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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

La campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007 a-t-elle profité de financements libyens ? L'ex-chef de l'État français a été placé en garde à vue mardi dans le cadre de ce dossier sur lequel la justice enquête depuis cinq ans. L’ancien président (2007-2012) était entendu par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, près de Paris, selon une source proche de l'enquête. A l'issue de cette garde à vue, qui peut durer jusqu'à 48 heures, il peut être remis en liberté, présenté à un juge en vue d'une éventuelle mise en examen (inculpation) ou convoqué ultérieurement. Très proche de lui, Brice Hortefeux, qui fut ministre de l'Intérieur durant son quinquennat, est entendu en audition libre, selon une source proche du dossier. Les juges s'intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi. D'anciens dignitaires de Tripoli et un intermédiaire franco-libanais, Ziad Takkiedine, ont évoqué la thèse de versements au profit de la campagne de Nicolas Sarkozy.

D'autres responsables libyens ont démenti. L'ancien chef de l'État a rejeté les accusations. L’enquête, ouverte notamment pour détournements de fonds publics et corruption active et passive, a été élargie en janvier à des faits présumés de « financement illégal de campagne électorale », a indiqué une autre source proche du dossier à l'AFP. En septembre 2017, les policiers anticorruptions avaient remis aux juges un rapport qui pointait la circulation d'espèces dans l'entourage de Sarkozy durant la campagne 2007.Aux enquêteurs, l'ancien trésorier de la campagne présidentielle Éric Woerth et son adjoint Vincent Talvas avaient affirmé que l'argent provenait de dons anonymes, pour un montant global compris entre 30.000 et 35.000 euros. Une justification contestée lors d'autres auditions. La personne chargée du courrier reçu à l'UMP (le parti de droite de monsieur Sarkozy qui deviendra par la suite Les Républicains), durant cette campagne présidentielle, a ainsi déclaré n'avoir « jamais vu de courrier arrivant qui contenait des espèces ».L'affaire a éclaté en 2012 après la publication par le site d'information Mediapart d'une note attribuée à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, laissant penser à un financement par ce pays de la campagne de Nicolas Sarkozy. Dans ce dossier, l'ex-secrétaire général de la présidence française Claude Guéant a été inculpé pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée. Les magistrats s'interrogent sur un virement de 500.000 euros perçu par M. Guéant en mars 2008, en provenance d'une société d'un avocat malaisien. Il a affirmé qu'il s'agissait du fruit de la vente de deux tableaux.

L'avocat de Claude Guéant a relevé mardi que l'ancien président « aurait pu tout à fait être entendu sous le régime de l'audition libre ». « Il n'y a pas d'élément dans le dossier qui justifie aujourd'hui une telle mesure spectaculaire de garde à vue. Après cinq ans d'enquête, on n'arrive toujours pas à prouver qu'un seul centime d'argent libyen a été versé à Nicolas Sarkozy », a ajouté Me Philippe Bouchez El Ghozi.En novembre 2016, dans de fracassantes déclarations à Mediapart, Ziad Takieddine a assuré avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant -qui ont farouchement démenti-, trois valises contenant 5 millions d'euros en provenance du régime Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007.Les juges s'interrogent également sur la vente suspecte en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Riviera française, pour environ 10 millions d'euros, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien argentier du régime. Les enquêteurs soupçonnent l'homme d'affaires Alexandre Djouhri d'être le véritable propriétaire et vendeur de ce bien et de s'être entendu avec Bachir Saleh pour fixer un prix d'achat « très surévalué ». Actuellement en exil, monsieur Saleh, que la justice française souhaite interroger dans le cadre de cette affaire, a été blessé par balles fin février en Afrique du Sud. Il est visé par un mandat d'arrêt international. Alexandre Djouhri a lui été arrêté en janvier à Londres, en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française, et incarcéré. Il y est hospitalisé depuis une dizaine de jours pour des problèmes cardiaques, selon une source proche de l'enquête.

Éric Mocnga Topona, correspondant spécial à Bonn en Allemagne

Encadré : Bon à savoir

France-Libye : Nicolas Sarkozy, un ancien président face à ses dossiers judiciaires

Renvoi en procès pour financement illégal de la campagne électorale de 2012, inculpation dans une affaire de trafic d'influence, garde à vue à propos d'un financement libyen présumé : le point sur les fronts judiciaires qui pèsent sur l'ancien président français Nicolas Sarkozy. Tout a été relater ci-dessous par l’Agence France Presse(AFP) dans sa parution du mardi 20 mars 2018.

 Les comptes de campagne 2012 : « Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy a été renvoyé en procès en février 2017 par le juge Serge Tournaire pour financement illégal de campagne électorale, en raison du dépassement du plafond autorisé des dépenses de sa campagne présidentielle de 2012. Il a fait appel de ce renvoi comme la plupart des treize autres protagonistes poursuivis pour un vaste système de fausses factures destiné à cacher le dépassement du plafond des dépenses. Nicolas Sarkozy n'a pas été mis en cause pour les fausses factures ».

L'affaire des « écoutes » : « Monsieur Sarkozy est soupçonné d'avoir tenté, début 2014, via son avocat Thierry Herzog, d'obtenir d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations secrètes dans une procédure judiciaire. Après la validation des écoutes téléphoniques par la Cour de cassation en mars 2016, le Parquet national financier a requis début octobre 2017 le renvoi devant le tribunal correctionnel des trois inculpés, dont Nicolas Sarkozy, pour « corruption » et « trafic d'influence ».

Accusations de financement libyen de la campagne de 2007 : « Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue mardi par les policiers anticorruption qui entendaient également en audition libre l'un de ses anciens proches, l'ex-ministre Brice Hortefeux. C'est la première fois que l'ancien chef de l'Etat est interrogé dans cette procédure instruite par les juges financiers depuis 2013. Au cœur du dossier : des accusations formulées par l'intermédiaire Ziad Takieddine et d'ex-dignitaires libyens, tandis que d'autres ont démenti et que Nicolas Sarkozy les a contestées. Dans ce dossier, son ex-bras-droit Claude Guéant a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, notamment en raison d'un virement suspect de 500.000 euros qu'il a justifié par la vente de deux tableaux. En novembre 2016, Ziad Takieddine avait affirmé avoir lui-même remis 5 millions d'euros d'argent libyen au camp Sarkozy quelques mois avant son élection à la présidence ».

Affaire Karachi : « Le nom de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque, apparaît dans cette enquête sur des soupçons de rétrocommissions en faveur de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur en marge de ventes d'armes au Pakistan dans les années 90. Il a été entendu en juin 2017 comme simple témoin dans le volet ministériel de cette affaire. Monsieur Balladur est mis en examen pour « complicité et recel d'abus de biens sociaux » et son ministre de la Défense François Léotard pour « complicité d'abus de biens sociaux ».

Sondages de l’Elysée : « Les juges ont terminé en mai 2017 leur enquête sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution des sondages de la présidence sous le quinquennat Sarkozy (2007-2012). Personnage-clé du dossier, son ancien conseiller Patrick Buisson est soupçonné d'avoir profité de sa position pour réaliser d'importants bénéfices sur des sondages qu'il commandait au nom de sa société et qu'il revendait à l'Élysée. Il a été mis en examen, tout comme deux anciens proches collaborateurs de M. Sarkozy, Emmanuelle Mignon et Claude Guéant. Nicolas Sarkozy étant couvert par l'immunité présidentielle, le juge l'avait convoqué comme témoin, mais il avait refusé de s'y rendre. Le Parquet national financier doit désormais prendre ses réquisitions dans ce dossier avant la décision finale des juges. Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu dans plusieurs autres dossiers : ses voyages en jet privé facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit ; l'enquête sur ses pénalités réglées par l'UMP pour le dépassement de son plafond de dépenses de campagne en 2012 ou encore l'affaire des dons octroyés à l'UMP par la richissime héritière du groupe L'Oréal Liliane Bettencourt ».

Éric Mocnga Topona, correspondant spécial à Bonn en Allemagne

 

 

 

 

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