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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans sa publication datée du 29 mai, le site canadien Journal de Montréal citant l’AFP, rapporte qu’une dizaine de personnes, dont deux adolescents, ont été froidement décapitées aux confins nord-est du Mozambique lors d’une meurtrière attaque attribuée aux islamistes qui défient depuis quelques mois les autorités du pays. Ce sont deux petits villages de la province du Cabo Delgado, frontière avec la Tanzanie, qui ont été visés dimanche par cette attaque aux premières heures du jour, selon la police mozambicaine.«Dix personnes ont été tuées dans des conditions ignobles.Les assaillants ont utilisé des armes blanches, des machettes », a expliqué un porte-parole de la police, Inacio Dina, au cours d’un point de presse à Maputo. On dénombre parmi les dix victimes, deux jeunes adolescents âgés de 15 et 16 ans, a déploré monsieur Dina. «Personne n’a encore été arrêté en relation avec cette attaque», a poursuivi le porte-parole, «mais la police  est sur les lieux pour retrouver ses auteurs et les présenter à la justice». Il ressort de plusieurs sources locales interrogées sous couvert de l’anonymat par l’AFP, que ces attaques sont l’œuvre d’un groupe islamiste radical connu sous le nom de «al-shabab», entendez, «les jeunes » en arabes, ayant émergé il y a plusieurs mois. Un commissariat de police et une caserne dans la ville de Mocimboa da Praia, ont déjà été visités dans la nuit du 5 octobre dernier par quelques dizaines de ses groupes armés criminels.

Le contrôle effectif de la ville par la police n’a intervenu qu’au bout de deux jours d’intenses combats, au cours desquels ont péri deux policiers, un chef local et 14 assaillants. Pourtant, les autorités locales et le gouvernement n’ont sans cesse de rassurer depuis des mois la population que l’ordre a été rétabli. Mais, la région est régulièrement confrontée aux violences attribuées aux membres de ce groupe armé, qui trouvent refuge dans la forêt, proche des énormes champs gaziers récemment découverts au large des côtes mozambicaines. Le porte-parole de la police a confirmé que l’opération menée dimanche porte bien la signature de ce même groupe, sans donner plus de précisions. Elle «visait le chef du village parce qu’il avait fourni des informations à la police sur l’endroit où le groupe était caché», a confié à l’AFP, une source locale.«Ces attaquent constituent un signe inquiétant de détérioration de la situation»,a commenté à l’AFP, le spécialiste Eric Morier-Genoud, de l’université de Belfast. Et d’ajouter : «Leur rythme semble s’intensifier et les méthodes semblent se radicaliser».

A noter que plus de 300 personnes soupçonnées de mèche avec ce groupe ont été inculpées depuis octobre. Selon la procureure générale du pays, Beatriz Buchili, 133 d’entre elles étaient actuellement incarcérées dans l’attente d’un procès. «La répression du gouvernement a été lourde, et a provoqué plus de doléances » de la population, a indiqué à l’AFP, l’analyste Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House. «Certains hauts responsables mozambicains admettent en privé (…) que les inégalités, la pauvreté et le jeu de la politique locale sont largement à l’origine de la situation». La communauté musulmane représente officiellement 17% de la population nationale, pas loin du double affirment au contraire les responsables de la religion musulmane au Mozambique. L’émergence du groupe islamiste radical «al-shabab », dans la région de Cabo Delgado remonte à 2014, selon de nombreux témoignages recueillis sur place par l’AFP.

Comme le groupe islamiste Boko Haram au Nigéria, le groupe radical al-shabab est accusé d’avoir procédé depuis octobre à de nombreux rapts, en majorité des femmes. Les autorités mozambicaines évitent soigneusement de confirmer cette vague de kidnappings dans le pays. En revanche, elles accusent le groupe de chercher à «renverser l’ordre établi » mais répugnent à les qualifier d’«islamistes » et assurent qu’ils n’ont aucun lien avec les shabab, éponymes qui sèment la terreur en Somalie à grands coup d’attentats. Une étude publiée la semaine dernière par l’universitaire mozambicain Joao Pereira révèle qu’une quarantaine de membres de ce groupe avaient été « entraînes par des mouvements qui opèrent dans la région des Grands Lacs d’abord, ensuite en Somalie et au Kenya ». Ces violences se propagent dans une partie du Mozambique largement abandonnée par le boom économique des années 2000, qui a suivi la guerre civile meurtrière de 1976 à 1992. Malgré les récentes découvertes d’énormes gisements de gaz, la population de cette région redoute de ne percevoir que des miettes de ces royalties.Le gouvernement de Maputo entend redresser la situation économique grâce aux retombées de l’exploitation de ces immenses ressources gazières.

Moussa T. Yowanga 

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