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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’avènement de la 4e République synonyme de renouveau, accueilli avec beaucoup d’enthousiasme plein d’espoir par les thuriféraires du régime et leurs laquais entame sa longue marche vers l’inconnu dans la perpétuation des anciennes pratiques héritées de la défunte 3e République. Sinon comment comprendre pratiquement un peu plus d’un mois d’existence, la nouvelle République offre pitoyablement aux Tchadiens les prémices d’un tableau tout aussi sombre qu’orageux au regard du climat explosif et des actes posés par celui qui concentre dorénavant tous les pouvoirs. Tous les indicateurs sont au rouge. En réalité, le changement tant annoncé et proclamé à longueur de journée en théorie se butte à la terrible épreuve de la pratique.Et comme toujours, chasser le naturel, il revient au galop. Les actes posés par le géniteur de la 4e République, ses représentants civils et militaires dans les régions montrent à quel point que le slogan «Il faut tout changer pour que rien ne change» prend tout son sens. La fameuse cérémonie de prestation de serment des membres du nouveau gouvernement, le 10 mai dernier au palais présidentiel où le chef de l’Etat a nommé oralement séance tenante un ministre pour remplacer Mme Rosine Baïwong Djibergui Amane Rosine ayant refusé de jurer sur la Bible, a été révélateur à tout point de vue sur le mépris du président Idriss Deby pour les institutions républicaines comme la Cour suprême.

 

Pire la laïcité a pris un sacré coup et l’on se demande à quoi a servi véritablement la rencontre consultative du chef de l’Etat avec les trois leaders religieux (musulman, catholique et protestant) mais quid des autres Tchadiens qui ne se reconnaissent dans aucune de ces religions. Comment peut-on objectivement comprendre dans un pays où il est affirmé la séparation des religions et de l’Etat, le président Idriss Deby attise insidieusement le sectarisme religieux, contraire aux principes laïcs et du vivre ensemble dans l’harmonie et le respect des différences ? Elu de la Nation, le chef de l’Etat est appelé à incarné  l’unité nationale mais il pose constamment des actes de nature à semer des zizanies entre Tchadiens : nominations intempestives et irréfléchis à des postes de responsabilité comme au ministère des Finances, où les fonctionnaires sont majoritairement promus sur la base des considérations d’ordre familial, régional, religieux ou politique; création ex-nihilo des chefferies traditionnelles, très souvent avec la seule motivation de placer des inconditionnels taillables et corvéables à merci; instrumentalisation de conflits agriculteurs et éleveurs par les autorités administratives déconcentrées; impunité totale accordée aux pontes du régime et leurs proches etc.

 

Le premier gouvernement de la nouvelle ère peine désespérément à rompre avec les anciennes pratiques et redonner confiance au peuple Tchadien. La trêve sociale n’a été que de courte durée car les fonctionnaires ont entamé le lundi 10 mai, une autre grève sèche et illimitée jusqu’à la satisfaction de leurs revendications telles que stipulées dans l’accord signé en mars dernier, à savoir le paiement des salaires aux grévistes déjà réalisé, un moratoire de trois mois sur les crédits consentis par les banques, le maintien de l’abattement des salaires jusqu’en avril 2018, le remboursement de la différence des salaires amputés, mais également le paiement du salaire intégral à partir de mai 2018. Les engagements tenus partiellement par le gouvernement ont poussé les syndicats à déclencher la grève qui pourrait compliquer sérieusement la reprise économique. L’agression d’un avocat le 22 mai à Doba par les forces de l’ordre illustre parfaitement la manière forte utilisée par les autorités administratives pour semer la terreur et asseoir leur domination sur les autres citoyens en violation des règles élémentaires régissant la vie en société. La récente révocation du chef de canton Dadjo1 dans le Guéra et la nomination d’un chef de canton d’Amdjaména Bilala contribuent à nourrir les antagonismes et attiser les rancœurs.

Moussa T. Yowanga

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