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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Ne soyez pas étonné, car dans un beau texte de carnet de route de l’ancienne Directeur de publication du journal tchadien Le Notre Temps, il existe des phrases  en langue Sara (disons-le simplement pour ne pas compliquer les choses, une langue parmi les centaines qui existent au Tchad).Malgré tout, c’est un texte qui est bien écrit et facile à lire, lorsqu’on la volonté de le dire. Ne dit-on pas : « vouloir, c’est pouvoir ! ». Merci pour votre compréhension chère lectrices et chers lecteurs.

Mon arrière grand père, un Gaou, installé sur la butte du Hall Dore, un coude du Mandoul, dans ce vérou de circulation marqué depuis la colonisation par des ponts vétustes et connus sous le nom du Pont de Doro, s'appelait Ngon Kindja. Il savait jouer du harpon, de la sagaie, du filet et de la houe. Les armes et outils de son existence de chasseur cueilleur, agriculteur, Un brakoss. À ses 16 ans, au sortir de l'initiation, il quitta le Mbogue, cet enclos familial entouré de poteaux de bois serrés, se monta une case dans les parages et s'acharna au labeur. Tout ce qui peut arracher du corps sueur et énergie. Au bout de deux ans, avec la complicité de ses parents, il cibla une femme, une jeune fille taillée pour fendre du bois qui savait nager comme une silure géante et pêcher comme un brochet. Comme de raison, car elle était une « yang mane » la mauvaise traduction française parle de sirène d'eau douce.Sirène elle l'était, parce que belle à ravir. Des fesses qui rouaient la cadence des cuisses fuselées et des seins gros comme des ballons de hand ball.

 Pour l'épouser, mon bisaïeul dû s'échiner tout le temps des fiançailles à labourer les champs: de mil rouge, de millet, de pois de terre et de sésame, pour ses beaux parents en même temps qu'il travaillait à remplir ses greniers, chasser antilopes cheval et buffles; pêcher des capitaines géantes, pour nourrir tout le clan de ses beaux parents. Et, quand vinrent les épousailles, il fit livrer par une délégation de jeunes gens et jeunes filles moult paniers de victuailles allant des graines aux viandes et poissons boucanés. Mais, pensez vous que tout cela suffit? Non, parce que, ces Gaou, de ce grand ensemble Sara, dans cette région qui ignorait tout du Blanc et du Tchad, se servait d'une monnaie. Eh, oui! Le Koul. Une espèce de couteau de jet en miniature qui servait pour les transactions importantes. Et Nouba sait si épouser une Yang mane en est une. Deux couteaux de jet miniature. De l'or! Un cheval, étalon animal valant un Koul.Ces Gaou (terme qui désigne en pays Nar les Chasseurs et pêcheurs), comme tous les SARAS, puisqu'il faut les appeler ainsi maintenant, traitaient entre eux avec le fer. Et, la banque centrale de toute cette richesse se trouvait chez les Ngama, grands fondeurs de minerais devant Nouba. Craints, parce que, seuls détenteurs de la technique de la métallurgie.

Oui, les Saras, avant les percées Doum et Mbin Mbin, au 19ème  siècle et bien avant l'arrivée des Blancs, monnayaient entre eux, pour les transactions importantes avec le Koul et dans le quotidien par le troc. Le Colon, passons rapidement sur cet épisode noir, morbide et paralysant de l'histoire des peuples Saras, s'en vint. Et, les travaux forcés, les corvées, sous le garde chiourme, le tipoye et les mains coupées, le Ngamba et le Congo Océan de triste mémoire dont la seule relique est le village sara, non loin de Pointe Noire dont les habitants parlant Mounoukoutouba et Lingala, se souviennent à peine que leurs ancêtres ont construit le pont du tunnel après leur village et qu'ils devraient en percevoir le droit de péage. Passons, un peuple qui souffre est un peuple qui grandit. Vinrent les Indépendances et un certain Tombalbaye, l'instituteur sara dont la célébrité monta en flèche, jusque dans les grottes du Tibesti, pour avoir osé gifler un commandant blanc.

 

L'homme n'aime que ceux capables de relever l'affront qu'il ne peut pas relever lui-même. Tombalbaye, faut-il le rappeler, le seul, l'unique candidat aux élections présidentielles qui fit campagne, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, à pied, en bicyclette, en pirogue, à cheval au dos de dromadaire, sans hélicoptère ni Air Tchad, ni Air Afrique, passant de villages en ferricks, dormant à la belle étoile, mangeant du woul nda, du godo godo ou buvant du hélib. Bref, faisant, ce que les petits Obama et Sarkhozy ont découvert au 21ème siecle, et qu'on appelle du porte à porte, sans les TIC.Élu, Tombalbaye, dirigea le Tchad pendant 15 ans. C'est çà! Je le confirme. Oui, il bascula dans la dictature. Oui! Il instaura le parti unique ( personne ne veut savoir que Degaulle et Foccard ont imposé ça à tous les chefs d'États africains ), oui, oui, oui!Mais jamais, au grand jamais, de discrimination par rapport aux études et à l'éducation des jeunes; et surtout, jamais, jamais, jamais de discrimination ni de coupures ni de demi salaires. L’étudiant Tchadien, Bideyat, Hadjeraï ou Ngambaye... même bourse avec mêmes conditions à l'intérieur du Tchad et même bourse avec mêmes conditions à l'extérieur du Tchad.

 

Le salaire du fonctionnaire tchadien: Licence 75 000 F, doctorat 125 000 F; Le ministre 250 000 F... Petit? Non! Avec 15 000 F à N'Djamena, on pouvait nourrir une famille de 10 personnes complet par mois! Vient le Grand Frolinat, décrivez vous même depuis 1982 les montées et descentes et tout! Mais tout çà là, avec Habré, on avait demi salaire régulier et tais toi si...La bière comme le Djougoul taguié continuaient à couler, et les tripes et les rognons aussi.Arrive l'heure de la Démocrate après rébellion. Le Grand Phraséologue prend le pouvoir avec ni ''Or ni Argent mais Liberté. « Peu de temps après: '' Plus jamais d'insécurité '', quand il a laissé ses voleurs et braqueurs de parents canarder les motocyclistes et les automobilistes librement pendant cinq ans, stockant leurs butins à la grande résidence avant de les exporter vers les Jardins d'Eden de l'Est;Ensuite: « La kermesse du désordre est terminée », pendant que lui-même se marie comme un Prince des Mille et Une Nuits, mets an faillite les uns après les autres: MCT, Air Tchad, STT, Huileries, savonneries et, en réanimation : CotonTchad et CST...Arrive le pétrole, folie euphorique! De nouveaux mots:Émergence, vitrine de l'Afrique et la baïla avec tout ce qui est femme teintée... Hum, il me fait penser à ce comédien à la longue cravate bleu, jaune, rouge, un claqueur, bambouleur de 1ère. Je veux parler de Déby non du comédien.

 

L'argent du pétrole, fini, il invente la Renaissance et la Quatrième République, et soudain, se souvient de mon frère Ramadingué avec sa chanson: « Tchadien saa tama, ni haroutou. » Lui! Le Prince du désert, demande aux Tchadiens de repartir aux champs comme si on avait jamais vu un pays se développer (la Côte d'Ivoire, peut-être, une exception, presque...) avec l'agriculture. Mais grave, insultant pour tous les grands Royaumes du Désert et du sahel, trafiquants devant Allah, d'être humains, de défenses d'éléphants, d'or et d'épices entre le Dar Abid et la Cyrénaïque; les peuples civilisés qui connaissaient le Ryal et ont introduit le terme gourouss au Tchad! Oser dire au Tchadiens de la 4ème République; » Gourrouss mafi, » comme Hasanyélé. « Accepter que je vous paie avec des coros de mil et de djarats. » Astafouroulaye! Allayi yastour woualaye! Mêmemon arrière grand père pauvre Kirdi sara, n'aurait jamais accepté cet affront. Mais Tombalbaye avait prévu une génération de Tchadiens singri de singri et boeufs moussoussou.L'heure est-elle arrivée?

Contribution spéciale de l’ancien Directeur de Publication(D.P) de Notre Temps Nadjikimo Benoudjita avec l’appréciation de la Rédaction.Publié le vendredi 1er juin 2018 sur son espace Facebook.

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