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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

La Foi en Dieu est-elle compatible avec les sciences archéologiques ? A-t-elle sa place dans les sciences archéologiques ? Voici un sujet assez délicat qu’un jeune tchadien en formation d’études archéologiques à l’université de Jean Jaurès à Toulouse tente de démystifier. Cet étudiant né au Tchad a eu le privilège de participer au nord de son pays et en France à plusieurs fouilles archéologiques. Spécialisé dans les sciences préhistoriques, il travaille sur l’aspect culturel de l’histoire de l’homme ancien, à savoir, les objets, les outils (biface, hachero)… Les sciences archéologiques recherchent des preuves (ou traces) de vécu de l’homme pour démontrer son existence sur une plage de calendrier donné. Or la foi consiste à croire sans démonstration préalable. Est-ce possible de concilier ces deux univers ? C’est à cette question que le chercheur en herbe va tenter d’y répondre.

Fabien Essibeye Fangbo: Bonjour, pourriez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Abakar Abanga : Bonjour, je suis Abakar Abanga, étudiant en archéologie à l’université Jean Jaurès de Toulouse.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous orienter vers cette discipline ?

L’archéologie, je l’ai aimée le premier jour où j’avais fait mon entrée à l’université (université Adam Barka d’Abéché Tchad) où le chef de département nous a présenté la maquette du cursus. Au fait, c’est pendant mes trois premières années de Licence en histoire que  j’avais découvert qu’il y’avait  4 branches, divisées en modules selon les différentes périodes de l’histoire, c’est-à-dire la préhistoire, l’antiquité, l’histoire médiévale et l’histoire contemporaine. Mon désir était de connaitre l’histoire très ancienne à savoir la préhistoire d’où mon orientation en archéologie préhistorique à partir de la maîtrise.

Croyez-vous en Dieu ?

La question de la croyance en Dieu, pour moi c’est du pléonasme, parce qu’il n’y a aucun homme sur cette terre qui ne croit pas en Dieu. Alors c’est pour dire que je crois en Dieu.

S’appuyant sur vos précédentes réponses, n’y a-t-il pas d’interférence ou influence entre votre foi et votre formation ?

Interférence ? Non, je n’en vois pas, parce que je ne me suis pas encore retrouvé face à une situation qui me fait douter de ma foi, ou qui pourrait négativement avoir de l’influence sur  ma croyance.

Vos confrères chercheurs paléontologues  affirment que l’homme est une suite d’évolution d’espèces selon la théorie de Darwin. Et vous, Qu’en pensez-vous ?

Je ne m’en doutais pas de cette question. Vous savez que la science c’est une discipline où les expérimentations et démonstrations ont toute leur importance. Les paléontologues ont démontrés comment l’espèce humaine a évolué. Dans  l’histoire, la question de l’humanité oppose deux théories, à savoir l’évolutionnisme dont vous avez évoqué dans votre question et le créationnisme. Les évolutionnistes ont démontré selon leur théorie que les espèces évoluent selon la transformation de leur environnement. Donc les espèces qui peuvent supporter l’environnement vivent sinon ils se transforment ou disparaissent. Et c’est dans cette évolution que le genre homo est apparu. Mais la théorie créationniste est une théorie de la foi. Il n’y a pas de démonstration mais une affirmation. : L’homme est créé et il continue la perpétuation de son espèce par la procréation. Mais selon ma formation, c’est plutôt la culture de l’homme (qu’il soit créé ou le fruit d’une évolution) qui m’intéresse : comment l’homme vit dans son environnement ou milieu ? De quoi se sert-il comme outils? Comment il les (outils) a fabriqués ? Et quelle est sa croyance (au travers l’inhumation des morts)… ?

D’après les récentes fouilles archéologiques, les chercheurs prétendent qu’il n’y a point eu de traces de l’existence d’un ou plusieurs personnages bibliques comme Abraham, Noé ou d’autres. Croyez-vous à ces affirmations ?

Vous savez que l’archéologie comme discipline est encore jeune  par rapport aux autres sciences. Les recherches continuent et continueront toujours, donc ce manque de traces supposé de ces hommes que vous avez évoqué ne signifie pas leur inexistence historique (car l’absence de la preuve ne signifie pas son inexistence dit-on). Ces manques de preuves constituent de nouveaux défis pour les chercheurs. Récemment les fouilles archéologiques ont mis au jour des fragments de textes, qui probablement seraient des textes de l’ancien testament relatant l’histoire de Néhémie (Lire Néhémie chapitre2), demandant une autorisation au roi pour revenir reconstruire la muraille de Jérusalem. Ces découvertes sont une preuve archéologique de la véracité de l’histoire de Néhémie. Pour moi, dire que certains personnages de la bible tels que référés plus haut n’existent pas, est une vraie problématique de recherche. On ne saurait parler de quelque chose qui n’existe pas.

Dans l’exercice de votre métier, n’êtes-vous pas confronté à votre foi, car vous soutenez que l’homme est créé plutôt qu’a évolué, or les archéologues prétendent que le premier homme sur terre s’appelle «Toumai » tandis que la bible parle d’Adam et Eve. Quelle est votre position par rapport à ces deux thèses diamétralement opposées ?

Pour moi je fais la part des choses, et j’essaie de me mettre au carrefour, car l’archéologie aussi est au croisement des sciences (elle est pluridisciplinaire). S’il faut enseigner, j’enseigne cette «vérité conventionnelle», mais au fond de moi je crois à ce que ma foi m’enseigne et me dicte. Cette théorie évolutionniste a à sa base le créationnisme, car pour chercher l’origine de ce qui a évolué, on va buter sur une source qui marque le déclic et c’est le Créateur.

Finalement diriez-vous que votre foi est-elle plus importante que votre métier  d’archéologue?

Oui c’est vrai, parce que la question de la foi traite de l’au-delà dont je ne connais pas. Toutefois la science que je pratique (archéologie) actuellement est une démonstration de théories. Vu que la science évolue, une démonstration peut annuler une autre, donc il se peut que cette vérité que nous détenons aujourd’hui soit renversée par une autre. Or la foi que j’ai, reste pour moi une conviction pour la vie. 

Propos recueillis par Fabien Essibeye Fangbo, journaliste stagiaire 

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