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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Quand on a un minimum de bon sens politique, sauf lorsqu'on n'agit pas en homme politique mais en mafieux. Trois mois, voilà le temps que cela a pris, après les révélations de la presse, et les pressions politiques, à l'Élysée pour mettre fin à la collaboration d'un homme, Benalla Alexandre, apparemment très proche d'Emmanuel Macron, le président Français. Quelques petits mois, jugés pourtant trop longs par l'opposition politique qui exige des explications au Premier des Français, pour ce qu'elle estime être des manquements graves. Quoi donc? Il y'a-t-il eu mort d'homme, des coups et blessures? Oui, quelques brutalités administrées à une manifestante par un membre du service de sécurité (?) de l'Elysée. Grave, très grave, sur les bords de la Seine. Oui, mais...Pas sur les Rives du Chari. Ici, il s'agirait d'une affaire banale, anodine, rien que du normal voire une petite distraction que les journalistes les plus virulents ne relèveraient même pas ! Quoi? Un petit délinquant, coupeur de route, récidiviste qu'on touche à peine et qui tombe tout seul et tout ce bruit?

Ici, on les ramasse à la pelle et au coup de matraque, on les entasse dans des bennes, et, à Amsinéné on en fait un festival de bastonnades pour mettre fin à la kermesse du désordre qu'ils veulent organiser et, on les fait passer, bétail hagard, troupeau de délinquants, devant les cameras des journalistes de formation de la grande Télévision Républicaine, pour l'exemple. Avec, en appoint, une belle interview, mettant en vedette le héros, de cette petite démonstration, le Sherif Ahmat Mahamat Bachir, qui se fera le plaisir de traiter ces énergumènes, mal élevés de tous les noms d'oiseaux en les menaçant de les envoyer à Koro Toro, dès la prochaine incartade! Parce qu’ici, sur les Rives du Chari, il n'y a aucune image à ternir, puisque que toute image du pouvoir affiche du rouge vif! Rouge comme le sang des manifestants, maltraités des décennies durant par la bande à Bachir.Rouge comme la couleur du Logone et du Chari, témoins d'exécutions sommaires et hôtes de corps meurtris flottants, en temps de manifestation, pacifiques, comme le sang de déflatés de Boudouloum, rassemblés pour une communication et arrosés de mitraille comme au camp Thiaroye; Rouge comme le sang des Ouaddaïens de Ngninguilim en marche de protestation pacifique et ceux de N'Djamena ayant osé protesté contre le massacre des leurs;

Rouge comme le sang des hommes torturés et étouffés, à Matta Léré, pour avoir violemment réagi contre une gestion complice et laxiste des enlèvements de leurs enfants; Rouge comme le sang de femmes de juin 2001, attaquée à la grenade offensive, dans une posture de manifestation des plus inoffensives et des plus pacifistes puisque assises, le torse nu et les bras croisés sur la tête, en face de l'Ambassade de France; Rouge comme le sang des onze prisonniers du convoi de Koro Toro, exécutés à bout portant par des hommes de la Garde rapprochée du président de la République; Rouge comme le sang de Zouhoura, séquestrée, victime d'un viol collectif, commis par les enfants de ces mêmes messieurs de la garde rapprochée, filmée et humiliée par la diffusion de ce viol sur les réseaux sociaux; Rouge comme le sang des Tchadiens de toutes les régions, victimes des exactions et exécutions sommaires des bogo bogo et des supplétifs de l'armée, Non, ici, il n'y a aucune image à ternir, parce que rouge-sang, comme l'oriflamme du parti état qui gouverne le Tchad et les gouverne, les Tchadiens, ne sauraient être ternis et ne pourront, hélas plus rougir. Dans ce pays de gouvernement par des grands délinquants, d'un peuple muselé, il ne peut y avoir scandale que lorsque des intérêts supérieurs de leurs protecteurs sont menacés, comme ces trafiquants de l'Arche de Zoé, libérés sur intervention directe et personnelle du président Français de l'époque...ou comme ce présumé assassin de la femme d'affaire Chinoise...Ici, on ne se débarrasse pas de ses capi, sinon, on risque de ternir sa propre image de Parrain et c'est très dangereux pour le bizness.

Contribution spéciale de Nadjikimo Benoudjita,ancien Directeur de Publication du journal tchadien Notre temps.

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