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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les faits remontent en août 2008 lorsque le citoyen américain d’origine libanaise Naji Hamdan s’est fait arrêté par des officiers et conduit dans une prison secrète de haute sécurité à Abu Dhabi, comme le rapporte le vendredi 28 septembre le journal numérique suisse Le Temps. Dans cet excellent article écrit par le confrère Luis Lama, le frère du prince héritier des Emirats, Hazza bin Zayed est désigné comme le principal responsable de la sécurité de l’Etat émirati et l’interlocuteur du Genevois Pierre Maudet lors de sa visite controversée à Abu Dhabi en novembre 2015. Selon la version de l’agence de presse officielle des Emirats, les deux hommes avaient discuté à cette époque des moyens «d’accroitre la collaboration économique et sécuritaire » entre les deux pays. Notre confrère Luis Lama souligne que la vie de Naji Hamdan a basculé après une présence régulière d’une douzaine d’années aux Emirats. En août 2008, il était arrêté et incarcéré pendant trois mois dans une prison secrète, où il sera humilié et torturé. Lorsque Naji Hamdan avait pris connaissance de cette rencontre controversée qui était passée inaperçue à l’époque, son sang n’a fait qu’un tour. «Hazza bin Zayed est le responsable ultime de tous les services de sécurité et des «sites noirs » où est pratiquée la torture», affirme-t-il.

Il va plus loin dans les accusations portées contre le frère du prince héritier émirati en précisant qu’il était même physiquement présent lors d’un des interrogatoires qui ont émaillé les séances de torture dont il était victime, et qui comportaient de passage à tabac, de séjours dans une chambre gelée, de passage sur «chaise électrique» et de menaces directes sur sa famille. «Un des tortionnaires m’a prévenu : aujourd’hui, c’est la visite du chef. Soit il te gracie, soit il te tue», ajoute-t-il. Après sa libération, l’homme a réussi à constituer des preuves contre ses tortionnaires et leurs responsables. En tête de liste, figure le frère de Mohammed bin Zayed (dit MBZ). Les victimes des pratiques ignobles des services de sécurité émiratis sont éparpillées un peu partout, notamment au Royaume-Uni et en Suède, où elles ont eu recours à des avocats pour les défendre. Les dossiers sont bien ficelés, et la justice devrait sévir dès que l’un de ces accusés foulera le sol de ces pays. Naji Hamdan insiste sur le fait que «Hazza bin Zayed figure sur toutes les listes ». Une dizaine d’autres ressortissants émiratis sont également concernés par ces accusations compromettantes. Le bilan des Emirats Arabes Unis en matière de respect des droits de l’homme est loin d’être élogieux. Les ONG dénoncent régulièrement les cas de détention secrètes et autre mauvais traitements, sans que les auteurs ne répondent de leurs actes. Il règne une totale impunité pour les coupables de ces faits graves.

 

Un cas parmi tant d’autres a été celui du ressortissant émirati nommé Khalil al Janahi qu’Amnesty international avait demandé, dans une «action urgente », à se sympathisants d’envoyer des lettres pour faire pression sur les responsables. Les destinataires des ces lettres étaient l’émir de Dubaï et le ministre de l’Intérieur sans oublier Hazza bin Zayed lui-même. La famille régnante émiratie est coutumière de pratiques moyenâgeuses puisqu’il  y a quelques années, une vidéo avait suscité une grande indignation. Elle montrait le demi-frère Issa bin Zayed, agressé violemment un ressortissant afghan, le frappant notamment avec un bâton clouté, utilisant des câbles électriques, puis tirant des salves de fusil-mitrailleur en sa direction. Le cheikh avait été innocenté contre toute attente par la justice émiratie, qui avait estimé au passage que la police des Emirats avait «suivi convenablement les règle et les procédures ». L’image des Emirats est largement écornée à l’étranger en raison de leurs interventions en Libye et au Yémen, où se pratiquent à grande échelle les actes de torture. Réunis autour d’une ONG créée à Genève (Association for victims of torture in UAE), Naji Hamdan et d’autres se battent pour faire passer les coupable devant la justice. Naji  Hamdan déplore que « si c’était à refaire, nous réfléchirions à deux fois, nous choisirons sans doute aujourd’hui une autre ville que Genève ». Il estime que «Hazza bin Zayed, en tout cas, a prouvé qu’il avait le  bras long ».

Moussa T. Yowanga

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