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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Plus d'une quinzaine d'années autour de la force de l'âge, habité par cette flamme intérieure qui éclaire et qui fait percevoir, quelle que soit l'épaisseur de l'obscurité, le mot qui conviendrait le mieux au Tchad devrait être obscurantisme, une lueur quelque fébrile soit elle, d'espoir, je me suis jeté corps et âme dans la bataille du changement. On était nombreux à y croire, à nous rassurer, les uns les autres, à nous soutenir parce que demain serait un autre jour. Le jour du changement souhaité, voulu par tous. Ça ne pouvait en être autrement. La seule voie du salut, la vraie porte de l'espoir pour ne plus retomber dans les errements qui ont conduit au règne de l'arbitraire et de la négation de l'Être Humain, sous le régime de Habré, était largement tracée par les résolutions de la Conférence Nationale Souveraine. Ce n'était pas une brèche, non, c'était un vaste boulevard. Il suffisait d'y entrer. Et puis, autour de moi, année après année, je vis des hommes et des femmes d'une volonté inébranlable, d'une intelligence extraordinaire, s'écrouler, rongé par un mal indicible ou pire, radicalement changer, adoptant des rhétoriques qui dénotaient paradoxalement avec l'intelligente personnalité qu'ils ont toujours incarnée, pour adopter envers leurs compagnons dont j'étais des attitudes hostiles et manifester pour ceux que légitimement, en toute légalité, nous combattions, des comportements serviles ou flagornerie et lampisme étaient la règle. Une règle qui semblait les priver du moindre discernement. Progressivement, ce qui, en moi était une flamme s'est transformé en un mécanisme de survie, tandis que de moins en moins, je n'éprouvais de satisfaction dans ce que je produisais.

Ces articles d'analyses qui me tenaient éveillé les moitiés de mes nuits, jusqu'au petit matin, comme s'ils allaient faire exploser ma cervelle et que je vomissais d'une traite, souvent, en rafales le jour venu, pour me retrouver vidé, à avaler avec angoisses des verres de bière, guettant le moment, où, l'on viendrait m'arrêter. Non, je n'avais plus la satisfaction de l'espoir du changement puisque, si pour le lecteur, ce que j'écrivais paraissait nouveau, je savais qu'il n'y avait de nouveau que les noms des acteurs, les moments et les lieux. Les faits et les forfaits dénoncés restaient les mêmes, dans la même catégorie, les mêmes registres des délits et crimes commis, par le même cercle d'individus. Tandis qu'inexorablement, ceux que ces articles dénonçaient, ceux que l'opinion huait pour leurs forfaitures, reprenaient du service: ministre un jour, ministre toujours comme mafieux un jour, mafieux toujours. Revenant, au devant de la scène, narguant, méprisant, une opinion, la veille chahuteuse, le lendemain, aplatie et flagorneuse. Je me sentais rongé, usé de plus en plus inanimé, sans le savoir. Malade de cette torpeur, de cette ambiance morbide, j'ai failli, moi aussi, m'écrouler. Longtemps, j'ai cherché à cerner ce mal qui habite l'élite tchadienne, à comprendre pourquoi elle n'arrivait pas à sortir de cette léthargie. Et comme on le dit, savoir de quoi l'on souffre même si on en guérit pas, vaut mieux qu'en mourir sans rien savoir, ce mal indicible, ce cancer made in Tchad, Gongnon Shelzabeh, a pu le diagnostiquer.

C'est le produit du MPS, « Cette communauté de personnes: habitées par le sentiment d’avoir accès à des choses sans vouloir faire le nécessaire pour les obtenir. Ces genres de personnes sont capables de tuer rêves, projets, initiatives, décisions, résolutions, etc. Elles sont pires que les rogneurs d’ailes qui vous empêchent par moult blocages de décoller. Et si elles vous laissaient encore à votre aise. Non ! Elles mettent tout en œuvre et vous rongent silencieusement pour vous ôter jusqu’au sentiment de signifiance. Vous les prenez en charge sans le vouloir ou sans le savoir. Le temps que vous vous en rendiez compte, votre condition est pire que celle d’un esclave. Ils ont tout manipulé et leur manigance est féroce. Ils volent, tuent et pillent d’honnêtes gens qui finissent, rongés par l’amertume, par attribuer leur sort à la volonté de Dieu, alors qu’il est orchestré par quelques centres de décisions mafieuses et maléfiques. C’est un réseau de prédateurs qui agit avec la bénédiction du grand manitou qu’il faut bien nommer par son nom : Idriss Deby Itno. Car c’est lui qui est le grand maître de l’orchestre de la décrépitude et de l’anéantissement de la nation. Ce qui nous attend après la pompeuse 4ème République est tout simplement la consécration de la dynastie des gueux et des fils de bagnards ! Ciel ! Ecoute nos prières ! ».

Contribution spéciale de l’ancien D.P de Notre Temps Nadjikimo Benoudjita avec l’appréciation de la Rédaction. Article publié  sur les réseaux sociaux depuis le dimanche 27 mai 2018

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