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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Une question, selon les espaces culturels ou les individus voire les genres, banale, incongrue voire sans objet, puisque superflue pour ce grand nombre de ceux, sans état civil, sous les cieux africains ou asiatiques. En Afrique, on est vieux ou jeune, comme ailleurs, me direz-vous! Non, ailleurs, en Occident, on relativise. On dit, à un quadragénaire qu'il est très jeune et à un quinquagénaire, qu'il est encore jeune, dans la force de l'âge, etc.… En Afrique, être traité de jeune, d'enfant peut paraître comme une insulte alors que dire de quelqu'un, qu'il ou elle, est désormais un homme ou une femme, lui accorde une aura de responsabilité, l'obligeant à certaines attitudes à certains comportements jugés conformes ou dignes de son âge. Cet âge de l'adulte, celui conféré par ses statuts d'initiés et de mariés ou de potentiels mariés. Toutes ces considérations sont entrain de basculer à une vitesse extraordinaire dans les oubliettes d'un monde révolu. Parce que l'équilibre est rompu, cette fracture morale jeunes-vieux ou plutôt, ceux que respectueusement, chez moi, on désigne sous le terme de NGatog, comprenez, anciens, sages et NGangue, les jeunes, dont certains travers, eu égard à leur âge, moins de 15-20 ans, sont compris et tolérés, cette fracture morale régulatrice des mœurs qui régissent nos sociétés africaines, est radicalement révolue.

La cause, une explosion démographique exponentielle incontrôlée et surtout ignorée et méprisée par les dirigeants politiques Africains. Mais qui risque de provoquer d'ici peu, une terrible implosion sociale, si elle ne gronde pas déjà se mettant, comme un volcan à la veille de son éruption en ébullition. Dans un continent où, en 2018, les moins de 20 ans sont la moitié de la population et où 75% des 1, 300 milliards d'africains ont moins de 35 ans, il devrait y avoir matière à réflexion. Et la moindre et plus responsable des réflexions, c'est que faire de ces jeunes. Qu'en pensent nos dirigeants d'Afrique. Rien à foutre! Au constat c'est exactement cela: rien à foutre de ces jeunes pour autant qu'ils ne sont de leur propre progéniture: pas d'écoles, pas de dispensaires, pas d'emplois, mais aussi et surtout silence ‘on ne proteste pas ! Sinon quoi? On se fait gazer, on se faire bastonner, on se fait mitrailler. Le Tchadien Idriss Deby Itno, maître dans l'art des solutions originales a offert à ses jeunes une alternative: vous entrez massivement dans la police de répression et dans l'armée de mercenariat et contre votre peau et la peau de ceux que vous tuerez, vous aurez votre pitance. Et quelle pitance! À peine de quoi se nourrir e nourrir sa famille le tiers du mois ce qui fait de ces jeunes en tenue et armés des raquetteurs et des coupeurs de routes protégés. Malgré tout, quelle que soit leur nombre, ces affamées habillés et armer pour réprimer et tuer ne dépasseraient pas les 200 000 individus, toutes armes confondues, Alors, IDI a acheté des CHIENS de gros bergers allemands entraînés et nourris pour sauter à la gorge de manifestants, souvent des lycéens et des étudiants mal famés et désarmés mais désespérés et prêts au suicide contestataire.

Mais, sur les 13 millions, s'il y a 75% de moins de 35 ans, ça fait 9 750 000 jeunes à ne rien foutre? Non, messieurs Idriss Déby Itno, Kabadi, Ahmat Mahamat Bâchir, Kassiré Koumakoye. Non, ayez la modestie de prêter un peu d'intelligence à ces 10 millions de vos compatriotes, deux fois plus jeunes que vous qui, nuit et jour, réfléchissent à comment faire pour vous faire péter vos gueules de crocodiles. Pardon, pardonnez ma colère mais y'en a marre quoi! Savez-vous pourquoi les chefs d'états africains sont à peine audibles quand il s'agit des migrations de leurs jeunes désespérés qui s'ensablent dans le désert du Sahara ou se font engloutir dans la Méditerranée? Parce que, chaque année, depuis cinq ans, ce sont, en moyenne 3000 migrants qui périssent noyés! Des jeunes, très jeunes, des femmes, des enfants, la crème même de l'Afrique puisque nombre d'entre eux sont des diplômés! Bien sûr, on ne compte pas ceux tombés en chemin de faim ou de soif, ou retenus comme esclaves par nos frères de Libye...Je vais vous dire ce que ces excellences en médiocrité de gouvernance se disent: '' L'immigration, c'est une aubaine. Plus ils s'en iront mourir en méditerranée ou travailler en Occident pour rapatrier de l'argent à leurs parents, mieux on se portera.'' Oui, l'immigration une aubaine? Mon œil!

Ces messieurs refusent d'ouvrir les yeux mais l'immigration n'enraye en rien la menace d'implosion démographique en Afrique: 35 millions de nouveaux nés par an contre environ, 5000 départs morts ou vifs l'an! Alors, pas d'écoles, pas de dispensaires, pas d'emplois mais la misère et la violence servie à tours de bras à 75% des 1,300 000 d'individus. Parce que, les moins de 2% de cette population, les plus de 60 ans, refusent d'êtres tout simplement des femmes et des hommes d'États dignes de ce nom, s'entourent de malfrats et abandonnent l'Afrique, ce continent qu'on dit le plus riche du monde pour ses innombrables richesses aux rapaces, ces multinationales sans âme ni nationalité. En s'imaginant tout bêtement continuer à avoir la maîtrise de la situation. Des propres imbéciles. Parce que, hors leur nombre, ces jeunes dont l'intrépidité, la hargne et la volonté de se battre pour s'en sortir sont investis dans leur aventure outre Méditerranée, pourraient revenir, comme les Moudjahidine Musulmans d'Afghanistan sont revenus en Syrie et en Irak, et alors, Boko Haram et l'Armée de résistance du Salut ne seront plus que des enfants de chœur. Alors, quel âge avez-vous ? Moi, j'en ai 65 ans et je m'en veux d'être de cette catégorie d'Africains sourds aveugles et muets face à ce qui arrive à l'Afrique.

Contribution spéciale de Nadjikimo Benoudjita, ancien Directeur de Publication du journal tchadien Notre Temps

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