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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le Tchad perdait tragiquement son premier président François Ngarta Tombalbaye, tué lors du coup d’Etat militaire perpétré à l’aube de ce 13 avril 1975 au palais présidentiel à N’Djaména. L’histoire mouvementée du pays sera intimement liée au sinistre destin d’un homme qui a hérité les rênes du pouvoir des mains du colonisateur français. Qu’on l’aime ou pas, l’homme a marqué l’histoire du Tchad et 43 ans après sa mort, beaucoup de Tchadiens honorent sa mémoire et lui reconnaissent des qualités indéniables malgré certaines erreurs commises dans l’exercice du pouvoir. Le débat suscité par l’économiste Kébir Mahamat Abdoulaye s’articule autour de trois qualités de l’homme : «il était républicain, nationaliste et n’a pas volé l’Etat». Cela fait écho aux réalités actuelles de notre pays qui connaît de sérieux problèmes de gouvernance et de respect des droits de l’Homme.

La démocratie tant vantée lors de l’entrée triomphale du MPS, 28 ans jour pour jour, n’est qu’un mélange des élections truquées, des vols organisés de deniers publics, de nominations de complaisance, du musellement de la presse, de l’accaparement des richesses par un seul groupe ethnique avec ses tentacules d’affidés et alliés, des arrestations arbitraires, de spoliations et déguerpissements sauvages des citoyens de leurs terres et maisons, de passage en force pour faire passer des réformes contestées et contestables. Bref ce n’est qu’un leurre, une véritable arnaque cousue de fil blanc. Les internautes sont lucides et critiques vis-à-vis des actes posés par le premier président du Tchad, Ngarta Tombalbaye qu’ils n’ont pas adulé ni diabolisé même si parfois certains se montrent plus cléments alors que d’autres sévères. C’est bien cela les règles d’un débat contradictoire et respectueux qui élève et enrichit. Voici le 55e numéro de votre rubrique Parole au Peuple.   

Rss Révolutionnaire estime que : «Tombalbaye était le pire dictateur et raciste puisqu'il avait autorisé l'armée française de massacrer les rébellions du Nord qui s'opposaient à son régime dictatorial car un vrai patriote n'accepterait jamais un étranger massacre ses frères même s'ils sont contre ses intérêts»

Baradine Berdeï Targuio évoque le cas de sa propre famille : «13 avril 1975, date de libération de mon père, de ma mère et de mes frères des geôles du président Ngarta ! Qu’en dites-vous frère Kébir ? Voulez-vous que je regrette aussi cette date ?

Kébir Mahamat Abdoulaye tente de se montrer objectif : «Cher frère Baradine Berdeï Targuio, j'ai bien souligné dans la publication, le feu président Tombalbaye a supprimé le pluralisme politique, il a exercé la répression politique. Cela traduit cette forme de violence politique contre des leaders politiques, des civils...qui étaient des actes condamnables et ne pouvaient être justifiés. En revanche son règne a connu aussi des aspects positifs. Garondé Djarma qui a combattu le régime de Tombalbaye lui reconnait certaines valeurs»

Sebey Arim s’étonne un peu de la ligne de défense adoptée par l’auteur du débat : «Mr Kébir, pourquoi vous vous obstinez à défendre avec la dernière énergie Tombalbaye, certes il a ses qualités mais pour nous ses défauts nous ont marqués à jamais. Entre temps vous viviez dans quelle contrée du pays? Il n'y a pas de victime sans crime. À méditer»

Jean Pierre Baptiste relève les erreurs commises par N’Garta : «Mr Kébir ne crachez pas sur la mémoire des milliers de victimes de ce despote sanguinaire. Les disparitions d'opposants, les assassinats cibles, les fosses communes, les occupations des maisons, les tortures, les villages rayés de la carte, une police politique appuyée par des militaires ou gendarmes français (Gourvenec, Gellinaud etc.), l'instauration d'une garde présidentielle et d'une armée clanique, la mort de la démocratie, le déchirement de la nation Tchadienne, l'exode des populations dans les pays limitrophes sont aussi l'ouvre de ce despote. En tant que croyant le pardon existe mais nous n'oublions rien. On est en démocratie et je comprends tout à fait que tout homme politique ait ses partisans mais certains faits sont tenaces. Lisez le livre blanc fait après le coup d'Etat qui ne donnait qu'un listing sommaire de ses crimes»

Kébir Mahamat Abdoulaye s’appuie sur un ancien du Frolinat pour étayer ses arguments : «Alhadj Garondé Djarma, qui a combattu le feu président Tombalbaye a reconnu en lui un homme patriote et il a sauvegardé l'essentiel (c'est-à-dire un Etat, une administration solide, une armée nationale et une économie prospère malgré un budget national faible (moins de 600 millions FCFA et sans exploitation des ressources nationales»

Kébir Mahamat Abdoulaye poursuit : «Cher frère Jean Pierre Baptiste, j'ai souligné dans la publication qu'il a instauré le parti unique en abolissant le multipartisme, il a exercé la répression politique avec les résultats qu'on connaît et dont votre papa a été victime politique et aussi sa famille persécutée. C'étaient des moments douloureux. Cependant sa violence politique beaucoup atténuée par rapport aux autres régimes ne peut pas occulter ses actions positives, son comportement patriotique et nationaliste que même ses adversaires et ennemis lui reconnaissent. Par exemple le cas de Garondé Djarma. C'est juste un exemple que j'ai pris et Garondé Djarma est connu pour la crédibilité de ses récits. Avoir été victime politique de son régime, un acte intolérable, condamnable en lisant l'histoire est une chose et juger un régime en est autre car cela fait appelle à plusieurs dimensions»

Empereur Faudel apporte une contradiction : «Mon cher Kébir, tu as souligné quelque part que Ngarta a de l'estime pour les musulmans et il leur a construit une grande mosquée. Laisse-moi te dire que Ngarta a habillé certains chrétiens parmi les musulmans le jour de la visite du Roi Faïçal pour montrer que le Tchad est un pays à majorité musulmane pour ses intérêts égoïstes qu'il a fait, et le Roi étant content d'être accueilli par un nombre important des soi-disant musulmans, il a donné beaucoup d'argent à ce dernier et à ordonné par la suite la construction de la grande mosquée. Voilà la réalité de la construction de la grande mosquée de N'Djamena»

Jean Pierre Baptiste demande une interprétation fidèle : «Justement essayez aussi de ne pas prolonger ou extrapoler la pensée du doyen Alhadj Garondé quand il parle de préserver l'essentiel à moins qu'un passage m'ait échappé. Armée nationale dites-vous? La CTS était une armée clanique. Je n'ai à aucun moment cité le nom de mon père pour ne pas personnaliser cette publication. Vous avez le droit de le glorifier dans vos publications mais nous les milliers d'orphelins connus ou anonymes de son régime avons le droit aussi d'avoir un avis contraire sur son régime et ses actions»

Kébir Mahamat Abdoulaye se félicite du caractère contradictoire du débat : «Jean Pierre Baptiste, oui évidemment, avoir des avis contraires, c'est le sens de dialogue, débat, échange des réflexions, récits sur l'histoire de notre pays concernant ce sujet. La Compagnie de Sécurité Tchadienne(CST) n'est pas l'armée nationale, mais une composante de l’Armée nationale tchadienne (ANT) même si la CST a commis des exactions contre des personnalités politiques et civiles. Enfin je fais restituer l'homme, un ancien président avec ses erreurs, faiblesses, crimes commis, actions positives pour le pays à travers son nationalisme, patriotisme sans passion, préjugés, sentiment permanent d'hostilité... Mais Cela ne veut pas dire ignorer les victimes de son régime»

Jean Pierre Baptiste donne des éclaircissements : «L'ANT était aussi une armée clanique quant à la CST c'était la garde prétorienne du dictateur. Sachez seulement qu'en atténuant ses crimes vous crachez sur ses victimes et leurs descendants et toutes les personnes qui ont été torturées sous son règne. Notre plaie et notre douleur sont béantes encore ne l'attisez pas. Pensons plutôt à sortir ce pays de ce marasme, à le construire et à consolider la nation tchadienne »

Kébir Mahamat Abdoulaye estime que : «Si en se considérant victime politique pour juger un régime, qui est une organisation politique, économique, sociale et des dimensions internationales, on se bascule facilement dans la logique de colère. J'ai noté aussi, le régime du président Tombalbaye était exagérément diabolisé bien qu'il ait exercé des violences politiques entraînant la violation des droits de l'homme par des persécutions, assassinats»

Doki Warou Mahamat donne un exemple précis concernant les dérives de Ngarta : «Chacun peut parler de ce qu’il veut. Voici la preuve que Tombalbaye interrogeait vers 3h du matin mon oncle Allahou Taher en 1972. Ce jour, se trouvaient autour de Tombalbaye que des nordistes que je tairais les noms. Ils témoignaient devant Tombalbaye que, Allahou Taher était en connivence avec les rebelles. Malgré ce douloureux moment qu’avait passé dans les geôles de la CTS, pendant des années, nous nous remettons qu’à Dieu, pour pardonner. Et cela n’enlève pas à Tombalbaye sa gestion républicaine du pays ! Le sens de l’Etat y était ! Ceux qui disent que l’armée est clanique, c’est à discuter ! A l’époque, la religion musulmane a été un obstacle pour les nordistes d’aller à l’école et à l’armée. Ils trouvent, c’est anti religieux dans toute la zone à majorité musulmane. Dites au moins la vraie histoire pour que nos enfants sachent réellement ce qui a été au début de l’indépendance»

Jean Pierre Baptiste se pose de questions sur l’engagement de Kébir à défendre le premier président : «Kébir tu veux quoi qu’on te dise, que tu as raison? Que cet individu n'a pas tué nos parents et de milliers de Tchadiens. Que ces crimes n'ont pas existé? Je te dis ce que je pense, pas pour faire plaisir a certains»

Kébir Mahamat Abdoulaye se justifie : «J'ai exprimé des réflexions portant sur l'histoire politique de notre ancien président Tombalbaye à l'occasion de l'anniversaire de sa mort. Donc c'est normal qu'il puisse exister des réflexions et commentaires différents même sous l'angle de victimisation. Enfin je peux répéter comme j'ai écrit dans la publication qu'il avait exercé la violence et la répression politique. Mais cela exclu t-il de ne pas voir, accepter ses actions positives pendant son règne ?»

Kébir Mahamat Abdoulaye rapporte un fait historique : «Je reprends le texte édifiant du doyen Aboulanwar Djarma pour mieux comprendre la gouvernance financière du feu président Tombalbaye. ». Kébir, pour ce qui est du budget, il tournait toujours autour de 13 à 15 milliards mais bien géré. L'orthodoxie financière était de rigueur. Je donne l'exemple d'un voyage officiel que Tombalbaye devait effectuer en France, la feuille de route qui couvrait les frais de mission était rejetée par le trésorier pour le fait que le reste du budget sur le chapitre ne couvre pas le montant. Le président était obligé de demander au ministre des finances ce qu'il faut faire puisque le voyage c’est le même soir. Le ministre Lamana écrit aux Trésor pour faire passer le mandat de la présidence avec la promesse que ça sera réglé pendant le collectif budgétaire. C’est un exemple parmi tant d’autres sur l’exemplarité de la gouvernance. Pour ce qui est de la question de 23 milliards des libyens, le problème est plus simple que tout ce qui se dit. En fait, le président Tombalbaye devait effectuer un voyage officiel en Libye après la médiation du président Hamani Diori du Niger pour retirer la plainte du Tchad au Conseil de sécurité au sujet de l’occupation de la bande d’Aouzou. Tombalbaye a demandé au ministère du plan de préparer tous les dossiers qui entendent de financement. De ce fait, la délégation tchadienne qui était de 43 personnes avait avec elle que des fichiers de différends projets, aucune étude d'un projet finalisé mais le total faisait le chiffre de 23 milliards. Lorsque dans les discutions le problème de financement des projets de développement a été posé, Kadhafi renchérit que la Libye serait prête à prendre le tout en charge. Je répète qu'aucun des projets n'avait encore fait l'objet d’une étude. Ce n’était que des fichiers. Au retour Tombalbaye a crut bon d'annoncer la bonne nouvelle aux Tchadiens. Tout de suite l'amalgame est fait. Le Tchad qui retire sa plainte présentée au Conseil de sécurité et après la rencontre des délégations tchadienne et libyenne à Niamey, le président Tombalbaye se rend en Libye et revient avec 23 milliards! Donc Aouzou est vendu et c'était la conclusion à l'époque d'une formation d'opposition tchadienne en France connue sous le nom de Corbo averti. Ce n'est que par la suite que le Frolinat a repris l'information à son compte. Je m’excuse de la longueur mais j'estime que c'était nécessaire pour ceux qui veulent un éclaircissement sur le sujet»

Abbatchary Mbodou  estime que : «La ménagère au marché ne peut qu'acheter en fonction du contenu de son portefeuille, malgré l’insuffisance du crédit la réponse fut positive»

Pierre Dibabei soutient la thèse de la vente de la bande d’Aouzou : «Sans étude, dites-vous ? Comment un président responsable peut-il accepter des prébendes d'un Etat voisin visiblement hostile, ayant mis la patte sur une portion territoriale? Comment accepter servilement et prendre 23 milliards sans contrepartie? Silence acheté? Frolinat monnayé? Où sont les documents écrits? Saura-t-on la vérité sur cette histoire de la bande d'Aouzou? J'y reviendrais un jour si le temps me le permet puisque c'est moi qui ai diffusé à Paris l'information que j'ai ramenée fortuitement de l'Allemagne en avril 1973 quand à Paris et Fort-Lamy, c'était silence radio»

Abakar Abdramane Ramat semble attribuer le malheur du pays à N’Garta : «Le drame du Tchad c'est d'avoir rencontré sur sa route N'garta Tombalbaye et d'avoir fait de lui son 1er Président. Cet homme a abusé de la confiance que tout le peuple Tchadien avait placée en lui après l'indépendance. Plus qu'aimer par son peuple entier, il avait d'abord commencé sa dérive par l'élimination de l'élite et de tous les cadres autour de lui. Un nettoyage à caractère ethnique et religieux semant ainsi la graine de haine au cœur de la Mère patrie notre Tchad. Qui a fait savoir aux Tchadiens qu’il existe un Nord et un Sud ? Qui a sacrifié une partie de son peuple en le privant d'école et d'administration centrale, le laissant ainsi à la portée de l’occupant Libyen ? Pourquoi est-ce qu'il y a eu la 1ère Armée, le Frolinat, le GUNT et tout ce qui va avec ? Pourquoi est-ce qu'on est obligé d'aller au « Yondo' » même si on a une foi qu'elle soit chrétienne ou musulmane ? Pourquoi est-ce que certaines fonctions publiques ne doivent être exercées par une frange de la population tchadienne ? Pourquoi est-ce que feu Djibrine Kherallah, Koulamallah et consorts ont été persécutés ? Pourquoi est-ce que dans ce même peuple Sara, on trouve un clan s’appelle «Madjingaï» ? Toutes ces questions sont des équations aussi complexes, aussi voilées et aussi évitées. Mais, leurs résolutions nous permettront de comprendre ce qui était vraiment cet homme. Pour l'histoire arrêtons de faire l'éloge de ce dernier, si Tombalbaye était un bon Président ce n'est pas le clic de feu Kamougué et Malloum qui mettra fin à sa vie. Alors on veut aller, il faut qu'on sache d'où on vient et c'est un devoir de moral que nous devons pour ce pays»

Adabayo Adam Adam tente de défendre le premier président : «Qui a fait même mieux que lui? Quel régime n'a pas de victimes ? Les victimes doivent-ils considérer tous les actes de leur bourreau comme négatifs? Ses successeurs n'ont pas pu ou voulu continuer les prémices d'une industrialisation du Tchad qu'il a engagées avec de maigres moyens et des circonstances qu'on connaît. Dire qu'il n'a laissé rien de positif, c'est s'enfermer dans la victimisation en oubliant la nation. Il a à son actif des faits absolus dont on ne peut nier. Que dire de Deby dont ses réalisations meurent avant son régime? Du courage aux victimes! Au Tchad, tous les régimes ont autant de victimes que d'heureux. A tire personnel, il est mieux que ses successeurs»

Pierre Dibabei  fait une analyse lucide : «Là où il y a des victimes, effusion de sang, là où il y a eu ne serait-ce qu'un seul mort, il n'y a plus d'humanité. Un politique ne peut pas être qualifié de meilleur parce qu'il n'a pas tué ou peu. Sinon, dites-nous quel est le but de votre vie sur terre. Du coup d'Etat militaire contre Tombalbaye, j'en sais un petit bout. Mais contre Malloum, ce fut la bouteille à encre, et ensuite contre Hissein Habré, je n'ai aucun éclairage. DDS, dossier pétrole?»

Adabayo Adam Adam tente de nuancer : «Monsieur Pierre Debabei, un régime doit défendre sa survie. Il n'y aurait défense sans tuerie. C'est ce qui était arrivé au régime de François. Le passé de son régime n'est pas seulement négatif. Je ne laisserai pas le but de ma vie sur terre côtoyer trop la politique»

Kébir Mahamat Abdoulaye n’est pas d’avis et donne ses arguments : «Cher frère Abakar Abdramane Ramat, désolé, il y a trop de contrevérités dans ton commentaire et je cite : Ngarta Tombalbaye était le seul président du Tchad arrivé au pouvoir par la voie démocratique ; il n'a pas éliminé l'élite et tous les cadres autour de lui sauf quelques cas. D’ailleurs ceux qui ont fait le coup d'Etat étaient autour de lui ; il n'a pas entrepris une campagne de nettoyage ethnique et religieux. D’ailleurs la majorité des Ministres dans chaque gouvernement sont des musulmans. En outre il leur a construit l’une de grandes mosquées du Tchad ; le concept Nord-Sud n'est pas sa création mais plutôt de la colonisation ; la Création et l'éclatement en plusieurs tendances, factions du Frolinat n’est pas lui ; la politique de retour aux traditions comme le Yondo, il n'a pas imposé aux musulmans et moins encore à tout le monde ; il n'a jamais interdit la fonction publique à "une de population tchadienne" ; Il n'a pas tué Djibrine Kherallah qu'il a beaucoup d'estime envers lui malgré leur problème politique. Il était mort dans les années 90 au temps du MPS ; Madjigaï c'est le nom d'une ethnie qui a existe avant Tombalbaye et après lui ;  pourquoi il a été tué ? C'est un coup d'Etat encouragé par la France pour des raisons politiques, économiques. Enfin Tombalbaye a été un président avec ses erreurs, faiblesses, crimes mais aussi il a des qualités et posé des bonnes actions pour pays»

Abbatchary Mbodou accable le défunt président N’Garta : «Il n'a pas volé l'Etat peut-être mais brutal il a été. C’est sous son règne qu'on a enterré des religieux vivants, couper des seins des femmes pour donner aux chiens, le soi-disant nationaliste n'a pas hésité un seul instant pour sauver son régime, céder une partie du territoire national ‘la bande d'Aouzou’ à la Lybie et tout ce que le Tchad a vécu depuis 1963 et continue de vivre est son œuvre alors arrêtez de cracher sur l'histoire les frères. Votre "héros" est le premier responsable de tous nos malheurs»

Abakar Abdramane Ramat donne son opinion sur l’homme : «J'ai posé des questions que j'ai qualifié d'équations à résoudre monsieur Kébir. L'histoire a été toujours racontée par ceux qui l'ont vécu et c'est d'ailleurs écrit. Ce n'est nullement un mépris de l'homme que je n'ai jamais connu. Mais les faits sont têtus et l'histoire est toujours racontée. Quand je parle de persécution de Djibril Kherallah, de Koulamallah et autres, je fais allusion à la répression qu'ils ont subie du fait de leurs opinions. Il y a des récits et des documentaires qui illustrent mes propos. En tout cas c'est mon opinion de l'homme qu'il était»

Nabia Youkou Deko abonde dans le même sens que Kébir : «Monsieur Kébir, je loue votre sens et capacité dialectique. Cependant, il ne sert à rien de passer son temps à convaincre des gens qui ont une position extrémiste. Ceux-là, sont comme des ignares où lorsqu'un sage leur montre le soleil, eux préfèrent regarder le doigt. Tu sais, l'histoire politique de la première république incarnée par Ngarta est claire et ne peut faire l'objet d’un amalgame quelconque L'opposition qui s'est constituée contre lui est constituée des étrangers. Il n'a jamais versé dans des divisions confessionnelles et ethniques »

Sebey Arim appelle à un confrontation d’arguments contre arguments   : «Vous qui êtes intellectuel, intelligent et sage, prenez la peine de bien écrire en français, vous qui détenez le monopole de la sagesse, normalement vous devez au moins avancez vos arguments pour nous convaincre au lieu de juger. Dans un choc d'idées il y a toujours des idées contradictoires et différentes opinions. On reconnaît les qualités de ton oncle mais aussi ses défauts mais ce n'est pas vous qui allez nous apprendre l'histoire du Tchad même si on est des ignares aussi, alors si vous n'avez pas de temps passez votre chemin. Et Si vous croyez que porter une veste et avoir une grosse tête est synonyme d'intelligence et de sagesse, détrompez-vous»

Sebey Arim partage les préoccupations de l’ancien homme politique : «Papa Abderaman Koulamallah, il n'y a pas de victimes sans crime, Nous reconnaissons et compatissons avec vous. Les faits de l'histoire sont là et témoignent aussi longtemps que possible. Tout le monde a de points de vue différents. Mais personne ne peut changer le cours de l'histoire»

Kébir Mahamat Abdoulaye prévient sur le caractère biaisé de vouloir juger le régime de N’Garta de façon réduite : «S'il faut faire un bilan du règne du président Tombalbaye sous l'angle de victimisation personnelle, je crois beaucoup de dimensions peuvent être échappées et la dimension trop subjective domine. On juge un régime qui est une organisation politique, sociale, économique, sa portée internationale... en tenant compte de toutes ces dimensions »

Sebey Arim n’est pas d’avis avec l’argument développé par son prédécesseur : « Kébir, certes la victimisation personnelle ne nous permet pas d'être très objectif mais on ne peut pas l'exclure aussi »

Mahamat-zene Lizette Djada estime que : «Le problème fondamental que pose le Tchad aujourd'hui notamment ethnique prend sa source à l'époque de Tombalbaye. C’est un homme raciste. Plusieurs actes discriminatoires qu'il a commis. Il a créé le climat de mes entente pour tous les tchadiens. Il a mené une politique d'intégration parcellaire qui l'exemple aujourd'hui pour tous les dirigeants qui arrivent après lui. Même si Habré et Deby sont des pires dictateurs, je qualifie leurs politiques comme la suite logique de NGarta»

Ndodjo Klein relativise les accusations excessives portées contre N’Garta : «Tombalbaye, malgré qu'il ait emprisonné les opposants, veillait à ce que leurs familles ne manquent de rien non? Ça aussi, aucun fils de détenu ne va témoigner. Formidable de discréditer un homme qui a aussi en criminel empêché le pillage du Tchad. Et oui, on le discrédite car il n'a permis l'enrichissement illicite».

Choix de Moussa T.Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

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