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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Partira, partira pas ? Rentreront, rentreront pas ? C'est l'heure de vérité en République Démocratique du Congo pour le président Joseph Kabila et deux ténors en exil selon la parution de l’AFP de mardi 24 juillet 2018, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, avec l'ouverture mercredi du dépôt des candidatures à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre.Le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne (2,3 millions de km2), qui n'a jamais connu de transition démocratique, aborde jusqu'au 8 août une étape cruciale de son processus électoral, sous le regard de ses voisins africains et partenaires étrangers (l'ONU, les États-Unis, l'Union européenne...).Tout juste acquitté en appel par la Cour pénale internationale après dix ans de prison à La Haye, l'ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba annonce son retour le 1er août pour déposer son dossier de candidature.« Je compte arriver à Kinshasa dans la matinée dans un avion privé.

Des dispositions sont prises de notre côté pour éviter des débordements. Je serai très heureux de retrouver mes militants », a déclaré l'ancien vice-président de la RDC au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, sa première apparition publique depuis sa remise en liberté provisoire et conditionnelle. « Mon retour n'est pas une vengeance, (je suis) sans idée de rancune, de vengeance, sans amertume », a ajouté M. Bemba, qui avait quitté Kinshasa début 2007 après des combats entre sa milice et l'armée du président Joseph Kabila dans les rues de Kinshasa.A partir de mercredi, tous les yeux se tournent vers Joseph Kabila, qui jure son total respect pour la Constitution sans dire formellement qu'il quittera le pouvoir.Selon une lecture littérale de la Constitution qu'il a lui-même promulguée, Kabila, élu en 2006 et réélu en 2011, ne peut pas se présenter à un troisième mandat. Il est même hors mandat depuis la fin de son second quinquennat le 20 décembre 2016. La source de son pouvoir se trouve dans une disposition qui lui permet de rester « en fonction jusqu'à l'installation effective d'un successeur élu » et un accord politique du 31 décembre 2016.

Toujours le plus jeune président du continent à 47 ans, Kabila n'a pas désigné de dauphin, ce qui nourrit les suspicions de ses adversaires. Un très proche du président s'énerve: « Depuis 2006, le président Kabila a toujours été le dernier à déposer sa candidature. La stratégie sera la même pour son dauphin. Le président le prendra par la main et l'accompagnera au bureau de la commission électorale. Tout le monde constatera qu'il s'agit d'une autre personne et non de Kabila ».Et pourtant. Depuis des semaines, de hauts cadres de la majorité présidentielle reprennent à leur compte la thèse d'un juriste, Cyrus Mirindi, selon qui « le compteur (du nombre de mandats présidentiels) a été remis à zéro après la réforme constitutionnelle de 2011 ». Cette réforme avait modifié le mode de scrutin, en passant de deux à un tour. Particulièrement vigilante et très influente, l'Eglise catholique a prévu trois jours de mobilisation du 12 au 14 août si le président Kabila se représentait. En Belgique également se trouve un autre candidat et opposant déclaré, Moïse Katumbi, ex-proche de Kabila passé dans l'opposition en 2015 et en exil depuis mi-2016.

M. Katumbi a de nouveau annoncé mercredi son retour « dans les tout prochains jours » pour déposer son dossier de candidature avant le 8 août, par la voix d'un de ses proches. Son avocat français Eric Dupond-Moretti assure avoir démonté les « farces judiciaires » qui empêchent son retour (condamnation dans une affaire de spoliation immobilière, procès pour recrutement présumé de mercenaires, détention de la nationalité italienne alors que la nationalité congolaise est exclusive). « Il n'y a strictement aucun risque sur le terrain du droit. S'il y a arrestation, elle sera purement arbitraire », a prévenu l'avocat. Des proches de MM. Bemba et Katumbi ont déclaré lundi avec trois autres leaders de l'opposition qu'ils ne boycotteraient pas l'élection, mais qu'ils demandaient des préalables : retrait de Kabila, de la « machine à voter », et d'une dizaine de millions d'inscrits litigieux sur les listes électorales. La publication provisoire des candidats est prévue le 24 août, avant la liste définitive le 19 septembre.Le temps pour la commission électorale de vérifier si les candidats réunissent toutes les conditions, et qu'ils ont bien versé leur caution de 100.000 dollars. Des recours sont possibles devant la Cour constitutionnelle, où Kabila a nommé deux proches récemment parmi les neuf juges. A l'approche de ces échéances, l'exécutif a aussi annoncé des nominations à la tête de l'armée, avec changement de chef d'état-major et promotion de deux officiers inscrits sur une liste noire américaine pour « des actions qui ont sapé le processus démocratique en RDC ».

Eric Mocnga Topona,correspondant spécial à Bonn en Allemagne

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