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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le puissant homme d’affaire breton Vincent Bolloré et quelques cadres de son groupe sont inquiétés par la justice française qui cherche à déterminer si le groupe Bolloré a utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Havas pour acquérir en retour la gestion des ports africains de Lomé et de Conakry, à travers une autre de ses filiales ; Bolloré Africa Logistics, précédemment connu sous l’appellation de SDV. Le milliardaire français avait déjà été condamné en 2013 à verser plus de 2 millions d’euros à Necontrans qui avait été évincé par le gouvernement guinéen en 2011 au profit du groupe Bolloré de la gestion du port de Conakry. Les médias français ont annoncé que Vincent Bolloré a été placé en garde à vue mardi à Nanterre  dans une enquête sur des soupçons de corruption autour de l’attribution de concessions portuaires dans deux pays d’Afrique de l’Ouest, a appris l’AFP de sources proches du dossier, confirmant une information du journal le Monde. Â la tête du grand empire Bolloré et âgé de 66 ans, l’industriel français a été entendu dans les locaux de la police anticorruption, selon des sources concordantes rapportées par l’AFP.

Gilles Alix, le directeur général du groupe et le responsable et le responsable du pôle international de Havas, Jean-Philippe Dorent ont également été placés en garde à vue, a indiqué une source judiciaire. Le groupe Bolloré s’est fendu d’un communiqué rendu public en fin de matinée pour démentir «formellement » avoir commis des irrégularités en Afrique. «Le lien qui tente d’être fait par certains entre l’obtention de ces concessions et les opérations de communication est dénué de tout fondement économique et révèle une méconnaissance lourde de ce secteur industriel », insiste le communiqué. L’action du groupe Bolloré côte à la Bourse de Paris a perdu près de 8% de titre à 12h35 après l’annonce de cette garde à vue. La plainte qui vaut l’enquête au groupe Bolloré a été portée par un ancien associé franco-espagnol Jacques Dupuydaudy.

Ce dernier met en cause le groupe Bolloré, via les conseils prodigués en 2010 par Havas dans le cadre des campagnes électorales victorieuses de Faure Gnassingbé au Togo et d’Alpha Condé en Guinée. Avant la réélection de Faure en 2010, SDV avait remporté le marché relatif à la gestion du port de Lomé et la filiale a obtenu la gestion de Conakry quelques mois après l’élection de monsieur Condé. Comme pour se justifier des attaques pour favoritisme, le président Condé avait indiqué  en 2016 au journal le Monde «Bolloré remplissait toutes les conditions d’appel d’offres. C’est un ami, je privilégie les amis. Et alors ? ». Le groupe Bolloré a fait valoir dans son communiqué le fait que « Les concessions obtenues au Togo l’ont été en 2001, bien avant l’entrée du groupe dans Havas et en Guinée, en 2011, à la suite de la défaillance constatée avant l’élection du président ». Les enquêteurs ont commencé à s’intéresser aux activités africaines de Vincent Bolloré lorsqu’ils enquêtaient sur les relations de Francis Perez, président du groupe Pefaco, une société spécialisée dans l’hôtellerie et les jeux et très implantée en Afrique. Jean-Philippe Dorent faisait partie des relations de Francis Perez. La désignation de SDV lors d’attribution de marché était toujours contestée en justice par les anciens gestionnaires des ports.

Concernant le volet Togolais, Jacques Dupuydaudy accuse clairement la présidence togolaise d’avoir été corrompue par le groupe Bolloré. La justice espagnole a condamné l’ancien associé de monsieur l’industriel breton à 3 ans et neuf mois de prison pour « détournement d’actifs » du groupe Bolloré. La cour d’appel de Paris saisie dans cette affaire rendra son verdict le 16 mai sur la demande d’extradition de Madrid. Quant au cas du port de Conakry, Bolloré a perdu le procès devant le tribunal de Nanterre face à Nocotrans, l’ancien concessionnaire. L’inculpation mercredi de monsieur Bolloré est une mauvaise nouvelle pour le groupe Bolloré car les risques pour les responsables de ce groupe sont à prendre au sérieux, du fait des qualifications pénales potentiellement lourdes : abus des biens sociaux et trafic d’influence. Un porte-parole du groupe se défend qu’en « Guinée et au Togo, le groupe Bolloré a été choisi uniquement pour ses compétences et sa capacité à réaliser les investissements portuaires, que ses concurrents n’avaient pas réalisé par le passé». Cependant, le journaliste d’investigation Nicolas Vescovacci et co-auteur de «Vincent, Tout Puissant » cite Vincent Bolloré en février 2013 qui avait laissé entendre devant la justice «ne pas s’occuper de concessions portuaires. Or, c’est bien le cœur de son business sur le continent africain »

Moussa T. Yowanga

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