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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                             Contribution depuis N’Djaména du journal Le Visionnaire

Comme une lettre à la poste, la nouvelle Constitution de la République du Tchad est en passe d’être approuvée par les élus du peuple qui, sauf cas de force majeure, la valideront le 30 avril prochain, pour permettre à IDI, de commencer sa IVème République. Le message de Déby lu par Kabadi à l’ouverture de la session parlementaire le 13 avril dernier a été plus que clair. Pas de référendum pour tourner la page de la IIIème République. Les choses vont si vite depuis la fin du Forum national inclusif boycotté par l’aile dure de l’opposition politique, à tel point où, l’on se demande, pourquoi contre vents et marées, le chef de l’Etat tient coûte que coûte à poser ses deux pieds dans sa IVème République avant même le mois sacré de Ramadan de cette année. Evidemment, le chemin est déjà tout tracé et le peuple tchadien qui en principe devrait être consulté dans de telles circonstances de la vie de la Nation observe impuissant IDI qui, arme à la main, plus que radical, terrorise tout un peuple, qui n’a de choix que dans la résignation. Même dans des pays où, la courbe de la prise de conscience de la population est à son bas niveau, une telle forfaiture ne peut être possible.

Une Constitution n’est pas un cahier de texte, moins encore un texte d’une association de quartier, pour qu’un groupe donné puisse s’offrir le luxe de la modifier comme bon lui semble. Lorsqu’on gouverne un pays où, le pouvoir est du peuple par le peuple, on a pas le droit de négliger ce peuple, fut-il amorphe. Souvenons-nous, que c’est en tentant de modifier le texte fondamental de son pays que Blaise Compaoré a été chassé comme un chien par les Burkinabés. Souvenons-nous encore du sort de celui qui avait promis fêter ses 100 ans au pouvoir au Zimbabwe, mais qui a fini par être exfiltré par son propre camp. Ça n’arrive pas qu’aux autres, et Déby doit comprendre la leçon, même s’il a pris toutes les dispositions pour terroriser ou réduire en silence les Tchadiens. Ce qui est aberrant dans tout çà, c’est l’attitude du peuple Tchadien lui-même qui ne peut même pas prendre son destin en main, et cherche désespérément un leader depuis 27 ans. Un leader capable d’être au devant de la scène par sa présence physique et non celui qui lutte derrière les claviers ou devant les caméras et dans les colonnes des journaux. Un leader capable de sortir avec toute sa famille, braver les lacrymogènes et les coups de matraques et non celui qui envoie sa famille dans des pays sécurisés pendant que celles des autres sont en train d’être massacrées par une meute de policiers aux ordres du raïs.

Un leader qu’on ne peut acheter sa conscience et non celui qui est prêt à vendre tout un peuple pour des miettes d’espèces sonnantes et trébuchantes. En existe-t-il de tels hommes dans les rangs de l’opposition tchadienne et de la société civile ? Il faut en rechercher. Et, c’est le moment de les trouver pendant que, le peuple sans défense, voit sa constitution modifiée pour offrir à IDI un pouvoir sans partage jusqu’en 2033 et augmenter sa longévité au pouvoir à plus de 40 ans. Et si, ces leaders ne se manifestent pas pendant ces moments décisifs de la lutte citoyenne, faudrait-il encore croire à ces politiciens et acteurs de la société civile qui tournent et retournent leurs vestes. Loin d’être pessimiste, il faut dire qu’à l’allure où vont les choses, les Tchadiens ne risqueront pas leur vie, en empêchant la révision constitutionnelle. Entre subir et vivre dans le contentement actuel en attendant des lendemains meilleurs et risquer sa vie pour une fin déjà connue, beaucoup choisiraient inévitablement la première option, à l’exemple de leurs voisins de l’Ouest qui attendent que Dieu puisse lui-même rappeler auprès de lui Paul Biya avant de croire à un changement au pouvoir. Face à cette faiblesse constatée, Idriss Déby Itno qui a ramassé ce pays par terre, peut en faire ce qu’il voudra. Et pour longtemps encore. Il faudra attendre que Dieu qui lui-même qui a donné ce pouvoir à ce berger, puisse lui en retirer le moment venu. 

Juda Allahondoum

Editorial du N° 086 paru la semaine dernière.

 

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