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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Question essentiellement répondue par quelques femmes Saoudiennes au journaliste Eric Destiné pour la RTBF et dont l’article fut publié depuis hier samedi 29 septembre 2018. C’est un reportage sur la nouvelle vie  des femmes Saoudiennes avec l’autorisation de conduite des voitures venant de la part du Prince-Héritier du Royaume Mohammed Ben Salmane. Ainsi commence le reportage de notre confrère Eric Destiné publié par la RTBF.21heures 30, le 20 septembre 2018... Weam Al-Dakheel, journaliste pour la chaîne de télévision saoudienne SBA, apparaît à la présentation du Journal télévisé du soir aux côtés d'un collègue masculin. Une image habituelle partout dans le monde, mais en Arabie saoudite, c'est une première. Jamais jusqu'ici une femme n'avait exercé le métier de présentatrice du JT dans son pays, à une heure de grande écoute. Cette nouvelle « première»visant à renforcer doucement la place des femmes dans la société saoudienne s'inscrit dans une longue série de réformes communiquées depuis quelques mois par les autorités de ce pays encore très conservateur. Ce projet s'appelle « Vision 2030 ». Il est officiellement porté par le prince-héritier du Royaume Mohammed Ben Salmane. Ce plan vise à permettre au pays de diversifier son économie encore fort dépendante du pétrole, tout en modernisant la société. En Arabie saoudite beaucoup d'emplois sont aujourd'hui occupés par des étrangers, faute de main d’œuvre locale. Ouvrir les portes de la vie sociale et professionnelle aux femmes, c'est donc aussi mettre plus de Saoudiennes au travail et permettre aux ménages d'avoir un deuxième salaire. Dans un grand centre commercial de la capitale, nous rencontrons Rawan, une jeune dentiste saoudienne. Elle nous explique qu'aujourd'hui, les femmes n'ont plus besoin officiellement du consentement d'un homme de leur famille pour travailler ou pour créer une entreprise, même si la pratique existe encore dans certaines familles au profil plus conservateur

Comme 70% de la population en Arabie saoudite constate le journaliste Eric Destiné dans ce reportage vivant et assez simple à comprendre, Rawan a moins de 30 ans. Selon elle, la société saoudienne est effectivement en pleine évolution, et pas seulement vis-à-vis des femmes. « Il y a 5 ans, la société était plus fermée et elle n'était pas ouverte aux changements explique la jeune femme. Mais aujourd'hui, tout le monde espère qu'il y aura encore du changement positif. Tout le monde est prêt à essayer de nouvelles choses. Par exemple, si on parle des loisirs. Il y a maintenant des cinémas. Avant, il y avait une ferme opposition à l'ouverture des cinémas. Certains pensaient qu'ils ne devaient pas être admis en Arabie saoudite. Il y a aussi des théâtres, des cirques,... il y a beaucoup de changements. Au niveau de l'éducation, cela va mieux aussi. Il y a une égalité entre les hommes et les femmes. Les femmes peuvent être admises, avec une chance égale, dans des programmes d'études de qualité. Par exemple dans le domaine médical ».A la même table, son amie Lamia affiche un sourire. Elle est avocate. Depuis quelques mois, elle peut commencer à exercer vraiment son métier. « Aujourd'hui, un grand changement, c'est que moi, en tant que femme, je suis admise au tribunal pour représenter mes clients. Il y a trois ou quatre ans, les femmes n'étaient pas autorisées à être à l'intérieur de la salle d'audience. Nous faisions tout depuis notre bureau ou à l'extérieur mais nous ne pouvions pas aller dans la salle. Et les juges doivent s'adapter à ça. Ils ont l'habitude de voir uniquement des hommes au tribunal. Ils n'ont pas l'habitude de voir une femme faire appel lors d'un procès par exemple. Maintenant, comme les femmes sont admises, ils ont besoin de temps pour s'adapter. Ce n'est pas une question de pouvoir, ou quoi que ce soit de ce genre. Les juges doivent juste s'adapter à cette situation autant que nous, les femmes, pour nous sentir plus à l'aise. C'est quelque chose de nouveau pour nous tous ». Un autre changement commence à se percevoir: une certaine forme de mixité s'improvise doucement dans les lieux publics. Dans une boutique de lingerie féminine, nous rencontrons Latifa, une responsable du magasin. Elle nous explique que « les standards et les mentalités avant étaient différentes. Par exemple, avant cela aurait été très surprenant de voir un homme dans un magasin comme celui-ci. Mais aujourd’hui, les mentalités ont changé et les hommes peuvent entrer ici sans être dévisagés. Cela devient quelque chose de normal ».

Derrière ce constat estime Eric Destiné qui a en rappel fait ce reportage pour le compte de la RTBF, qui peut paraître très anecdotique, il y a des murs symboliques qui se fendent peu à peu. Il devient par exemple plus fréquent de voir des lieux publics, des cafés ou des restaurants fréquentés à la fois par des femmes et par des hommes qui partagent le même espace, sans paroi de séparation... même si cela reste discret. Beaucoup de femmes nous ont confié avoir vu plus de changements en Arabie saoudite sur ces 12 derniers mois que sur les 10 dernières années. Une des mesures dont les médias internationaux ont le plus parlé, c'est la fin de l'interdiction, pour les Saoudiennes, de conduire un véhicule. L'Arabie saoudite était le seul pays au monde à encore considérer les femmes au volant comme hors-la-loi.Un matin, nous sommes montés à bord de la voiture d'Amina. Elle est une des premières à avoir passé son permis dans le pays. La mesure a changé sa vie. Elle peut aujourd'hui choisir le moment de son départ au travail ou conduire elle-même ses enfants à l'école. « C'est quelques chose d'énorme aujourd'hui de conduire moi-même » confie la jeune femme tout en écoutant sa musique préférée dans la voiture. Amina applaudit les reformes mais aujourd'hui, elle rêve de voir le gouvernement aller encore plus loin. Dans le classement 2017 « Global Gender Gap », un indice qui mesure l’égalité entre les sexes pays par pays dans 4 domaines (santé, éducation, économie, politique), l’Arabie saoudite se classe à la 138ème place sur 144. La tutelle masculine existe toujours officiellement dans quelques domaines. Les femmes ont, par exemple, encore besoin du consentement d'un homme de la famille (père, mari, frère) pour voyager. « La seule chose que j'espère maintenant, c'est que l'obligation d'avoir l'autorisation d'un homme de la famille pour voyager prenne fin confie Amina, dans l'intimité de l'habitacle de son véhicule. Mon mari m'a donné cette liberté. Mais je pense que je n'ai pas besoin de cette permission. J'aimerai que toutes les femmes puissent avoir la liberté de voyager quand elles en ont envie ».

La Rédaction 

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