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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le vaccin contre Ebola a été un « outil fantastique » rapporte l’AFP dans sa publication de mardi 24 juillet 2018, mais il n'a joué qu'un « petit rôle » dans la lutte contre l'épidémie en RDC, dit à l'AFP Michael Ryan, sous-directeur général à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), louant la rapidité de la réponse internationale. Le gouvernement congolais a déclaré mardi « la fin de l'épidémie »de la maladie à virus Ebola officiellement annoncée le 8 mai et qui a tué 33 personnes dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo.

AFP: L'utilisation du vaccin est-elle la principale raison pour expliquer que la flambée épidémique d'Ebola en République démocratique du Congo ne soit pas devenue une épidémie à grande échelle comme ce fut le cas entre 2013 et 2016 en Afrique de l'Ouest?

Michael Ryan : Non, nous ne pouvons pas dire que le vaccin a fait la différence. Certes, le vaccin est un outil fantastique dans la lutte contre Ebola. La principale raison pour laquelle nous avons été plus rapides et plus efficaces cette fois est que nous avons lancé une réponse humanitaire très, très rapidement, nous avons enquêté très vite, nous avons réagi agressivement. Il y a eu un déploiement extrêmement rapide des équipes nationales et des intervenants internationaux sur le terrain. Nous avons isolé des cas rapidement, nous avons mis en place un excellent système de recherche des contacts des patients. Et en plus, nous avons pu vacciner les contacts, de sorte que le vaccin a joué un rôle dans la réponse globale, mais un petit rôle.

 Lors de la grande épidémie en Afrique de l'Ouest, des travailleurs humanitaires avaient été attaqués. Est-ce que cette situation s'est reproduite en RDC?

Je pense certainement que les communautés (en RDC) ont été très réceptives. Cela peut être dû en partie à une meilleure compréhension, le Congo ayant connu neuf flambées d'Ebola. Mais la province affectée n'avait jamais connu de flambée. Elle a touché les communautés très traditionnelles de la forêt et les communautés urbaines. Cela aurait pu mal tourner si les communautés n'avaient pas accepté l'intervention et l'isolement des patients. D'après mon expérience sur le terrain, le vaccin a vraiment aidé par le fait que nous apportions des vaccins aux communautés: nous avons apporté l'espoir et non la mort. Dans le passé, nous allions dans les villages pour prendre des patients, les isoler, et pour prendre des corps et les enterrer. (Cette fois), les gens se précipitaient pour demander à être vaccinés et cela change la dynamique.

Le virus a-t-il évolué?

Non, il n'y a aucune preuve que le virus ait changée. Il se transmet toujours par les mêmes voies. Ce que nous avons réussi à éviter dans ce cas, c'est une amplification à grande échelle de la maladie dans les hôpitaux ou lors de funérailles. Dans le cas du fleuve Congo, il y avait un risque réel que la maladie monte ou descende le fleuve, qui est la route principale vers Kinshasa, vers Brazzaville, la République Centrafricaine et d'autres parties du Congo. Notre stratégie a été en premier d'éduquer les gens pour qu'ils comprennent que s'ils ont de la fièvre, ils doivent aller voir un médecin. Deuxièmement, il a fallu des installations pour un contrôle ciblé et stratégique dans les ports à forte densité de voyageurs. Et puis il a été très important d'avoir dans des endroits comme Kinshasa un niveau d'alerte élevée dans les hôpitaux et les centres de santé pour que les personnes arrivant d'endroits comme Mbandaka sur le fleuve et ayant de la fièvre ou des symptômes inhabituels soient immédiatement isolées. Nous avions donc un système en place, mais le système n'était pas basé sur la fermeture du fleuve.

Eric Mocnga Topona,correspondant spécial à Bonn en Allemagne

 

Encadré sur le même:

Ebola: des épidémies à répétition en Afrique, selon l’AFP du mardi 24 juillet 2014

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), dont la fin a été officiellement annoncée mardi, a provoqué la mort de 33 personnes depuis son déclenchement en mai. Rappel des principales épidémies d'Ebola depuis l'identification du virus en 1976 en Afrique centrale:

La maladie tient son nom de la rivière Ebola, située dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC, à l'époque Zaïre) où le virus a été repéré pour la première fois en 1976.L'épidémie dans cette région isolée d'Afrique centrale fait 431 morts: 280 en RDC et 151 au Soudan, selon des chiffres du CDC américain (Centers for Disease Control). Trois ans plus tard, le virus réapparaît dans la même région du sud du Soudan, faisant 22 morts.Outre la souche Zaïre, quatre autres types de virus Ebola ont par la suite été répertoriés : Soudan, Bundibugyo, Reston et Forêt de Taï. En mai 1995, la fièvre hémorragique Ebola resurgit en RDC, dans la région boisée de Kikwit, dans le sud-ouest du pays. L'épidémie se développe rapidement, provoquant la mort de 250 personnes sur les 315 cas recensés, soit un taux de mortalité de 81%. Ce virus qui se transmet par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles, la manipulation sans précaution de cadavres contaminés n'épargne pas le personnel soignant. En septembre 2000, une poussée de fièvre Ebola touche pour la première fois l'Ouganda (souche Soudan), affectant les régions de Gulu (nord), Masindi (nord-ouest) et Mbarara (sud-ouest). En cinq mois, 425 personnes contractent le virus qui fait 224 morts. Déjà affecté à trois reprises entre 1994 et 1997, le Gabon est de nouveau touché entre octobre 2001 et mai 2002 par une flambée de fièvre Ebola type Zaïre.

L'épidémie frappe la province de l'Ogooué-Ivindo (nord-est), déjà précédemment touchée, et fait 53 morts sur un total de 65 cas répertoriés. Le virus se propage au Congo voisin, où il tue 44 personnes. Début 2003, l'épidémie repart au Congo, et fait 128 morts sur 143 personnes contaminées. Le département de la Cuvette-Ouest (nord-ouest) est particulièrement touché, les populations y auraient manipulé des carcasses de singes ayant succombé au virus. Quelques mois plus tard, un troisième épisode de fièvre fait une trentaine de victimes dans la région. L’épidémie la plus meurtrière à ce jour s'est déclarée en Afrique de l'Ouest en décembre 2013 et a duré plus de deux ans, faisant plus de 11.300 morts sur 29.000 cas recensés. Les victimes se concentrent à 99% dans trois pays limitrophes: la Guinée, d'où est partie l'épidémie (plus de 2.500 morts), la Sierra Leone (plus de 3.900 morts) et le Liberia, qui a payé le plus lourd tribut avec le décès de 4.800 personnes. Ce bilan, sous-évalué selon l'OMS, est alors sept fois supérieur au nombre total de morts d'Ebola depuis 1976.L'épidémie qui a pris fin le 24 juillet s'est déclarée le 8 mai 2018 dans le nord-ouest de la RDC, à la frontière avec le Congo-Brazzaville. Au total, 54 cas ont été signalés dans la région, dont 33 décès. Il s'agissait de la neuvième sur le sol congolais depuis l'identification du virus. En 2007, la fièvre hémorragique qui avait particulièrement sévi au Kasaï occidental (centre) entre avril et octobre, avait fait 187 morts sur 264 cas répertoriés. Une autre épidémie avait fait 43 morts en 2012.

Eric Moncga Topona

 

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