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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Depuis quelques décennies, le Tchad souffre de la prolifération d’une espèce de charlatans politiques constitués d’hommes et de femmes dépourvus de toute conscience religieuse et morale, dont le seul et unique dénominateur commun, c’est de se maintenir indéfiniment à tout prix au plus haut niveau du standing social acquis généralement de façon obscure. Tout ce beau monde gravite autour du chef de l’Etat, de son épouse et du parti MPS qui structurent la vie politique, économique et sociale du pays. Rien ne peut se faire sans l’assentiment du président Idriss Deby qui gère le pays comme une entreprise familiale où tous les membres peuvent obtenir un travail juteux sans tenir compte de leur âge ni de leurs compétences professionnelles. Ils sont également dispensés du fameux serment confessionnel qui oblige les autres Tchadiens à faire allégeances au monarque sous forme d’une parodie de cérémonie présidée par la Cour suprême. L’instauration du serment confessionnel est loin de faire l’unanimité et continue d’alimenter les débats. La question a été mise en discussion le 7 juillet par l’économiste Kébir Mahamat Abdoulaye sous forme de questionnements auxquels les internautes ont massivement participé. L’initiateur du débat s’est demandé : «En matière des "devoirs républicains et de citoyenneté "jusqu'à la prochaine révision des dispositions de la constitution, des lois et règlements par le pouvoir actuel ou futur issu d'un autre parti, de coalition des partis politiques ou d'un mouvement politique, chaque citoyen est tenu : Article 53 : "Tout citoyen est tenu de respecter la constitution, les lois et les règlements ainsi que les symboles de la République". Mais que faire lorsque la constitution, la loi...ne sont pas en conformité avec votre foi religieuse ou autre ?». Toutes les contributions des internautes ont fait l’objet d’une compilation pour constituer le 58e   numéro de Parole au peuple.

Youssouf Souleyman Kébir affiche d’entrer du jeu son pessimisme face à la complexité du débat : «Kébir Mahamat Abdoulaye, je crois que ta question pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. C'est à l'image des contradictions de cette constitution qui reconnaît des droits d'un côté et les renie ailleurs. En se fondant des contradictions de la constitution elle-même, il est inéluctable que chacun l'interprétera et l'appliquera selon sa conscience et ses profondes convictions. Mais une chose est sûre elle ne rassemble pas cette constitution actuelle »

 

Djibrine Khirachi veut remettre les pendules à l’heure en attirant l’attention des gouvernants sur leur propension à vouloir conserver à tout prix le pouvoir : « Et ceci est valable aussi pour tout détenteur de pouvoir qui ne doit pas le confisquer par la force, ni par le rachat des consciences. N’est-ce pas ? Sinon la désobéissance civile s'impose, elle est aussi une des manifestations des libertés fondamentales à utiliser sans modération en cas d'abus de pouvoir»

 

Ahmat Abdoulaye se pose une série de questions relative à la légalité juridique des lois susceptibles de régir la vie en société : «Ce n’est pas à toutes les lois qu’il faudrait obéir. Quelle est la légitimité d'une décision politique ? Au nom de quoi dois-je m’y soumettre ? Cette loi a été votée par des illégitimes, il est donc justifié de suivre d'abord la loi de sa foi »

 

Tchad L’espoir Renait partage le même point de vue : «C'est exactement ce que je voulais écrire, Ahmat. Avant de parler du respect, il faut voir si notre constitution revêt aujourd'hui le caractère de loi fondamentale. Un torchon de papier, soumis à des députés illégitimes sans référendum n'est pas une loi. C'est une forme de texte d'asservissement. Dire qu'il faut respecter la constitution c'est comme dire qu'il faut se soumettre à une dictature... »

 

Ahmat Abdoulaye conseille de combattre une loi injuste : «Pas du tout! La loi sur l'apartheid en Afrique du Sud était discriminatoire, et on l'avait combattu. Il faut combattre une loi qui va en contradiction avec les valeurs essentielles de notre histoire (République) »

 

Kébir Mahamat Abdoulaye se rallie également à cette opinion avec tout de même un bémol : «Ahmat Abdoulaye, je partage ton avis lorsque des lois ont un caractère discriminatoire, raciste...il faut les combattre mais comment ? C’est la grande question. Est-ce par les moyens légaux, pacifiques ou par l'utilisation de la force (violence) ? »

 

Ahmat Abdoulaye : «personne ne parle de violence et d'ailleurs moi j'ai envie de vous retourner la question puisque vous avez parlé des moyens de lutte qui ne doivent pas être violents et d'une certaine façon je suis d'accord. Mais la question c'est: qui utilise la violence dans ce pays? Est-ce la pauvre population qui souffre dans le silence ou bien les forces de l'ordre qui passent tout le temps à côté de leur mission qui est celui de protéger la population ?Les manifestations pacifiques sont réprimées. Contester un ordre est presque un crime. 
Dire non est devenu un concept anti républicain. Notre constitution reconnaît-elle les athées ? Si oui, un athée devrait-il jurer au 'nom de....lorsqu'il occupe une haute fonction? La liberté de conscience va au-delà des lois, des règles et des conventions »

 

Mahamat Nour Albachir est catégorique : «Il n'y a même pas un débat sur ce sujet. Si les lois ne sont pas en conformité avec ma foi je ne les respecte pas. Un point un trait. Et en tant que musulman je donne raison aux Tchadiens qui voient dans certaines lois une atteinte à leur foi et refusent de se soumettre»

 

Kébir Mahamat Abdoulaye assimile le refus d’obtempérer à une loi considérée d’illégale à une rébellion passable de sanctions infligées par les autorités : « Donc c'est un acte de rébellion qui peut vous exposer à des sanctions administratives, disciplinaires et pénales ? Cher frère Mahamat Nour Albachir, je te donne un exemple. Une femme souhaite aller au pèlerinage et on demande qu'elle présente une photo avec une tête nue pour établir son passeport. Alors doit-elle se soumettre à cette obligation pour faciliter son voyage au hadj avec tous les avantages ou elle doit refuser donc se priver d'un passeport et ne pas aller au pèlerinage ? Ça me rappelle l'histoire de certains compagnons du prophète (PSSL) à son époque. Certains étaient contraints par la torture de renoncer à l'islam jusqu'à réciter les noms des idoles. Certains ont refusé comme Bilal malgré la torture et tandis que d'autres ont renoncé par leur bouche l'islam en respectant de dire ce qu'on leur demandait mais ils ne croyaient pas dans leur foi. Donc on peut respecter une loi sans la croire» 

 

Tchad L’espoir Renait y voit d’autres valeurs plus importantes : «Avant la loi, il y a la foi. La foi dicte même la morale et la loi. La loi n'est qu'une formalisation de la conception sociale qui est fortement ancrée dans les croyances. Vouloir construire la loi sur une espèce de configuration politique et penser que le peuple s'y soumettra, C'est ignorer l'histoire. C'est vouloir inconsciemment tester les limites de son propre pouvoir. Or le pouvoir a ses limites, en dehors du pouvoir du Très Haut. »

 

Mahamat Ahmat donne une brève explication de la notion de désobéissance : «La désobéissance est un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. La désobéissance civile peut être considérée comme une garantie non juridictionnelle des libertés publiques, garantie exercée par les gouvernés eux-mêmes. Elle n'est pas explicitement reconnue juridiquement dans la hiérarchie des normes»

 Kampard Ali Djadda préfère employer un autre terme plus adapté : «Il n'est pas question ici de désobéissance mais d'opposition à des dispositions contraires à nos pratiques religieuses et à notre volonté, en tant que Tchadiens, de vivre ensemble dans l'unité et le respect mutuel. Si une partie de la communauté nationale s'oppose à une disposition contraire à sa pratique quel l'intérêt est de vouloir à tout prix la maintenir alors qu’elle n’est pas indispensable. Aussi de l’autre côté ni ALLAH ni Le Prophète SAW ne recommande aux Musulmans de jurer à tout bout de chemin. (AWRA). Donc pour te dire l'opposition au serment confessionnel est générale. Et tu ne peux pas dénier aux autres de s'opposer jusqu'à l'adoption d'une formule de serment consensuel sans pour autant désobéir aux textes en vigueur »

Kébir Mahamat Abdoulaye tente de démontrer le contraire : «Cher frère Kampard Ali Djadda, je ne pense pas et c’est exact d'affirmer qu'une "partie de la communauté nationale" s'oppose à une disposition constitutionnelle. Il existe des chrétiens qui ont prêté serment suivant la formule de serment confessionnel et d’autres non, aussi il existe des musulmans qui ne sont pas favorables au serment confessionnel. Enfin je veux te poser une question assez simple. Le serment confessionnel est-il le seul acte (disposition constitutionnelle, loi organique, loi ordinaire, ordonnance, décret....) de l'Etat qui n'est pas en conformité avec la foi chrétienne ou musulmane ? Si la réponse est non, pourquoi la question de serment confessionnel soulève-t-elle de polémiques et de l’opposition ?

Félix Djimasrabeye accuse directement Kébir de narguer les chrétiens : «Décidément, Kébir a un sérieux problème avec la foi chrétienne. Mais la solution viendra un jour. On peut être lésé durant un temps mais un autre temps arrivera où cette chaine se brisera soit dans la division, soit dans l'union mais peu importe les conséquences. En attendant, régale-toi, réjouis-toi, et continue de te moquer de ceux qui se sentent briser dans leur foi par votre politique d'exclusion »

Abakar Ali Abakar Abbana tente de prendre sa défense tout en reconnaissant le malaise lié à l’instauration du serment confessionnel : «Bonjour compatriote, je crois que monsieur Kébir ne se moque pas comme vous prétendez, il cherche une alternative pour un arrangement pacifique entre nous, du fait, il est souhaitable que les tenants du pouvoir réfléchissent davantage sur cette question de prestation de serment dans son ensemble, c'est une irrégularité complète, on ne comprend rien»

Kébir Mahamat Abdoulaye se plaint d’être victime de préjugés : «Cher frère Abakar Ali Abakar Abbana, si tous les tchadiens du fait qu'ils soutiennent et respectent le serment confessionnel se moquent de la foi chrétienne, c'est d'abord une perception complètement infondée, mais cela constitue de graves préjugés et encourage une campagne de manipulation inavouée»

Félix Djimasrabeye semble en désaccord total avec le texte mis en discussion par Kébir : «"la loi...ne sont pas en conformité avec votre foi religieuse ou autre ?" Cette phrase est suffisante pour comprendre l'orientation du texte. Depuis l'adoption de la nouvelle constitution, il n’y a que les chrétiens dans leur majorité qui ne sont pas d'accord avec le serment confessionnel»

Kébir Mahamat Abdoulaye se lance dans un exercice d’explications afin de convaincre son interlocuteur : « Cher Félix Djimasrabeye, j'ai bien écrit : votre foi religieuse ou autre. Je ne vise pas une foi particulière (musulmane, chrétienne, juive). Ensuite quand je dis "autre", veut dire d’autres convictions qu’elle soit païenne philosophique. Une autre remarque, il existe des musulmans qui sont contre le serment confessionnel et ce ne sont pas tous les chrétiens qui sont contre le serment confessionnel. Beaucoup de ministres et des cadres ont fait le serment confessionnel et d’autres encore à venir. S'il faut essayer de ramener un débat musulman et chrétien sur cette question, vous multipliez des manipulations et de préjugés préjudiciables comme vous avez laissé penser dans votre premier commentaire. La publication à un caractère impersonnel même si tu veux l’orienter. Personnellement, j'ai soulevé beaucoup de remarques par des publications sur mon compte Facebook, de débats télés, radios... jusqu'à m'opposer à certaines dispositions dans cette nouvelle constitution avant son vote et sa promulgation que je n'ai été ni un des législateurs, ni un des votants et n’avoir signé sa promulgation. Mais aujourd'hui, je suis tenu à la respecter en ma qualité de citoyen, républicain même si certaines dispositions sont incompatibles avec ma foi. Par ailleurs, si tu as un projet de division, fédération, éclatement du pays, cela n'engage que toi et je serai ravi de lire tes réflexions et de discuter avec toi sur ces idées Enfin, je répète à toi ou autre que je respecte tout Tchadien indépendamment de son sexe, sa région, couleur, famille, son origine ethnique, confessionnelle...et aucune moquerie, insulte...de ma part en fonction des choses que j'ai citées. Jurer au nom de Dieu pour servir l'Etat et le peuple ne peut porter aucune atteinte à la morale, religion, une race, une couleur... »

Kampard Ali Djadda reproche à Kébir de manquer de profondeur : «Ce que tu n'as pas encore compris, c'est que les conditions et le contexte ne s’y prêtent pas Dans un pays où celui qui reçoit le serment et celui devant qui on prête serment n'ont pas prêté et ne prêtent pas serment dans les mêmes conditions et la même formule, comment veux-tu que les hauts fonctionnaires qui reçoivent des instructions puissent respecter leur serment sans souci. C'est ça le point que tu n'arrives pas à saisir ou soit tu as fait semblant pour le débat »

Kébir Mahamat Abdoulaye se demande ce qu’il conviendrait de faire du moment où la loi est rendue opérationnelle : «Je comprends que cette question soulève de débat au sein de la société et les tchadiens soient partagés sur la question. Cependant comme la constitution a été votée et promulguée et une ordonnance dans ce sens a été signée alors que faire ? »

Mahamat Ahamat rappelle les garanties juridiques en matière de la liberté d’expression  : «Il s’agit à présent de mettre l’éducation religieuse en relation avec la Constitution. La Constitution est la norme du rang le plus élevé, qui règle l’ordre fondamental de l’État et qui selon l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 assure la garantie des droits et détermine la séparation des pouvoirs. Dans l’article 10 de cette Déclaration, la liberté religieuse est garantie en tant que liberté de conscience et dans le cadre de l’ordre public en tant que liberté de manifestation. La plupart des constitutions modernes contiennent une garantie expresse de la liberté religieuse individuelle et collective. Chaque personne a le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit comprend la liberté de changer sa religion ou ses opinions philosophiques et religieuses et la liberté de professer sa religion ou ses opinions individuellement ou bien en groupe, publiquement ou en privé, par le culte, l’enseignement, la pratique de coutumes et de rites ». N'oublions pas, les lois internationales sont au dessus des constitutions locales»

Thierno Madjiam tente de donner des arguments convaincants : «Mon grand frère même s'il y a d'autres points à référer, celui qui touche à ta foi doit être prioritaire. Un exemple mon grand, il est strictement interdit chez les chrétiens de se faire une image taillée et dire que c'est Dieu et s’agenouiller devant pour adorer ou prier. C’est la même chose en islam pour le prophète Mohamet, mais si en quelques points au nom de la liberté ou d'État, on adopte quelque part dans la constitution une loi qui autorise à qui veut dessiner la caricature de Jésus ou Mahomet parce qu'on est appelé à respecter la loi donc l'État ! Et qu'il y ait des dispositions sanctionnant ceux qui s’opposeraient à cette loi au nom de la religion, dites-moi, vous en tant que religieux, comment allez-vous vous sentir ? »

Kébir Mahamat Abdoulaye tente de rétablir la réalité des faites: «Cher frère Thierno Madjiam, tu soulèves des questions importantes. Contrairement dans certains pays où les effigies des leaders sont affichées partout dans les places publiques jusqu'à les adorer par le peuple comme en Corée du Nord, Chine au Tchad ce phénomène n'avait pas existé. Pour les caricatures des prophètes, il n’existe pas une constitution dans le monde qui autorise même si certains ont fait au nom de la liberté d'expression»

Thierno Madjiam bat en brèche certaines affirmations infondées : «Des effigies sont élevés et adorés oui mais est-ce une obligation pour ceux qui sont par exemple chrétiens ou musulmans d'aller se prosterner devant ces statuts de leaders avant d'être reconnus comme citoyens? Si c'est le cas n'est-ce pas là une dictature? Pareil chez nous. Je ne trouve aussi nulle part ailleurs où la constitution oblige les fonctionnaires de l'Etat quant à vouloir occuper un poste important dans l'administration à vernir prêter serment contre son gré et à l'encontre de sa foi»

Gong-non Moundou Schelzabé accuse le pouvoir de jouer sur des éléments portant atteintes à l’unité des citoyens : «On peut contraindre un homme contre sa conviction à accepter une opinion. A cet instant, on en fait un vassal, un ennemi et non un collaborateur. Il finit toujours par se faire et par conserver sa propre opinion. Pour le cas du Tchad, c'est contre productif. Trouver, inventer les moyens de nous diviser, ça on en est capable et le plus ignorant de nous devient subitement un illuminé avec des idées que les pourfendeurs et les fossoyeurs de notre bonheur trouvent lumineuses, les adoptent et les appliquent sans discernement. Mais construire une société où il fait bon vivre parce qu'on a réussi par une combinaison habile et une sagesse mesurée à dépasser nos clivages pour créer une seule communauté nationale, là on n'en est pas capable, simplement parcequ'on a peur de perdre le contrôle des hommes qu'on veut soumettre et qu'on veut rendre corvéables à merci. C'est un mal qui finira un jour par emporter ces esprits obtus qui n'ont d'intelligence que celle du nombrilisme... »

Abgoudja Idriss Adoum n’apprécie pas la constitution actuelle : « C'est une constitution taillée sur mesure pour le pouvoir en place. Les dirigeants se sont enfermés dans de débats institutionnels et les vrais problèmes qui minent le bas peuple sont là! Si les gens ne s'intéressent ni à la constitution ni au respect des lois, et des textes c'est parce qu'ils ne leur serviront à rien. Ils veulent manger, boire s'éduquer se soigner, voilà les besoins essentiels qui leur manquent ! C'est quand on mange à sa fin et l’on part a l'école de là où on transmet les valeurs républicaines qu'on apprend à respecter la constitution, les lois»

Mahamat Ahmat apporte des éclaircissements utiles via des références bibliques : «J'ai juste besoin des éclaircissement et non une intention de soulever quelque chose. Etude des paroles en nous concentrant cette fois-ci sur le passage de Matthieu 5 : 33-37. Il s’agit d’un passage qui traite de l’épineuse question du serment. Le chrétien peut-il jurer? A-t-il la liberté de faire des déclarations sous serment? Voici ce que nous lisons.Matthieu 5 : 33. Vous avez encore entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne parjureras pas mais tu acquitteras envers le seigneur de tes serments. Verset 34, mais moi, je vous dis de ne pas jurer ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu, verset 35 ni par la terre, parce que c’est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Verset 36, ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Verset 37, que votre parole soit oui, oui; non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin. Ne pas jurer ?Lorsque nous lisons ce passage, nous avons l'impression qu'il est permis de jurer. Exode 22 : 9. Lorsqu’un homme donnera à garder à son prochain un âne, un bœuf, un agneau ou une bête quelconque qui meure, se casse un membre ou soit enlevé, sans que personne l’ait vu,10 alors le serment (au nom) de l’Éternel interviendra entre les deux parties, qu’il n’a pas porté sur le bien de son prochain..Donc cette loi exigeait de l’accusé, dans le but de prouver son innocence, que celui-ci devait prêter serment au nom de Dieu»

Mahamat Ahamat Bahr Haggar met en cause tous les Tchadiens jurant de façon abusive : «Sans nous rendre compte, on prête quotidiennement serment; que vaut alors le "Wal Allahi" des musulmans et le "au nom de Dieu" des chrétiens. Le serment en lui-même n'a que des avantages car il permet particulièrement d'instaurer la confiance au sein d'une société où ses membres peuvent être confrontés à la fourberie. Si chez les musulmans la pratique du serment est sans équivoque, la divergence chez les chrétiens peut s'expliquer par les schismes intervenus dans cette religion et les importantes décisions, dont la divinisation de Jésus et la trinité, prises depuis le premier concile œcuménique, dit de Nicée  de 325 soit environ trois siècles après la mort de Jésus. Il est donc normal que certains chrétiens acceptent le serment et d'autres le rejettent et ceci  au gré des péripéties intervenues dans leur religion »

Mahamat Nour Adam Brahim referme le débat en faisant un rappel de droit : «Les constitutionnalistes se sont inspirés de la loi et principes religieux et des traditions sociales et sociétales afin de parvenir à l'élaboration de la constitution comme règle fondamentale pour l'organisation et le fonctionnement d'une société ou entité politique. La religion et la constitution, toutes les deux préconisent la morale, le respect d'autrui, le vivre ensemble, la justice et condamnent toutes les vices de la société. Ce qu'il faut savoir : certaines règles de la religion et de la constitution sont relatives et peuvent être appliquées selon les contextes. Les savants musulmans disaient que «l'amour de la patrie est une foi ». Mais si une loi par exemple demandait la désobéissance en Dieu, à l'abandon de la prière ou démantèlement des lieux des cultes, je crois dans ce cas la constitution ne serait en aucun cas une règle chérissant la paix et la bonne conduite de la société. Et ce qui est impossible à mon égard. On peut quand-même enfreindre certaines lois pour la priorité nationale, pour la sécurité des personnes et de leurs biens »

Choix et commentaire de Moussa T. Yowanga

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