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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

A l’instar de nombreux pays de la planète Terre, le Tchad est doté par la nature de manière insolente d’innombrables richesses. En effet, le vaste territoire tchadien, deux fois plus grand que la superficie de la France, regorge d’inestimables ressources minières dans le sous-sol sans compter des paysages pittoresques et une faune si exceptionnelle, à la surface du sol. Des potentialités touristiques existent comme le rappelle si bien l’économiste Kébir Mahamat Abdoulaye, mais il se demande pourquoi tant de Tchadiens préfèrent aller passer leurs vacances à l’étranger ? Si l’économie tchadienne était basée à une certaine époque sur l’agriculture et l’élevage avant de se recentrer uniquement sur la rente pétrolière, la chute vertigineuse des prix du baril a conduit la plupart des pays exportateurs du pétrole à opter pour la diversification de leurs économies. Le Tchad gagnerait à investir massivement sur les activités agro sylvo-pastorales et surtout faire du tourisme un secteur économique d’avenir. C’est une question de choix politique et le gouvernement doit jouer son rôle d’initiateur et de catalyseur de projets innovants et audacieux en matière du développement touristique qui se révèle être un atout économique indéniable compte tenu de nombre d’emplois potentiels générés et les recettes touristiques attendues.

Malheureusement, les autorités tchadiennes sont occupées à d’autres choses telles que la promotion de la fameuse 4e République. Curieuse manière de se prendre. L’explication devrait précéder l’adoption de la nouvelle Constitution par l’Assemblée à défaut de le faire par Référendum. Au lieu de s’atteler à résoudre les vrais problèmes, les gouvernants se complaisent dans de grands discours sans que cela ne soit suivi de résultats probants et tangibles. Le peuple en a marre et veut sortir de ce marasme économique dans lequel le gouvernement l’a noyé à cause de ses choix économiques inadaptés et surtout du pillage des deniers publics et la corruption systématique dans tous les secteurs. La fameuse IGE ne sert à rien tant que les voleurs se pavanent allègrement et sont bombardés de postes juteux au lieu d’aller croupir en prison et leurs biens saisis par l’Etat.  Les internautes ont compris qu’il n’est pas question de croiser  les bras mais le devoir citoyen  exige d’apporter sa pierre de contribution à l’édifice du pays en péril par des réflexions pertinentes et opérationnelles. Parole au peuple revient sur la discussion engagée par les internautes autour de la question posée le 22 juillet dernier par l’économiste Kébir Mahamat Abdoulaye : « Le Tchad est un vaste territoire de potentialités touristiques pour passer des vacances. Mais pourquoi les tchadiens (pas tous) préfèrent aller à l'étranger ? »

 

N’diaye Souleyman relève les freins : «Trop d'insécurité, forte chance de tomber sur les agents de sécurité qui te brutalisent, t'arnaquent, te manquent de respect pour rien. Ailleurs les agents de sécurité sont polis»

 Youcef Dvna Ad’um fait de recommandations pertinentes : «Pour exploiter cette potentialité, il faut assurer plusieurs choses : la sécurité (inexistante), les routes, l’hébergement, la restauration. La sécurité est inexistante au Tchad et dans ça je serai toujours coincé dans mon opinion. Il est très difficile de circuler  dans la capitale à des heures tardives par peur d’être agressé par des bandits. Même si la capitale submerge dans une insécurité qu’en est-il pour les autres?

 Kébir Mahamat Abdoulaye ne partage pas les préoccupations du premier intervenant liée à l’insécurité : « Dire que l'insécurité est inexistante, je crois, il faut beaucoup relativiser ! Cher N’Diaye, je crois en matière de sécurité, le niveau de sécurité n'est pas beaucoup à se plaindre. Je pense il faut relativiser les éléments que tu as cités. Lorsqu'on observe le nombre d'agressions, de vols avec violence, assassinats par jour dans la capitale au regard du nombre important de la population et de l'étendue de N'djamena, la situation n'est pas très alarmante et qu'on peut affirmer que la capitale est une ville d'insécurité »

 N’diaye Souleyman sollicite une explication : «Dans ce cas pourquoi les ambassades déconseillent à leur ressortissants d’éviter de fréquenter nos quartiers (zone verte/zone rouge..)? Il y a toujours de décalage entre la théorie et la réalité sous nos cieux. On aime faire entendre aux autres, ce qu'ils ont envie d'écouter sans améliorer la réalité. Triste constat »

 Youcef Dvna Ad’um ressort des statistiques pour éclairer les uns et les autres : «Selon l’institut gallup, le Tchad se trouve au 29eme/37 rang au niveau continental et 121eme/135 au rang mondial. Et d’après le Mo Ibrahim foundation et en matière de sécurité nationale, le Tchad arrive au 39eme/54 pays enregistré. Toutes ces statistiques montrent que le Tchad est loin derrière en matière de la sécurité et de sérénité afin d’assurer un tourisme compétitif comparé à celui d’Égypte, du Maroc, Sénégal, Tanzanie et d’autres pays. On peut dire aux étrangers que le Tchad est en sécurité mais jamais entre nous, puisqu’il y a toujours la peur lorsqu’on circule la nuit. Personnellement j’aime le désert comme celui de l’Ennedi qui renferme de beautés inédites. J’aimerais un jour visiter la guelta d’archeï, l’arc d’achoba, les plateaux de l’Ennedi, les Palmeraies de Faya et de Mao et tant d’autres sites. Mais les routes sont-elles praticables? Les régions où se trouvent les sites que je viens de citer, n’ont même pas de routes bitumées »

 Kébir Mahamat Abdoulaye aborde le volet transport lié au tourisme : «Youcef Dvna Ad’um, pourquoi ne pas penser le voyage par voie aérienne qui coûte à peine 125.000 FCFA ou payer le billet d’autobus à 25.000 FCFA? »

 Youcef Dvna Ad’um considère que : «125.000 FCFA, c’est le salaire d’un fonctionnaire au Tchad et les compagnies de bus ne desservent pas certaines régions. Beaucoup s’arrêtent au niveau d’Abéché. Qu’est-ce que va faire celui qui veut aller dans l’Ennedi, Tibesti, Kanem ou Borkou? Le tourisme tchadien a besoin vraiment des investissements »

 Elvis Tabo avance une proposition intéressante : «Ce sont des potentialités. Il faut les valoriser pour en faire des destinations touristiques. Et il y'a un travail remarquable qui est fait sur le terrain. Surtout dans le BET » 

 Abdel Ourbo met l’accent sur deux points importants : «Le Manque de campagne de promotion pour faire valoir nos sites touristiques et le problème sécuritaire qui hante la tranquillité, chacun court le risque que tout peut arriver et à tout moment »

 Moussa Adam Hamit propose une liste d’activités concrètes à réaliser : «Aménager les zones touristiques, assurer la sécurité, former le personnel rompu au métier et mettre les moyens pour sensibiliser et promouvoir le tourisme. Et après on en parlera »

 Youssouf Adoum Bideimy propose sa vision  : « Le problème ce n'est pas au niveau de la sécurité, le Tchad a  plutôt manqué beaucoup des lieux touristiques pour les gens qui viennent visiter ou passer les vacances. Si vous voulez faire venir les touristes étrangers pour visiter le Tchad, il faut que l'État ou le ministère concerné travaille suffisamment sur son domaine, construise des hôtels et fasse beaucoup d’autres choses pour que les gens viennent. Bien-sûr, le Tchad dispose d’un  vaste territoire, mais  celui-ci n'est pas encore bien exploité»

 Abdelsemi Ahmat se pose la question et répond également : «Où sont les infrastructures routières et hospitalières, l'énergie, la sécurité dans les sites, la sensibilisation médiatique à l'échelle national ?. Si tu visites par exemple Ouara tu ne trouveras que de ruines ! La réhabilitation est aussi une condition nécessaire pour une éventuelle promotion du tourisme national au Tchad »

 Kébir Mahamat Abdoulaye répond à son prédécesseur : «Cher frère Abdelsemi , il existe beaucoup d'endroits au Tchad que l’on peut les visiter et passer des heures, jours, semaines, mois sans en avoir besoin des grandes infrastructures hôtelières de type occidental et moderne. Sinon je comprends pour les routes, il est nécessaire d'étendre le réseau »

 Abdelsemi Ahmat clarifie son point de vue : «Cher Kébir, je ne parle pas de grandes infrastructures mais il faut le minimum en terme d'hébergement, de routes, de sécurité et de restauration. La culture touristique, elle même est quasiment absente dans notre société. Donc, il faut la cultiver car pour nombre de Tchadiens, le tourisme est l'affaire des occidentaux ou des riches ! Avant de penser aux festivals touristiques. Il faut réhabiliter, sécuriser et doter les sites touristiques des infrastructures d'attraction. Les compétences ne manquent pas mais hélas on a l'habitude de confier ce département à des gens qui n'ont rien à voir avec le développement touristique»

Empereur Faudel donne une tentative de réponse : « Kébir Mahamat Abdoulaye, question pertinente mon frère, mais la réponse à celle-ci est visible à l'œil nu. Tout d'abord, certains Tchadiens fuient la chaleur et le stress du bled (pays) pour aller changer d'air. Le Tchad possède un climat (la chaleur, la poussière et la boue) qui n'est pas favorable au tourisme. Tout ça c'est par manque d'infrastructures et l'insécurité n'en parlons même pas. Je te pose la question mon frère, quelle est la ville touristique que tu connais au Tchad, qu'un tchadien peut passer son séjour en toute aisance ? »

Moukhtar Ousmane Saleh explique pourquoi les Tchadiens vont ailleurs : «Je ne pense pas que les Tchadiens partent à l'étranger pour le tourisme, en général c’est pour le commerce, les soins médicaux et en fin quelques uns pour leur lune de miel qui ne relève pas du tourisme à mon avis. Mais certes vous avez raison. On a des potentialités touristiques mais elles restent à éveiller la curiosité et l'envie chez les Tchadiens».

 Kébir Mahamat Abdoulaye donne quelques exemples de villes touristiques : «Cher frère Empereur, je peux te citer plus qu'une ville pour passer des vacances. Dans le désert, je peux citer Faya, Bardai etc. Au centre dans la zone sahélienne je peux citer Mongo, Bitkine, Bol...et dans la zone méridionale donc tropicale je peux citer Sarh, Doba, Pala...et leurs environnements ! »

Empereur Faudel se montre plutôt réserver voire opposer  Mon frère Kébir, s'il s'agit de passer les vacances dans n'importe quelles conditions, oui certaines villes que tu viens de citer sont des villes touristiques, pour les chercheurs scientifiques et paléontologues, mais pour beau nombre des Tchadiens qui cherchent la fraîcheur, les monuments historiques et les croisières, le compte n’y est pas encore. Donc, nous avons des villes touristiques mais malheureusement les conditions ne sont pas améliorées pour favoriser le tourisme»

 Khalid Daoud interpelle directement l’initiateur  du débat : « Cher Kébir, tout récemment tu as passé tes vacances entre Algérie et en Tunisie, alors je ne vois pas pourquoi les autres ne le feraient pas. La charité bien ordonnée commence par soi-même non ?  En plus, avec l'insécurité quotidienne, le Tchad est un mauvais endroit pour un touriste, que ça soit  un Tchadien ou un Étranger »

 Kébir Mahamat Abdoulaye donne une réponse : Cher frère Bonaz, exact ce que tu as dit, mais ce qui m'a permis de réfléchir sur le développement touristique de notre pays. Nous avons d'énormes sites et potentialités touristiques chez nous »

 Bonaz Cabral Aguide pense avoir la bonne réponse à ma question posée : «La réponse est toute simple, nous avons la culture de l'étranger comme quoi tout ce qui vient de l'étranger est meilleur : on célèbre chaque jour ici les produits étrangers pourtant ceux là ignorent royalement notre pays ; On mange étranger, on s'habille étranger, nos enfants au Tchad fréquentent des écoles américaine, française ou turque, on se soigne à l'étranger presque le Tchad reste juste un cimetière pour nous servir de repos éternel. Même l'argent volé du trésor est investi à l'étranger coupant les emplois aux jeunes. Je parle bien des autorités et la classe moyenne qui vit de la corruption et du vol. Bref le tourisme n'échappe pas au mythe de l'étranger »

 Adam Ahmat Khalid se montre plutôt réaliste : «S'il y a du meilleur chez nous, rien ne nous contraint d'aller chercher ailleurs. Un exemple simple, le ciment de Baoré est un produit purement tchadien. À sa première mise sur le marché jusqu'aujourd'hui, les Tchadiens l'ont tellement acheté jusqu'à  ce qu’il y ait eu rupture sur le marché. Jusqu'aujourd'hui, la demande est restée supérieure à l'offre. Pourquoi n'ont-ils pas désiré le ciment étranger au détriment du nôtre? C'est une question de qualité-prix, sinon rien d'autre »

 Kébir Mahamat Abdoulaye ferme provisoirement la discussion en insistant sur le moindre impact de l’insécurité sur le tourisme : «Cher petit frère, Khalid, mes voyages dans les pays cités n'étaient pas essentiellement touristiques. Ensuite contrairement à ce que pensent à tort, beaucoup de gens, l'insécurité n'est pas aussi un facteur aggravant qui menace la circulation de biens et de personnes. Personnellement, j'ai beaucoup voyagé à l'intérieur du pays en 2017 et 2018 sans attaques, ni agression.  Je n'ai pas constaté l'insécurité qu'on redoute beaucoup »

Choix et commentaire de Moussa T. Yowanga

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