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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Question assez rare et intéressante abordée par l’œil de Fabien et surtout à prendre au sérieux. En effet, les divorces sont des faits de sociétés qui tendent à se banaliser depuis la fin du XXème et l’ère du XXIème siècle. Pourquoi cette banalisation de cette institution divine selon les termes de la Bible ? Es-ce que changer de partenaire de vie serait devenu un effet de vogue, comme si on changeait de vêtement ? Quel est l’impact sur le développement des enfants dont les parents divorcent ? Ces faits de sociétés sont surtout prépondérants dans des sociétés occidentales, et sous les cieux  du livre de Dr Stéphane Clerget « Le Guide de l’ado à l’usage des parents » paru aux Editions Calmann-Levy en 2008, le Dr Clerget nous apportera ses analyses sur l’impact qu’à ce dernier (divorce) sur la vie des ados. Et ses conseils pourront certainement aider des parents concernés par la question.

Bien que devenus banals par leur fréquence, les divorces restent potentiellement difficiles à vivre, voire traumatisants pour les adolescents. Et Dr Clerget nous livre ses analyses en ces termes : « Il est rassurant pour l’ado d’imaginer le couple formé par ses parents comme le garant de son enfance perdue. Le gardien de celui qu’il était avant sa mue. Ce territoire de l’enfance égarée qu’il quitte, il aimerait pouvoir le revisiter plus tard. Il vit alors le divorce comme un cosmonaute qui, prêt à atterrir sur une nouvelle planète à explorer et sur laquelle il pourrait s’établir, verrait la Terre exploser. L’éclatement du couple est vécu inconsciemment comme une menace identitaire qui peut perturber son élan à grandir, favorisant par exemple des comportements régressifs ou violents. Le fait que sa mère ou son père, redevenu célibataire, apparaisse « disponible » est, inconsciemment, un facteur d’angoisse pour l’ado. A la puberté, l’enfant revit la problématique œdipienne de la petite enfance. C’est-à-dire qu’il s’intéresse à la vie amoureuse de ses parents et se positionne par rapport à elle, en se plaçant volontiers en rival de l’un ou de l’autre. Ce désir œdipien pour l’un des parents déjà présent dans la petite enfance, est réactivé. Mais la maturité génitale du corps de l’adolescent rend cette fois ce désir menaçant car physiquement réalisable. L’ado peut imaginer être en partie à l’origine de la séparation. Notamment quand son attitude a provoqué dans le couple des conflits relatifs aux conduites éducatives à adopter. De plus, les raisons « œdipiennes » inconscientes citées plus haut ont pu pousser l’ado à souhaiter inconsciemment la désunion parentale. Quand la séparation se réalise, l’ado peut ressentir alors un profond sentiment de culpabilité et une mésestime de soi, ou à l’inverse un sentiment malvenu de toute-puissance. »

Les enfants étant attachés aux deux parents, il leur sera difficile d’admettre une annonce sur le divorce de leurs parents, mais si les parents en arrivent à ce point, comment doivent-ils y prendre pour informer à leurs enfants ? Sur cette question Dr Clerget livre ses points de vue et déclare ceci : « Faites-lui part de votre décision ensemble, de préférence un après-midi de week-end, et seulement lorsque vous serez certains de ne plus vivre sous le même toit. C’est d’ailleurs cette séparation de corps qui sera annoncée, car elle précède généralement le divorce proprement dit. Les réactions de l’ado iront de l’indifférence apparente aux pleurs ou à la colère. Vous êtes en droit d’exprimer vos émotions. L’important est de vous montrer rassurant sur le maintien des liens à venir avec père et mère. Le mode de garde sera défini plus tard, et l’ado aura son mot à dire puisque le juge écoute systématiquement les enfants de plus de treize ans. Dans un divorce, ce sont les conflits et les propos négatifs tenus par un parent sur l’autre qui sont traumatiques pour l’enfant. Des parents consciencieux s’en garderont, et s’ils dérapent, ils préciseront alors qu’ils n’attaquaient pas le père ou la mère mais l’ex-conjoint. La tentation est grande de faire alliance avec son enfant contre l’ex partenaire. Mais la tentation est aussi grande chez l’ado de se mêler du conflit conjugal. Les parents devront tenir bon, pour ne pas tomber des deux côtés  de ce même piège dont l’enfant serait au final la principale victime. Veillez à ne pas mêler votre enfant aux affaires de votre couple et à ne pas mélanger votre identité de père/mère avec celle d’époux /épouse. Un couple se sépare a, hélas, trop tendance à s’étendre sur les raisons de la rupture auprès de leur enfant. Si vous faites le choix de lui « expliquer » les motifs de discorde, en ce cas n’hésitez pas non plus à rappeler à votre ado les raisons qui vous ont poussés à vous unir des années auparavant et à citer les qualités qui vous ont fait vus choisir mutuellement. Au-delà de la souffrance personnelle, il importe de ne pas renier aux yeux de l’ado l’histoire qui a été à l’origine de sa naissance. Il est possible ensuite d’expliquer que l’amour entre vous s’est envolé mais que lui est le fruit de cet amour, et que vous vous en réjouissez. Car si l’ado n’a en tête que ce qui vous désunit, en tant que création de votre couple, il aura une image de lui-même dégradée. »

Choix et commentaire de Fabien Essibeye Fangbo,journaliste stagiaire

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