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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans un pays où plus de 400 agriculteurs blancs ont été expropriés au profit des noirs, proches du président déchu, Robert Mugabe, le secteur agricole est au bord du précipice. Relancer l’agriculture, c’est le défi de tous les candidats à la présidentielle de lundi prochain au Zimbabwe. Publié le 28 juillet sur le site Le devoir, l’article de Susan Njanji présente un cas inédit d’un attelage entre un agriculteur  blanc et un noir en vue de relancer l’agriculture, déstabilisée, il y a une vingtaine d’années par une réforme inique, catastrophique économiquement et politiquement inefficace et dangereuse pour la paix et la cohésion sociale dans le pays. Cet exemple totalement surréaliste se passe dans la fertile province du Mashonaland East, à quelques kilomètres de la capitale Harare, où un fermier noir et un autre blanc exproprié décident de conjuguer leurs efforts en renouant de façon symbolique un lien détruit par la politique ségrégationniste appliquée par l’ancien président vers les années 2000. Cette expérience est à mettre au crédit de Gary Shoko âgé de 61 ans et de Pieter Gertenback, lui, âgé de 63 ans qui exploitent en commun à peine plus de deux ans, un domaine de 81 ha. Satisfaits de leur exploit, tous les deux sont convaincus de détenir la clé qui va redorer à leur pays la gloire perdue de « grenier à blé » de l’Afrique australe. En 2006, c’est le début de leur partenariat qui a démarré de façon fortuite dans la ville d’Arcturus où Gary Shoko a été le témoin oculaire de l’expropriation violente d’une ferme voisine, propriété d’un exploitant blanc.

 

Pieter Gertenback qui y était employé, se retrouve brutalement pour la seconde fois de sa vie dans la rue. «Ce voisin venait juste de se faire expulser d’une ferme. Je me suis dit qu’on pouvait peut-être l’aider, j’y ai vu une occasion pour nous de collaborer », se rappelle monsieur Shoko, assis dans la véranda qui domine son exploitation. «Je lui ai dit : ‘Pourquoi ne travaillerait-on pas ensemble ?’. J’ai la terre, vous avez l’expertise’ », avait-il poursuivi. Comme preuve de leur succès, les deux associés ont déposé l’an dernier, les statuts de leur coentreprise et commencé à produire des céréales, des légumes et à y faire l’élevage de poulets. Pour Pieter Gertenback, expulsé manu militari en 2004 de sa propriété familiale de Darwendale, près de Harare, c’est une nouvelle vie qui commence. Les invasions des fermes étaient monnaie courante à cette époque là, encouragées par Robert Mugabe, qui justifiait alors cette politique par la nécessité de corriger l’injustice faite par la colonisation britannique à la majorité noire de l’ancienne Rhodésie, devenue Zimbabwe. Plus de 4000 agriculteurs blancs se verront exproprier au profit des noirs, dont l’inexpérience et le manque de formation adéquate ont conduit leurs exploitations à la dérive et les dizaines de milliers de leurs ouvriers, noirs, au chômage. Cette réforme aura des conséquences insurmontables pour le pays. «Je n’ai pas de problème de fond avec la réforme agraire», explique Pieter Getenback au milieu des ses plants de tomates. « Nos fermes étaient nos royaumes. Nous ne respections pas nos concitoyens, concède le Zimbabwéen blanc. La réforme était nécessaire, mais je me pose des questions sur la façon dont elle a été conduite. Notre pays s’est effondré, des erreurs ont été faites ».

 

Les deux associés considèrent que la chute, en novembre dernier de Mugabe, constitue une chance unique de les réparer. Le nouveau président Emmerson Mnangagwa a promis la fin des expropriations et, même, des compensations au profit des fermiers blancs dépossédés. «Les invasions de terres appartiennent au passé. Le droit doit désormais s’appliquer », a-t-il encore rappelé la semaine lors d’une réunion de campagne. Candidat du parti au pouvoir, le Zanu-PF à la présidentielle prévue le 30 juillet prochain, le président sortant insiste sur la relance de l’économie et la lutte contre la corruption. Nelson Chamisa, le candidat du Mouvement pour un changement démocratique (MDC) prône les mêmes choses. Le fermier Shoko espère que seul son pays sortira  vainqueur quel que soit l’identité du futur président élu. «Lorsque nous avons lancé notre projet, se rappelle-t-il, il Lorsque nous avons lancé notre projet, se rappelle-t-il, il n’était pas très à la mode de s’associer avec un fermier blanc. Il y avait beaucoup d’animosité». Depuis qu’ils se sont associés, les deux fermiers n’ont pas eu la vie facile. En 2017, leurs cultures ont été entièrement détruites par les inondations. Autre difficulté, ce qu’ils peinent encore à payer régulièrement leurs 38 ouvriers.

Moussa T.Yowanga

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