogations

Septembre 2018. Le Président français, Emmanuel Macron, reconnait la responsabilité de l’armée française dans la torture et l’exécution, le 11 juin 1957, de Maurice Audin, militant de la cause algérienne durant la guerre de libération 1954/1962. Dans la foulée, et probablement s’attendant à un geste de réciprocité de la part de son homologue algérien, Emmanuel Macron téléphone au Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, lui demandant d’autoriser aux Harkis (algériens ayant combattu aux côtés de la France durant la guerre) de visiter l’Algérie. Niet catégorique de la part du Président algérien. Pour la partie algérienne, c’est hors de question que ceux qui avaient combattu pour la France rentrent en Algérie. Le Président Français dont les sondages de popularité sont des plus bas ces derniers temps (affaire Pénala, démission en cascade de ministres de son gouvernement…), ne s’attendait aucunement à un tel camouflet. Et, quelques jours après, la sortie politico-médiatique l’ancien patron français des renseignements extérieurs, survienne.

 De ce fait, la France est-elle contre un cinquième mandat pour le Président Bouteflika ? Pour des observateurs politiques en Algérie, cette probabilité est avérée. La France, selon ces derniers, considère qu’un cinquième mandat pour le président algérien s’en serait un de trop. « Un mandat de trop susceptible de provoquer une explosion sociale en Algérie qui menacerait directement la rive nord de la méditerranée », avance-t-on au sein de l’establishment français. De même, une autre explication de taille justifie l’actuelle froideur dans les relations algéro-française : La Chine a détrôné la France en étant actuellement le premier fournisseur de l’Algérie, notamment avec des échanges de près de 10 milliards de dollars. Une réalité que la France ne veut aucunement digérer. D’où la surenchère : larges concessions économiques pour la France en contrepartie de caution pour un cinquième mandat à Bouteflika.Dans ce sillage, la France se considère toujours comme tutelle historique de l’Algérie. « L’Algérie a conquis sa souveraineté par les armes », déclarait, début des années 2000, le Président Bouteflika.

Rachid Berdous, collaborateur spécial depuis Algérie

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