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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’amnistie accordée par le président Alassane Ouattara à 800 ivoiriens dont quelques personnalités politiques est loin de faire l’unanimité. Puisque la large amnistie est considérée comme «un geste de mépris vis-à-vis des victimes » des crimes commis pendant la crise, s’est indigné mardi un groupe de onze organisations de défense des droits de l’homme ivoiriennes et internationales, tel que le rapporte l’agence Belga pour le site RTBF publiée le 08 août 2018. «Aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commis en Côte d’Ivoire pendant la crise post-électorale de 2010-2011 »,  affirment dans un communiqué commun la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme, le Mouvement ivoirien des droits humains, Human Rights Watch, Amnesty International, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et six autres ONG ivoiriennes. «Contredisant tous ses engagements en faveur de la justice pris depuis 2011, le président ivoirien  Alassane Ouattara a annoncé le 6 août qu’il accordait l’amnestie à 800 personnes accusées ou inculpées de crimes liés à la crise de 2000-2011 ou aux attaques contre l’Etat qui ont suivi, parmi lesquels pourraient se trouver des personnes présumées responsables des crimes les plus graves », poursuivent ces organisations humanitaires.

La crise ivoirienne a fait au moins 3000 morts et 150 femmes violées. «Décider, après sept années de procédure judiciaire impliquant des centaines de victimes et d’auteurs présumés, que seules soixante personnes (non couvertes par l’amnistie) répondront à la justice est non seulement une décision arbitraire mais c’est aussi un geste de mépris vis-à-vis des victimes si cela permet aux auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité d’échapper aux poursuites », regrettent les ONG. «Au moins 3000 personnes ont été tuées et plus de 150 femmes violées. Les forces armées des deux camps ciblaient des civils sur la base de leur appartenance politique et parfois ethnique et religieuse », estiment-elles. « L’histoire de la Côte d’Ivoire montre à quel point l’impunité encourage la violence politique et les atteintes aux droits humains. A l’approche de l’élection présidentielle de 2020, une amnistie pour les crimes les plus graves de la crise post-électorale adresserait un dangereux message, selon lequel les leaders politiques qui ont recours aux atrocités pourront échapper aux sanctions», se termine le communiqué commun des onze ONG.

M.T.Y

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