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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

La canicule en Europe

Au Portugal, les services de secours dressent le bilan de 24 blessés dont un grave suite au feu de forêt qui faisait rage depuis Vendredi. Bien que l’incendie soit contenu, ce qui fait la différence avec les feux meurtriers de l’année dernière selon le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, il a tout de même mobilisé plus de 1150 pompiers, 160 militaires accompagnés bien sûr de bombardiers d’eau et d’hélicoptère, dix au total. Depuis dimanche, les températures du pays sont enfin passées sous la barre des 45°. En Espagne, en revanche le bilan s’est alourdi à neuf morts dû à cette canicule en seulement une semaine. Les températures enregistrées vont jusqu’à 46° et ne touchent pas seulement les personnes âgées : le premier décès était celui d’un ouvrier nigérien d’une quarantaine d’années qui travaillait sur un chantier autoroutier  le 31 Juillet. Un Allemand qui parcourait le chemin de St Jacques de Compostelle a également été comptabilisé parmi les personnes décédées suite à une insolation. En ce qui concerne l’incendie qui s’était déclaré dimanche en Andalousie, il a rapidement été contrôlé. Une situation qui a évolué positivement grâce à l’absence de vent selon les pompiers. Si certains comptent peut être les jours les séparant de l’hiver, en Belgique on compte les journées d’été. On approche la 60e journée d’été tandis que le record se situe à 66 et remonte à l’été 1947. Pendant ce temps en Finlande, on dort au supermarché.

En effet, à Helsinki, un supermarché (K-supermarket) a proposé l’asile climatique à ses clients en les autorisant à dormir dans leurs locaux pendant le week-end. En Allemagne, la chaleur affecte même jusqu’à l’organisation scolaire : la rentrée des classes s’est faite seulement en matinée dans au moins trois écoles tandis que d’autres écoles devraient suivre l’exemple. En cas de surchauffe dans les classes, l’option de l’excursion en forêt est envisagée. Aux Pays-Bas, la grande victime de la chaleur est la somptueuse église de Dom dont les aiguilles se sont arrêtées depuis Vendredi matin, 11H23. En effet, les métaux à l’intérieur de l’horloge ont été endommagés par la chaleur et les rouages qui dataient de 1857 furent ainsi bloqués. Et ce n’est pas tout, certaines sections d’autoroute ont dû être fermées car l’asphalte a commencé à fondre sous le soleil comme dans d’autres endroits en Europe. Notamment à Glasgow (Écosse) où les jointures du centre des sciences ont fondu mais heureusement la solidité de la structure n’est pas menacée. Enfin dans la région de Rotterdam, un afflux d’eau salée dû à la baisse des niveaux des rivières pousse l’institut national pour la gestion des eaux à envoyer de l’eau douce en direction de la mer, ce qui oblige les navires allemands à faire des détours. Pour finir, la hausse des températures en France s’accompagne d’un pic de pollution à l’ozone, surtout dans la région parisienne mais aussi dans le sud et l’est. En conséquence, des restrictions au niveau de la circulation automobile ont été adoptées.

Les vagues de chaleur portent le sceau du réchauffement climatique. Après avoir constaté les nombreux effets de la canicule, il convient de se demander si cette vague de chaleur est vraiment anodine. Plusieurs études montrent que le réchauffement climatique n’y est pas pour rien même si certains n’hésiteront pas à avancer l’argument climatologique selon lequel la terre a connu bien des changements allant de l’extrêmement chaud au froid glacial. Ils en oublient sûrement que ces changements se sont effectués sur des temps très longs qui n’ont rien à voir avec les changements que nous connaissant à l’heure actuelle indubitablement induits par les activités humaines. Selon une étude tout juste publiée du World Weather Attribution les périodes de canicule seront de plus en plus fréquentes et iraient même jusqu’à se succéder dans le pire des scénarios. Les records de chaleur ne touchent pas seulement les pays européens, quant aux océans ils connaissent depuis un certain temps des hausses de températures alarmantes.  Rien de nouveau quand on a déjà pris connaissance des différents rapports du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Leur dernier rapport général est sans équivoque : la température moyenne planétaire a déjà augmenté, les océans se réchauffent donc, les glaces fondent et le niveau de la mer augmente. Ces changements ne peuvent être autrement imputés qu’à la société humaine et à ses émissions de gaz à effet de serre, sans oublier les pollutions quotidiennes de toute nature.

«Effet domino dû au réchauffement climatique ». Alors, pour tenter d’éviter le pire les gouvernements se fixent des objectifs lors des Sommets de la Terre mais depuis le premier en 1992 à Rio de Janeiro, la situation n’est pas moins inquiétante. Malgré les nombreux engagements encore pris à Paris en décembre dernier qui prévoient une hausse de 2° maximum par rapport à l’ère préindustrielle, la terre pourrait se stabiliser à +4° ou +5° (au lieu des 2° prévus) selon une étude publiée ce Lundi 6 août. En effet, cette étude de la revue proceedings of the national academy of sciences (PNAS) explique que si l’humanité continue sur sa lancée, notre planète pourrait connaître un «point de rupture» qui engendrerait un «effet domino» des plus désastreux. Les calottes polaires fondent, les forêts sont décimées et les émissions de gaz à effet de serre ne connaissent pas de réelle diminution. Ces phénomènes peuvent entraîner un processus de rejet de CO2 et de méthane car de nombreux mécanismes interconnectés entreront en jeux. Dans ce scénario catastrophe, la Terre devient une véritable étuve où ce processus s’auto-entretien et ne peut donc être modifié par une quelconque action humaine. Cet «effet domino» conduirait la Terre vers un tout nouveau mode de fonctionnement. Les scientifiques estiment que le risque d'événements en cascade pourrait survenir à partir d’une hausse de la température moyenne planétaire de 2°. Ce qui nous laisse peu de marge quand on sait que la température moyenne de la Terre a déjà augmenté de près d’un degré (0,85° selon le dernier rapport du GIEC en 2014) du fait des émissions de gaz à effet de serre.

Anaïs Maillot, journaliste stagiaire

Pour en savoir plus. Ceux qui se demandent pourquoi l’humanité ne fait pas son maximum pour éviter ce scénario sont invités à se renseigner plus amplement  sur les travaux de George Marshall, philosophe et sociologue américain. La psychologie, elle aussi, a son mot à dire à propos du réchauffement climatique.

Ci-dessous un article de Laurent Testot qui résume brièvement  le livre intitulé le syndrome de l’autruche .https://www.scienceshumaines.com/le-syndrome-de-l-autruche_fr_39883.html

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