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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans sa parution du dimanche 13 mai, RTBF rapportant l’Agence France Presse (AFP) indique que plusieurs scénarios sont envisagés dans le cadre de l’élection présidentielle au Vénézuela, initialement prévue le 22 avril mais fixée finalement pour la seconde quinzaine du mois de mai, conformément à la décision de la Commission électorale. Passons en revue les quatre scénarios qui sont envisageables. Le grand favori du scrutin du dimanche prochain est sans conteste le sortant Nicolas Maduro, néanmoins il ne faut sous-estimer son adversaire Henri Falcon dont une victoire peut-être possible dans un pays où le contexte socio-économique est très difficile couplé d’un isolement défavorable sur la scène politique. Les récents sondages ne permettent pas de dégager une nette projection sur le dénouement de la prochaine l’élection présidentielle. Seul l’Institut de sondages Datanalisis donne les deux candidats à égalité. Delphos octroie 43% d’intentions de vote au candidat Maduro contre 24% pour son adversaire, alors qu’Hinterlaces accorde une nette avance encore au président sortant, à 52% contre 22% en faveur de Falcon. Le déroulement du scrutin va se dérouler sous l’œil méfiant d’une large partie de la communauté internationale, qui a prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats, considérant comme l’opposition que le scrutin ne sera ni libre ni transparent.

 Les analystes estiment que c’est le scénario le plus probable, en raison de la lassitude de l’électorat et de l’appel au boycott lancé par la grande coalition de l’opposition, la plateforme de l’unité démocratique (MUD). Si tel est le cas : « de nouvelles sanctions viendront, non seulement des Etats-Unis contre le secteur pétrolier, mais aussi de l’Union européenne et de pays latino-américains », déclare à l’AFP l’analyste Diego Moya-Ocampos, du cabinet britannique IHS Markit. Washington dispose d’un meilleur moyen de pression puisqu’il achète jusqu’à un tiers de la production du brut vénézuélien, de 1,5 million de baril par jour. Le pays qui tire 96% de ses revenus du pétrole, est déjà classé en défaut partiel de paiement, au même titre que son groupe pétrolier PDVSA. Ce qui plongerait donc le pays dans la crise économique. Une inflation de 13 800% est attendue à la fin 2018 et une chute du PIB de 15%, selon le FMI. «Un nouveau mandat de Maduro, considéré comme illégitime, n’aura pas de marge de manœuvre, ni en finances internationales, ni en diplomatie », pense Andrés Canizalez, chercheur en communication politique. Il est tout à fait probable qu’Henri Falcon dénonce des fraudes. «Tout est conditionné pour que le gouvernement manipule le processus et on peut penser que le résultat pourrait être trafiqué », considère le politologue Luis Salamanca.

Dans ce cas, la communauté internationale pourrait réagir vigoureusement, accompagnée « des sanctions contre de hauts fonctionnaires, voire leurs familles aussi, le gel de biens dans différents pays, un embargo financier sur PDVSA depuis les Etats-Unis », selon Canizalez. De son côté, l’analyste Juan Manuel Rafalli envisage aussi une victoire de Falcon, mais « le problème est que celle-ci e va pas être reconnue » par les autorités vénézuéliennes, qui choisiront d’annoncer la réélection de Maduro. Luis Vicente Leon, le président de Datanalisis redoute que le pays ainsi « une autocratie, beaucoup plus répressive y compris dans les rangs du chavisme », avec la conséquence d’une «implosion» lorsque les sanctions sont fortes. Les experts considèrent que l’Assemblée constituante pourrait alors établir un système de parti unique comme à Cuba. L’adversaire de Madura fait face à un gouvernement « en position de force » dans la campagne, donc « il est peu probable qu’il gagne, indique M.Moya-Ocampos. Henri Falcon souffre de l’absence de notoriété d’autant qu’il se révèle incapable de mobiliser  ni les partisans de l’opposition ni les chavistes déçus. «Il lutte contre un environnement hautement abstentionniste », observe monsieur Salamanca.

 Cependant, les fortes divisions au sein de l’opposition pourraient faire perdre Henri Falcon mais avec un résultat acceptable, devenir, d’après monsieur Canizales, le nouveau «référent politique » du camp anti-Maduro pour les élections suivantes. «Cela dépendra de combien de votes à remporter par Falcon pour qu’il soit vu par Maduro comme l’opposition avec qui il va s’entendre, l’interlocuteur du gouvernement, ce qui provoquerait plus de conflit au sein de la MUD », selon Luis Salamanca. C’est incertain ou peu probable, excepté si la population vote massivement, selon plusieurs experts. Et si le troisième candidat, le pasteur évangélique Javier Bertucci, se retire pour lui dégager la voie. S’il triomphe «le pays entrerait rapidement dans un processus de transition politique et économique », prévient Michael Penfold. La crainte de sanction dans le camp chavistes pourrait faire pression pour une reconnaissance de la victoire de Falcon, selon Luis Vicente Leon. Et la communauté internationale pourrait encourager une négociation de tous les secteurs politiques pour favoriser un gouvernement de transition. A l’opposé, le MUD sortirait perdante après avoir « misé sur l’abstention », selon monsieur Canizales.

Moussa T.Yowanga

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