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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Agée de 27 ans, Salma Al-Majidi est officiellement reconnue par la Fédération internationale de football (FIFA), comme la première femme arabe et soudanaise à diriger une équipe d’hommes dans le monde arabe où les pesanteurs socioculturelles sont encore très fortes malgré l’omniprésence de ce sport, rapporte  le Journal de Montréal citant l’AFP du 03 avril. « Pourquoi le soccer ? Parce que c’est mon premier et dernier amour », répond de façon mécanique cette célibataire  cette célibataire en jogging et haut à manches longues, la tête couverte d’un voile noir, lors d’une séance d’entrainement du club régional Al-Ahly à Al-Gadaref, à l’est de Khartoum. « Je suis devenue coach parce qu’il n’y a toujours pas de place pour le football féminin au Soudan », ajoute celle que son équipe surnomme affectueusement «Sister coach». Fille d’un policier à la retraite, c’est à l’âge de 16 ans qu’elle est tombée amoureuse du foot. Elle allait souvent assister à l’entraînement de l’équipe de son plus jeune frère, à l’école, et était subjuguée par les consignes du coach et chacun de ses gestes, voire même la façon dont il disposait les plots, dit-elle. « A la fin de chaque séance, je discutais avec lui des techniques enseignées », raconte madame Majidi à l’AFP, en regardant « ses » joueurs évoluer sur le terrain nu. « Il a vu que j’avais un don pour l’entrainement et m’a donné une chance de travailler avec lui ».

 

Plus tard, la jeune femme s’est vue confier des équipes des moins de 13 ans et des moins de 16 ans du club Al-Hilal à Oumdurman, ville jumelle de Khartom. Chemin faisant, elle a fini par convaincre les sceptiques en faisant dissiper ses doutes sur ses capacités, souligne madame Majidi, d’une voix douce, mais pleine d’assurance. Coach de football à plein temps,  rémunérée comme le serait un homme et figurant sur la liste ddes « 100 femmes qui inspirent » de la BBC en 2015, elle a fait déjà ses preuves auprès des clubs masculins de deuxième ligue Al-Nasr, Al-Mourada, Al-Nahda, Nile Halfa. Elle est parvenue à hisser au premier podium les deux derniers clubs dans leurs leurs championnats locaux. Elle partage la notoriété du monde de football soudanais avec Mounira Ramadan, ancienne arbitre de matches dans les années 1970. Dans un pays régi par la loi islamique depuis 1983, aucune loi au Soudan interdit le football féminin, mais le conservatisme de la société et le gouvernement à dominance islamique ne favorisent pas son développement. « Il y a des restrictions, mais je suis déterminée à réussir », insiste madame Majidi, au milieu d’un nuage de poussière s’élevant après de tirs des coups francs  par les joueurs.

 

Le parcours de celle qui rêve d’entraîner un jour une équipe internationale n’a pas été du tout un fleuve tranquille. « Le Soudan est une communauté de tribus dont certaines estiment qu’une femme doit rester à la maison », regrette madame Majidi, titulaire d’un diplôme universitaire de comptabilisé et de gestion. Sa mère Aïcha al-Charif savait très tôt que sa fille était différente. « Salma a toujours préféré porter des pantalons. Et elle regardait toujours les garçons jouer au football », dit-elle. Pour mériter le respect, Salma al-Majidi a dû se battre au bord du terrain de foot. « Il y avait ce garçon qui refusait de m’écouter. Il me disait appartenir à une tribu qui croyait que les hommes ne devraient jamais prendre leurs ordres auprès d’une femme », révèle-t-elle. « Il a fallu des mois pour qu’il accepte ». Au « début les gens dans la rue nous appelaient ‘les enfants de Salma’ », se rappelle Majid Ahmed, un attaquant et fan de l’Argentin Lionel Messi. « Mon message aux hommes en général est de donner une chance aux femmes de faire ce qu’elles veulent », lance madame Majidi en s’activant à la préparation du thé après l’entrainement. Issue d’une famille conservatrice, Salma avait eu du mal à se faire accepter par ses proches, raconte également son père biologique, Mohamed Al-Majidi. « Puis un jour, son oncle qui avait l’habitude de la critiquer a vu les foules chanter ‘Salma! Salma !’ durant un match », ajoute-t-il. Aujourd’hui, ces mêmes proches sont derrière elle et « prient maintenant Allah de la soutenir ».

Moussa T.Yowanga

 

 

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