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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Une Commission tunisienne a proposé mercredi une série de réformes importantes voire inédites dans le monde arabe, en matière sociétale, a publié le site RTBF citant l’AFP, qui énumère entre autres l’égalité dans l’héritage, la dépénalisation de l’homosexualité parmi les propositions devant faire l’objet des débats de fond au sein de la société actuellement très divisée. Cette « Commission des libertés individuelles et de l’égalité » (Colibe) a été créée en août 2017 par le président Béji Essebsi. Ce dernier a mandaté un panel d’experts afin de proposer des réformes pour mettre l’arsenal juridique en conformité avec la loi suprême de 2014 sur des sujets précis. C’est le 8 juin que la Colibe a remis son rapport au président Essebsi, après avoir consacré un temps de consultations des Tunisiens de tous bords. Le rapport de la Commission comporte 230 pages de propositions modifiant notamment des principes même inspirés du Coran.

Saluées par les défenseurs des droits de l’Homme, ces propositions ont été qualifiées plutôt de « terrorisme intellectuel » par une fédération d’associations  religieuses, tandis que des observateurs ont dit exprimer des craintes allant dans le sens de l’instrumentalisation de celles-ci dans un contexte économique et politique très tendu. Selon la présidente de la Colibe, Bochra Belhadj Hmida, ces réformes visent à apporter « un bien-être à chaque individu », en estimant que «la liberté est aussi importante que le pain ».  «C’est un projet révolutionnaire qui appartient maintenant à tous les Tunisiens », a rajouté madame Belhadj Hmid ce mercredi lors d’une conférence de presse, invitant à un débat incluant les professionnels tels que les sociologues, politologues, théologiens et les psychologues. «J’espère que le 13 août (journée de la Femme tunisienne, NDLR), on ait une annonce » sur une initiative, a précisé l’avocate et militante des droits de l’Homme sans donner d’autres détails. Le Colibe n’a formulé aucun calendrier estimant avoir achevé sa mission et a indiqué s’en remettre au président pour la suite à donner au rapport. La porte-parole de la présidence de la République Saïda Garrach a invité ses compatriotes à un «débat calme, non-chaotique et sans colère ».

Les auteurs n’ont pas perdu de vue les sujets ardus pour lesquels ils ont envisagé plusieurs alternatives, en particulier sur les questions relatives à l’égalité dans l’héritage marquant une ligne rouge dans de nombreux pays musulmans. Le projet penche néanmoins pour loi instituant une égalité de principe entre frères et sœurs, fils et filles, père et mère et époux et épouse, laissant la possibilité pour celui qui le souhaite de répartir son patrimoine autrement. S’appuyant sur le C  oran, la législation actuelle stipule que les femmes n’héritent que de la moitié de ce qui revient aux hommes, avec la possibilité de dérogations. Le projet propose également de supprimer graduellement une autre disposition sensible, jamais mise en débat dans la sphère politique : le délai de viduité, imposé aux femmes divorcées ou veuves avant de se remarier. La Commission a opté pour l’abolition toute de la peine de mort, ou à défaut sa limitation aux seuls crimes ayant abouti à un décès. Elle propose également la dépénalisation de l’homosexualité, et le bannissement du test anal souvent lorsque des personnes présumées homosexuels sont arrêtées.

Une trentaine d’ONG, dont la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ou l’Association tunisienne des femmes démocrates, ont interpellé le président à « faire droit aux espérances suscitées » par la Commission en « donnant suite à ses recommandations ». En revanche une coordination d’associations religieuse s’est opposée. Sabri Abdelghani, imam et membre de cette coordination s’est insurgé contre ces propositions qui constituent pour lui, «un terrorisme intellectuel qui veut faire éradiquer l’identité tunisienne pour laisser notre peuple sans religion, sans identité ». Il a déclaré à l’AFP : «Il ya des versets du Coran comme ceux relatifs à l’héritage et au délai de viduité qui ne peuvent être sujet d’interprétation ». Iqbal Gharbi, islamologue et membre de la Commission lui réplique en indiquant que l’approche de la Colibe « n’est pas contraire à l’essence de l’islam ». «Personne n’a le monopole de l’interprétation du Coran, nous avons opté pour une lecture progressiste », a-t-il enchéri. Pour le politologue Hamza Meddeb, « ces propositions aussi bonnes et aussi progressistes soient-elles risquent d’être instrumentalisées par les conservateurs pour mobiliser leurs camps » dans la campagne des élections législatives et présidentielles de 2019. «En face, nous allons assister à une surenchère de l’anti-islamisme et du progressisme », craint-il.

La Rédaction

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