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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

La justice de l’Homme prévaut-elle sur la justice de Dieu ? Question difficile ! Mais, l’œil de Fabien y décide tout de même de vous introduire (immiscer) dans cet univers avec des éléments de réponses bien réfléchies et puisées ou tirées du numéro 194 publié en juillet-août 2018 de ce très connu magazine français « Sciences & Avenir ».En effet, au moyen âge, la justice est imprégnée de religion. A côté des magistrats laïcs, les tribunaux ecclésiastiques appliquent leur propre droit. Il faudra attendre la Révolution pour que l’Eglise soit définitivement écartée du prétoire, au terme de conflits parfois ubuesques (totalement absurde. Un mot dérivé du personnage Ubu créé par Alfred Jarry).L’empire grec ou romain avait déjà un système de justice leur permettant de juger les délits. Cependant, il est aussi à noter que  dans la culture juive, avec la vénération du Dieu unique, avait aussi un « livre sacré » (Torah) qui constituait une sorte de code pénal pour juger toute transgression. Mais avec l’arrivé de l’empereur Constantin le grand au IVe siècle, celui-ci va concilier l’état et la religion. C’est à ce moment de règne que la « Loi de Dieu » va régir les hommes, mais à quel comment celle-ci a pu laisser place à la loi des hommes ?

Le magazine aborde cette question de la loi de Dieu régissant les hommes par une illustration de condamnation exercé par l’autorité religieuse sur un individu, et nous lisons à ce propos le témoignage suivant : « L’an de grâce 1301, lendemain de Pâques [une femme] fut mise à l’échelle pour ce qu’elle était maquerelle et jurait vilainement. « Mise à l’échelle », c’est-à-dire attachée à un poteau pour être exposée aux insultes du public. Cette condamnation, très infamante à l’époque, figure dans les archives de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève de Paris. Un exemple parmi d’autres tiré de ces temps médiévaux où l’Eglise avait tout loisir et toute indépendance pour punir  au même titre que les instances laïques, les forfaits qu’elle considérait comme attentatoires à son autorité, tels le blasphème, l’hérésie ou le suicide. Imposant sa foi et sa loi. Juridiction civile ou religieuse… la question ne s’est pas toujours posée. Dans l’Antiquité, ces deux mondes se confondaient : la justice monde, incarnée par les déesses Thémis chez les Romains, était pensée comme une puissance divine. « Les hommes tentaient en quelque de s’inspirer d’un ordre supérieur », explique Pierre Prétou, maître de conférences en histoire médiévale à l’université de la Rochelle. Les actes de la vie étant dans leur totalité reliés aux dieux, les premiers jurisconsultes, ou juristes, de la République de Rome étaient tous des pontifes, membres du collège sacerdotal chargés de veiller au suivi des pratiques religieuses. Dans les cas difficiles, ils consultaient les augures pour interpréter les lois. « Puis, avec l’essor de l’Empire, les Romains auront besoin d’une organisation, de codes, de fonctionnaires, poursuit l’historien, ils développeront une justice civile forte. »

Nous découvrons aussi que l’Eglise juge toutes les affaires de la vie quotidiennes des hommes comme l’adultère et l’inceste par exemple : « Ce n’est qu’au moyen âge chrétien que naît la distinction entre le sacré et le profane, portée notamment par les écrits de Saint Augustin (354-430), qui différencie cité céleste et cité terrestre. « Dans la première règne une justice parfaite, poursuit Pierre Prétou. A l’inverse, ce qui est terrestre est nécessairement abîmé ou corrompu. Pessimiste, Augustin est convaincu qu’un gouvernement ne peut prétendre juger ou légiférer à l’image de ce qui doit se faire dans la cité céleste». La justice charpentée que va développer l’élite chrétienne médiévale à partir du IXe siècle ne part pas de zéro. Mais le chemin sera long. Car la chute de l’Empire a entraîné l’effacement du droit romain. Entre le Ve et les VIIIe siècles, les litiges se règlent selon la loi des vainqueurs Vandales, Wisigoths, Alamans, etc, dont la diversité culturelle empêche toute unité judiciaire, chacun possédant sa coutume, son système juridique. Ainsi la lexBurgundionum ou loi Gombette, promulguée au VIe siècle, qui fixe les usages à respecter par les Burgondes. Elle s’inspire néanmoins d’éléments du droit romain. « Le droit écrit de la Rome antique s’y mélange au droit germanique fondé sur la parole, résume Pierre Prét ou, composant une synthèse bizarre. » Sous les Carolingiens (VIIIe -Xe siècle), les institutions de l’Eglise se renforcent. Elles vont survivre à la dislocation de l’empire de Charlemagne en 843. La justice est ecclésiastique se développe grâce aux clercs, terme désignant à l’époque les hommes instruits, fonctionnaires de l’Eglise comme étudiants, reconnaissables à leur tonsure. « Progressivement, elle se met à juger les affaires qui la concernent comme l’adultère, l’inceste, le non-paiement de la dîme… ». La fin du VIIe siècle voit les évêques mettre en place des cours de justice, les officialités. Les ecclésiastiques bénéficient alors de privilèges, dont celui d’exemption : ils ne peuvent être jugés que par des tribunaux de l’Eglise. « Celle-ci disposait de deux types de justice, précise Claude Gauvard, professeur émérite à l’université Paris Panthéon-Sorbonne.La première, religieuse, traitée par l’officialité. La seconde, laïque, qui pouvait être détenue par un ecclésiastique, abbé, évêque, prieur, en tant que détenteur d’une seigneurie. » Car avec l’affaiblissement de la royauté au IXe siècle, les seigneurs règnent en maîtres sur leur domaine. L’officialité ne pouvait pas condamner à mort. « Mais l’Eglise infligeait parfois la prison perpétuelle, ce qui revient au même compte tenu des conditions de détention qui étaient terribles », précise Claude Gauvard ».

Fabien Essibeye Fangbo,journaliste stagiaire

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