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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Que se passerait-il pour ce pays des Grands Lacs ? En effet, depuis Nairobi au Kenya,l’Agence France Presse(AFP) rapporte que  le ministre burundais de l'Agriculture eut ordonné dimanche la mise en quarantaine de dix ânes introduits dans une commune du centre du pays grâce à un financement de l'ambassade de France, après une polémique menée par des personnalités proches du pouvoir.Achetés en Tanzanie, les ânes avaient été mis à la disposition des habitants d'un village de la province de Gitega, dans le cadre d'un projet d'une ONG locale pour aider femmes et enfants à transporter les produits agricoles, l'eau ou le bois de chauffe.Le projet a été violemment critiqué ces derniers jours par des figures proches du pouvoir qui ont qualifié ce don d'ânes d'"insulte à la nation", rappelant que cette espèce, qui n'est pas indigène du Burundi, symbolise dans la langue française l'ignorance et la bêtise.Dimanche, le ministre Déo Guide Rurema a demandé à un administrateur local de « faciliter le retrait immédiat de tous les ânes qui ont été distribués (...) sans respecter les procédures techniques de distribution d'animaux exotiques », et exigé qu'ils soient acheminés dans un centre de quarantaine.Jeudi, jour de l'inauguration du projet, l'ambassadeur de France au Burundi, Laurent Delahousse, s'était félicité sur Twitter de « l'introduction de la Land Cruiser du règne animal au Burundi ».

En réponse à la polémique, l'ambassadeur avait ensuite assuré sur Twitter qu'à sa « connaissance, toutes les procédures ont été respectées ». « L'ambassade de France est en train de payer le récent communiqué sur le référendum au Burundi et la visite de Kagame en France, notamment », a analysé un diplomate européen, sous couvert d'anonymat.Le diplomate fait référence aux critiques émises par la France contre le référendum controversé du 17 mai, qui a vu l'approbation d'une réforme constitutionnelle laissant la possibilité au président Pierre Nkurunziza de rester en poste jusqu'en 2034.Il évoque aussi la récente visite en France de Paul Kagame, président du Rwanda voisin, qui entretient des relations tendues avec le Burundi. « Cette politisation à outrance d'un simple micro-projet est une catastrophe pour les paysans qui allaient en bénéficier, et pour l'ONG qui a invité ce projet et qui visait à terme l'introduction d'un millier de bêtes dans la région », a regretté le diplomate européen. Un projet similaire dans la province de Ruyigi (est), financé, lui, par la coopération belge depuis plus d'une année, n'a jusqu'ici rencontré aucun problème. Le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis l'annonce de la candidature controversée de M. Nkurunziza à un troisième mandat, en avril 2015. Le régime burundais est accusé de graves violations des droits de l'homme et est de plus en plus isolé sur la scène internationale.

Eric Mocnga Topona,correspondant spécial à Bonn en Allemagne

Encadré sur le même sujet avec un angle assez différent:

Polémique autour d’un don de dix ânes offert par la France

Dix ânes offerts gracieusement par l’ambassade de France à Bujumbura à des villageois de la province de Gitega continuent de faire grand bruit dans le pays du président Pierre Nkurunziza. La polémique a atteint un niveau tel que le ministre burundais de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’élevage, Docteur Déo Guide Rurema a demandé à l’administrateur de la commune Nyarusange de retirer immédiatement les ânes distribués par l’ambassadeur de France. Il a finalement ordonné la mise en quarantaine de ces animaux, achetés. Les autorités burundaises n’ont pas du tout apprécié le geste et ont qualifié le don des dix ânes d’«insulte». Ce dernier temps, autour du président Nkurunziza, élevé au rang de «guide suprême éternel» du parti, des voix se sont violemment élevées pour dénoncer et s’opposer à la mise à disposition, financée par l’ambassade de France au Burundi, d’une dizaine d’ânes aux habitants d’un village situé au centre du pays. Les détracteurs suggèrent que non seulement l’âne n’est pas un animal indigène du Burundi, mais que de surcroît, dans la langue de Molière, il est le symbole de l’ignorance et de la bêtise.

 

Beaucoup de réactions sur réseaux sociaux ont également alimenté cette polémique. Appolinaire Nishirimbere a Twitter «tandis que l’Afrique célébrait sa libération ce 25 mai sa dignité, l’Ambassade de France offrait des ânes à la commune de Nyarusange au Burundi et s’en vantait sur Twitter. Humiliation de plus pour un peuple meurtri par le joug colonial ». Ces ânes offerts aux habitants d’un village de la province de Gitega, sont destinés, via un projet d’une ONG locale, à aider les femmes et les enfants à transporter les produits agricoles, l’eau ou le bois de chauffe. Le gouvernement burundais a également posté un Tweet : «Petite victoire face au néocolonialisme. Bravo ! La femme burundaise rurale n’a pas besoin de l’âne de la part de la France pour son émancipation, elle a au mois besoins de vaches, routes, scolarisation etc. pour son ‘empowerment et développement durable ». L’ambassadeur de France au Burundi, Laurent Delahousse s’est réjoui via Twetter, de «l’introduction de la Land Cruiser du règne animal au Burunda». Il se justifie des attaques contre son pays « Pardon mais l’ambassade de France n’a pas été chercher les ânes : nous avons simplement financé un projet qui nous a été soumis par une ONG burundaise. Ce n’est pas la France qui introduit l’âne au Burundi. A ma connaissance toutes les procédures ont été respectées».

Moussa T. Yowanga

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