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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’œil de Fabien a exceptionnellement choisi cette question philosophique qui fut abordée de façon profonde et impartiale par la thérapeute et psycho-praticienne Juliette Allais dans son œuvre : «La psychologie généalogique : comment guérir de sa famille », parue aux éditions Eyrolles en 2010. La honte trouve-t-elle son origine dans la généalogie ? L’homme  a-t-il le choix de méprisé le sentiment de honte malgré son rang social…? Certes le regard de l’autre en joue un rôle majeur, et la peur d’être critiqué peut aussi expliquer ce sentiment ? Car retenons simplement que l’être humain peut être hanté par ce phénomène de honte à cause de ses échecs, de sa pauvreté ou maladie sexuellement transmissible. Mais pourquoi l’on manifeste ce sentiment de honte face à autrui ? A-t-on peur d’affronter le regard de l’autre ? La thérapeute et psycho-praticienne Juliette Allais va nous livrer ses analyses et expertises par ces propos suivants : «La honte est inscrite au plus profond de nos racines généalogiques, et en constitue un moteur puissant, l’un des plus douloureux : toujours intimement liée à des situations générant culpabilité ou sentiment d’infériorité, elle existe aussi bien au niveau collectif qu’au niveau individuel.

L’histoire est pleine de traumatismes qui ont engendré chez certains peuples la honte de leurs origines, ou l’inverses, la difficulté à reconnaître et assumer les actes de leurs dirigeants, à certaines époques. De la honte d’être Juif, à celle des petits-enfants de l’Allemagne nazie, quel que soit le pays d’où l’on vient, nous avons tous des raisons d’avoir honte de quelque chose en rapport avec l’Histoire, ou avec notre personnelle. La honte n’est possible que parce que le regard de l’autre existe : un regard qui discrédite, qui enlève toute dignité, et fait ressentir le poids du déshonneur, de la faute dont on est porteur. Ces sentiments très complexes sont très difficiles à affronter : en effet, qui peut accepter de se regarder en face, en se disant « j’ai honte de moi », alors que cette honte met en pièces l’ego tout entier ?

C’est  pourquoi dans de nombreux cas, les situations de honte disparaissent de la psyché individuelle et familiale comme des éléments impurs, qu’il faut à tout prix cacher ou oublier. Il y’a dans tous les arbres généalogiques bien des événements ou des situations ayant pu déclencher des sentiments de honte, et « entacher »la mémoire familiale. Généralement, on retrouve : les situations d’inceste ou d’abus sexuel ; les comportements sexuels volontiers qualifiés de déviances à une certaine époque, dont l’homosexualité ; la marginalisation, l’emprisonnement, la pauvreté, la déchéance sociale, la maladie mentale, les maladies sexuellement transmissibles… Ce qui a pu donner à la famille une raison d’avoir honte est la plupart du temps mis en sommeil et parfois définitivement passé sous silence. C’est ainsi que naissent les secrets dont nous avons parlé, qui finissent par resurgir dans la vie des descendants. Ainsi, certaines personnes se trouvent littéralement habitées par la sensation étrange d’avoir  commis un acte irréparable, ou d’être fautif, coupable, et donc de devoir payer ou réparer… sans même savoir quoi. »

Sur cette question de transmission généalogique de la honte, comment est-elle possible ? Et de quelle manière ce transmet-elle ? Allais nous apporte quelques éléments de réponses à ces interrogations. « La honte se transmet d’inconscient à inconscient. Si une femme a honte de son agressivité parce qu’elle trouve que ce n’est pas bien d’être en colère, elle peut tout à fait rester « lisse » et « civilisée », se couper de cette colère… Et la transmettre à ses enfants. Elle continuera à ranger tranquillement sa vaisselle au lieu de la jeter à travers la pièce, et ce sera alors à eux de se charger de tout ce qu’elle n’a pas voulu voir, ni accepter, ni exprimer. Elle projettera sur eux sa propre agressivité non reconnue, en les trouvant colériques, irascibles et violents. Ils ne font pourtant qu’hériter qu’une partie de sa psyché… »

A-t-on vraiment raison d’avoir honte ? Ou c’est une question de choix ou décisions ? Les écritures biblique nous racontent que Jésus étant confronté à la même question, mais il a choisi de méprisé la honte et d’accepter le supplice de la croix. Mais Allais livre ces sentiments en ces termes : « N’oublions pas que la honte est entièrement subjective et loin d’être toujours légitime : combien de femmes et d’hommes ont-ils été obligés de cacher leurs croyances politiques, leur croyances religieuses, leurs valeurs profondes car elles n’étaient pas de mise dans leur milieu ? Face aux préjugés et aux jugements de valeur, ils ont développé un sentiment de culpabilité exacerbé  parce que personne ne les a jamais soutenus, entendus, encouragés à être eux-mêmes, ou qu’on les a bannis du clan familial. Celui ou celle qui, marchant hors des sentiers battus, est pris pour cible par le groupe dans lequel il vit, rencontre facilement la honte. Il convient donc de séparer tout ce qui est de l’ordre de la transgression d’un interdit (meurtre, inceste, non-assistance à personne en danger, etc.) de tout ce qui ne trouve pas sa place simplement en s’opposant aux valeurs dominantes. Renoncer à porter la honte de la famille est aussi une façon de remettre en question la suprématie de ces valeurs, et de défendre  les nôtres, tout simplement parce que tout individu a besoin, pour exister, de soutenir tout ce dont il est fait, y compris sa part d’ombre.»

Choix et commentaire de Fabien Essibeye Fangbo, journaliste stagiaire

 

 

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