Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les travaux de construction dans l’un des chantiers devant abriter la phase finale du Mondial 2022 se poursuivent au Qatar avec un bémol de taille à savoir le non paiement de salaires des dizaines d’étrangers employés par des entreprises qataries. L’entorse à la législation du travail a été révélée ce mercredi 26 septembre par l’AFP, qui a parcouru le rapport très critique envers cet émirat du golfe, rédigé par Amnesty International. Des montants à l’appui, l’organisation de défense des droits de l’Homme s’est employée à monter que des ressortissants de plusieurs pays comme le Népal, l’Inde et les Philippines cumulent d’arriérés de salaires allant jusqu’à 1700 euros par personne, non versés par la compagnie d’ingénierie Mercury MENA. Ce pactole représente pour certains l’équivalent de 10 mois de salaire.

 

Selon Amnesty International, le non-paiement des salaires a «ruiné des vies» et appelle le gouvernement qatari à verser instamment à ces travailleurs leurs salaires. «En veillant à ce qu’ils reçoivent leurs salaires, le Qatar (…)  montre qu’il est sérieux dans sa volonté affichée d’améliorer les droits des travailleurs », a affirmé Steve Cockburn, directeur des questions mondiales à Amnesty International. L’ONG a pondu son rapport après avoir mené des enquêtes auprès de 78 travailleurs de l’entreprise, mais elle considère qu’il pourrait y avoir des centaines de personnes concernées par cette situation. Le rapport a reçu un accueil froid de l’instance mondiale du ballon, la Fédération internationale de football (Fifa) pour qui, c’est un rapport «fallacieux », n’étant «rien lié à la Fifa et à la Coupe du monde 2022 ». Le ministère qatari du Travail s’est prononcé à travers un communiqué, estimant que Mercury MENA travaillait plus dans le pays et qu’une enquête était en cours avec de possibles conséquences juridiques. Les pratiques dénoncées par Amnesty International  «ne sont pas tolérées par l’Etat du Qatar », s’est défendu le ministre. Pourtant, l’Amnesty International insiste et signe en affirmant que l’entreprise mise en cause a cessé de verser les salaires de ses employés au mois de février 2016 et cela s’est prolongé durant plus d’une année. L’ONG considère que le système dit de la «Kafala » permettant aux entreprises d’interdire à leurs employés de changer d’employeur ou de quitter le pays- a favorisé l’exploitation de ces travailleurs étrangers.

 

Les autorités qataries se défendent en expliquant avoir consenti beaucoup d’efforts allant dans le sens de l’amélioration des conditions de travail des ouvriers immigrés, notamment au niveau de la «Kafala» que le gouvernement dit avoir commencé à démanteler. La suppression des visas de sorite sera effective début septembre pour les travailleurs étrangers souhaitant quitter le Qatar, mais aucune date d’entrée en vigueur de cette mesure n’a été rendue publique. Amnesty International confirme que certains travailleurs ont été autorisés à quitter le Qatar, mais ils devaient le faire par leurs propres moyens financiers. L’exemple d’Ernesto, un contremaître en tuyauterie en provenance des Philippines, est très révélateur, car il déclare n’avoir pas reçu de salaire pendant quatre mois, estimant même qu’il était à présent plus endetté qu’à son arrivée dans le Golfe. Certains Népalais dépourvus de salaires ont été contraints à retirer leurs enfants de l’école, faute de s’acquitter de leur scolarité, déplore Amnesty International. En novembre dernier, l’ONG s’était entretenu avec le PDG de Mercury MENA qui a avoué rencontrer des «problèmes de trésorerie». Pour l’auteure principale dudit rapport, May Romanos, «il y a quelques améliorations, quelques réformes, mais c’est lent (…) et le temps presse ». L’AFP a échoué dans ses multiples tentatives d’entrer en contact avec les responsables de Mercury MENA pour obtenir leur version des faits.

Moussa T. Yowanga

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article