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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

«Oui au don du sang et non à la spéculation sur le sang dans nos hôpitaux. Dans nos hôpitaux des pratiques peu catholiques et peu mahométanes courent les couloirs de l’impunité. Des pratiques illicites que la science médicale abhorre. L’une de ces pratiques est la spéculation pécuniaire sur le sang humain, une pratique courante, tolérée car prospérant sous les yeux de tous les patients et parents de patients ».Cette dénonciation des pratiques spéculatives sur le sang humain émane d’une personne qui sait de quoi elle parle, puisque c’est un professionnel de la santé. Dr Djiddi Ali Sougoudi alerte le public et surtout les autorités sur des pratiques illicites observées dans les hôpitaux,  via son coup de Badangaï (320) du mardi 20 mars 2018. Même si on peut ne pas mettre en doute la crédibilité des faits évoqués par Dr Djiddi Ali Sougoudi, cependant il n’est pas inutile de chercher à comprendre le fond de sa dénonciation ou les motivations ayant poussé Ali Sougoudi, médecin de son état de mettre le doigt sur certaines pratiques qui n’honorent pas le Tchad.

S’appuyant sur des cas de spéculation pécuniaire sur le sang humain ayant eu lieu dans certains pays à travers le monde, Dr Djiddi Sougoudi compare les Tchadiens au personnage d’un livre décrivant la situation misérable d’une ville indienne : «Sans se rendre à l’évidence, les tchadiens sont devenus des vrais personnages du Livre de Dominique Lapierre intitulé la « Cité de la joie » qui décrivait la misère dans Calcutta de l’Inde où des pères de familles indigentes vendaient leur sang pour subvenir aux besoins de subsistance. Ce livre vendu en millions d’exemplaires fit sortir la mère Theresa de l’incognito, une sœur béatifiée par la suite par l’Eglise pour son courage et pour sa compassion pour les extrêmes pauvres du sous-continent indien ».

Djiddi Ali Sougoudi fait preuve de courage et de responsabilité pour informer l’opinion publique et surtout dénoncer les actes inconcevables et néfastes qui impactent indirectement et directement la société tchadienne : « Ici au Tchad, les poches de sang ont un prix contrairement à la recommandation de la médecine et par ses lois. Les parents des patients mettent toujours la main dans les poches s’ils n’arrivent pas à se faire prélever sur eux-mêmes. Le sang donné en don est revendu par des esprits cupides et tortueux d’un personnel impuni et le pays entier est au bord d’une dérive spéculative sur le sang humain, produit labile invendable qui doit être disponible par le don. De nos jours, le sang est devenu rare non seulement par le manques de donneurs mais aussi par ce circuit lucratif qui gère frauduleusement et pécuniairement le sang au niveau des hôpitaux et au niveau de la CNTS (Centre national de transfusion sanguine). Les groupes sanguins rares comme celui O-Négatif, groupe donneur universel mais ne pouvant recevoir que son propre groupe couplé rhésus, font spéculer davantage la vente du sang. Certains donneurs des groupes rares se font payer et les intermédiaires jappent d’impatience et ne manquent pas de se remplir illicitement les poches. Les donneurs sont devenus rares à cause de l’ignorance d’une population qui croit tomber malade en donnant de son sang. Le manque de sensibilisation et la persistance de ce préjugé se combinent à la réticence liée aux tests de dépistage qui précèdent les prélèvements. En effet de nombreux donneurs craignent de se découvrir porteurs d’une maladie comme le VIH, l’hépatite ou la syphilis en soumettant leur sang aux examens de précaution. Le prélèvement, la conservation et la mise à disposition de ce produit aux patients demeurent un grand challenge. De grands hôpitaux comme l’hôpital de la Renaissance ne disposent pas une unité de sang et l’on y a vu des patients mourir pour une blessure du bras ou pour une hémorragie quelconque. C’était et c’est toujours La Croix et la bannière pour trouver le sang compatible à l’hôpital de la Renaissance depuis sa création. Le syndicat des médecins (SYMET) s’engage à un don du sang pour début Avril 2018 et demande alors à l'autorité Sanitaire du Tchad de mettre un terme à la spéculation autour du sang humain, un produit sacré invendable. Le SYMET sera désormais trop regardant sur les pratiques qui courent les couloirs de nos hôpitaux. La protection du métier des médecins et la transparence dans les pratiques médicales constituent désormais les chevaux de bataille de cette corporation médicale de plus en plus puissante car portante de la voix de tous les médecins du Tchad ».

Il poursuit son analyse en mettant en garde les Tchadiens et demande aux autorités de prendre les mesures qui s’imposent pour faire cesser ces pratiques inadmissibles : « Le sang et ses dérivés (concentré plaquettaire ou globulaire, le sérum....) ne sont pas à vendre et que les Tchadiens sachent se défendre contre toute pratique illicite de vente. L’anarchie a trop duré et qu’elle cesse désormais. Le ministre de la santé doit sévir contre les indélicats qui prospèrent par la vente du sang aux patients et entourages. Sévir c’est punir correctement ces véreux aveuglés par tant de cupidité. Toute autorité hospitalière qui laisse prospérer des pratiques de vampirisme sur le sang humain dans un hôpital doit subir des sanctions administratives exemplaires. Le SYMET aidera le Ministère et l’Ordre de médecins à l’instauration de bonnes pratiques médicales mais aussi à la lutte contre l’impunité. Par ailleurs le SYMET enseigne que le manque du sang dans nos hôpitaux est une faute grave car il s’agit là du non-respect de l’obligation des moyens qui assujettit la pratique médicale dans une structure quelconque habilité à recevoir des patients graves. Tout hôpital qui ne remplit pas cette obligation de moyen, donc du sang mais qui en reçoit des patients est dans la faute. Il faut aussi arrêter avec ces négligences coupables qui engagent le pronostic vital des patients dans nos hôpitaux où les patients agonisent sur les lits alors que les parents parcourent la ville en cherchant du sang. Il est de l’obligation de tout hôpital de rendre disponible ce sang en son sein. La population tchadienne doit dénoncer et lutter contre ces pratiques honteuses mises en place dans nos hôpitaux par une catégorie de personnel qui ignorent les rudiments de l’art médical. Les vampires et les véreux seront traqués et punis afin de protéger le métier médical. Soigner est un art et un art régis par des règles! ».

Ahmat Zéïdane Bichara/Moussa T.Yowanga

 

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