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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans son communiqué relatif à la démission collective de huit chroniqueurs du Nation Media Group (NMG) pour dénoncer les ingérences croissantes du gouvernement, parvenu à notre rédaction le 29 mars et portant la signature du responsable bureau Afrique Arnaud Froger, l’ONG de défense des journalistes interpelle les autorités kenyanes leur demandant à ne pas entraver l’indépendance des médias. RSF rapporte que les huit chroniqueurs ont annoncé mardi 24 mars leur démission du plus grand groupe de presse au Kenya à travers un communiqué intitulé : « Nous refusons d’être réduits au silence». Un des démissionnaires, le professeur Nic Cheeseman  précise sur Twitter : « Ecrire pour le NMG fut un honneur mais ce n’était plus tenable. Je démissionne pour protester contre les atteintes croissantes à la liberté de la presse ».

 

Le groupe NMG a réagi pour démentir ces accusations  et assure «avoir toujours mis un point d’honneur à ne pas modifier les chroniques sauf pour corriger des erreurs élémentaires». Plusieurs incidents ont conduit à ces démissions, dont le dernier en date de janvier avec le non renouvellement du contrat de Linus Kaïkaï, le directeur NTV appartenant au même groupe, selon l’organisation RSF. Le journaliste avait dénoncé la collusion entre gouvernement et propriétaire de médias qui n’avaient pas couvert la prestation de serment symbolique du chef de l’opposition Raïla Odinga, qui revendique avoir remporté l’élection présidentielle de 2017. Quatre chaînes, dont NTV avaient été fermées pour leur couverture de cet évènement, a indiqué dans son communiqué RSF. «Cette vague de démission devrait interpeller les autorités kenyanes et direction du groupe NMG, estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Tous ces chroniqueurs ont fait le choix de partir librement pour protester contre la multiplication des pressions politiques.

 

C’est l’indépendance de 17 médias membres du groupe NMG qui est en jeu». L’ONG Reporters sans frontières rappelle qu’il y a deux ans, plusieurs chroniqueurs avaient déjà sonné l’alerte dans une lettre adressée à la direction de NMG, lui reprochant sa soumission aux pressions politiques après l’éviction d’un célèbre éditorialiste du Daily Nation, Denis Galava, qui avait dénoncé la mauvaise gestion de la crise économique par le président Kenyatta. Quelques semaines plus tard, le caricaturiste Gado avait également été contraint à la démission par le NMG, pour ses critiques réitérées du président qui avait porté plainte contre lui. Il travaillait pour le groupe depuis plus de 20 ans. RSF constate que l’indépendance des médias est régulièrement mise à mal au Kenya, notamment en période électorale. En janvier dernier, la Corporation des directeurs de médias du Kenya (The Kenya Editor’s Guild) s’était dite très inquiète de la tendance du gouvernement à « museler ou menacer les médias lors de leur couverture d’évènements politiques dans le pays ». Le Kenya occupe la 95ème place sur 180 dans le classement mondial 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.

Moussa T.Yowanga

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