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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

 Ici, c’est un éminent Imam tchadien, très connu dans son pays qui eut décidé il y a de cela quelques jours d’aborder la politique dans son Khoutba, c’est-à-dire le message de l'imam adressé à ses fidèles lors de la prière hedomadaire de vendredi. La durée dépend de chaque orateur. Elle peut prendre trente minutes, une heure ou plus. Seulement, si ce vendredi,  les autres Imams ont principalement parlé de Dieu ou naturellement de l’au-delà, Cheick Mahamat Djibrine Yamine, membre fondateur du premier Comité islamique du Tchad de 1974, surnommé affectueusement « Khatib al-aassim » (l’orateur) s’est prononcé publiquement sur l’actualité nationale après l’homélie du prélat Edmond Djitangar qui a fait clairement le choix d’être du côté de ceux qui souffrent. Le doyen des oulémas du Tchad a fait une analyse lucide emprunte de sincérité qui s’adresse à l’ensemble du peuple et aux autorités en particulier ». Dans ce discours traduit en français par un certain Mahamat Abderamane, Cheick Mahamat Djibrine Yamine comme un pêcheur qui eut pris un gros poisson dans une petite nasse, a crevé l’abcès en envoyant un message fort aux corrompus et aux corrupteurs. Qui de deux est mieux ? Cheick Mahamat Djibrine Yamine vous le dira. « Sans Dieu, rien ne change en mieux », dit un proverbe de 1718, très connu chez les Catholiques.

Cheick Mahamat Djibrine Yamine commence son sermon par une série de questionnement relatif aux origines de la crise actuelle au Tchad : « Qu'’est ce qui nous a conduits à la crise actuelle ? Qu’est ce qui a étendu cette situation de précarité propre aux foyers des pauvres aux fonctionnaires et à tous les tchadiens ? La crise s’est généralisée, en effet, et, des 16 mesures à l’abattement de salaires nous naviguons à vue. Notre navire est en passe de s’arrêter en plein désert. Quelles en sont les causes ? Il y va de notre responsabilité de vous le dire. Par ce que l’avenir de la société dépend de la conduite des gouvernants et des oulémas. Lorsque le gouvernant est intégré, la société devient bonne, vertueuse. Lorsqu’il est pervers la société se perverti. De même lorsque les oulémas (moralisateurs) sont justes le gouvernant devient juste. Lorsqu’ils sont corrompus et n’assument pas leur rôle de moralisateur le gouvernant se perverti et entraîne la société à l’égarement ».

Le leader religieux musulman n’hésite pas à pointer du doigt les causes de la crise actuelle : « Pour nous, la crise est principalement due au fait que nous (peuple et pouvoir) avions rompu notre relation avec Dieu (Allah) pendant la période faste. Pendant longtemps vous étiez attachés à vos propres pensées et idéologies, et vous estimiez que vous seriez perpétuellement dans la sécurité et la stabilité. Écoutez maintenant ce que vous dit Allah dans le coran : « Si les gens du livre avaient la foi et la piété, Nous leur aurions certainement effacé leurs méfaits et les aurions certainement introduits dans les Jardins du délice. » « S’ils avaient appliqué la Thora et l’Évangile et ce qui est descendu sur eux de la part de leur Seigneur, ils auraient certainement joui de ce qui est au-dessus d’eux et de ce qui est sous leurs pieds. Il y a parmi eux un groupe qui agit avec droiture ; mais pour beaucoup d’entre eux, comme est mauvais ce qu’ils font ! »

Comme tout bon religieux qui se réfugie sur les livres saints. Cheick Mahamat Djibrine tire l’ensemble de ses sources d’informations sur le Saint Coran. Et cela se vérifie immédiatement par ses propres mots : « Ici par le livre, Allah interpelle chrétien, juif et musulman. Si les gouvernants appliquent les orientations dans les livres sacrés, ils vivront dans le confort et l’abondance. Et justement grâce à Dieu nous étions dans l’opulence. Il nous a sorti le pétrole et vous avez festoyez en chantant. Il nous a sorti l’or et vous vous êtes rués sur. Après la situation s’est détériorée. C’est justement par ce que la corruption s’est généralisé sans pareil dans l’administration. La corruption est la devenue la norme obligatoire et ne sont responsabilisés que sont les premiers parmi les voleurs des deniers publiques. Pratique de corruption que connaissent bien les hautes autorités et même le président de la république ».

Cheick Mahamat Djibrine va très fort, car il justifie son intervention devant les fidèles musulmans évoquant les raisons pour lesquelles il a décidé de parler politique : « Lorsqu’un responsable vole, il passe un laps de temps en prison ensuite il est promu. Il devient soit le responsable du parti au pouvoir ou le président de l’une des institutions, assemblée nationale etc. Comment vous-voulez-vous que les choses marchent dans des telles conditions ! Soyons sincères avec nous-même. Corruption sur corruption. Vous ne pouvez être intégré à la fonction publique qu’après corruption. On vous soutire 250.000 Fcfa ,500.000 Fcfa. Et après, vous attendez la miséricorde d’Allah. De qui vous vous moquez ? Qui vous pensez tromper ? Craignez Allah. Vous vous êtes tus devant cette situation alors que vous pourriez la changer. Le prophète SAW a dit « celui d’entre vous voit un mal qu’il le change par sa main. S’il ne peut pas alors par sa langue et s’il ne peut pas alors avec son cœur et ceci est le niveau le plus faible de la foi ». Lorsque le prophète dit « changer par la main », il interpelle le gouvernant ».

Et les choses deviennent très sérieuses, car l’homme de Dieu eut affiché son désaccord à l’égard des politiques. Il a choisi le peuple face à une mal gouvernance: « Le chef pouvait changer le corrompu et le corrupteur mais il les laisse et en rit. Il dit simplement les gens font ceci et cela mais il ne voulait pas réellement que les gens changent. Et ceci nous a conduits à la situation où nous sommes. C’est un manquement de gouvernance. Allah nous a donné des bénédictions et il méritait un remerciement. Ce remerciement aurait été que nous mettions les choses à leur juste place. Aujourd’hui l’abondance s’est arrêtée parce que nous avons désobéi. Allah a dit : « C’est qu’en effet Allah ne modifie pas un bienfait dont il a gratifié un peuple avant que celui-ci change ce qui est en lui-même. Et Allah est, Audient et Omniscient ». Les gens de villes ont désobéi et les ruraux aussi après les récoltes par une conduite extravagante, entre consommation d’alcool, danse et prostitution, etc. Allah dit « Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont démenti et Nous les avons donc saisis, pour ce qu’ils avaient acquis ».

Dans sa conclusion, l’imam donne la voie à suivre pour sortir de cette crise déplorable. Ce sont des mots forts et directs surtout. Il exhorte le peuple tchadien à se tourner vers Dieu. Si le peuple tchadien tient à se débarrasser de cette crise sociale et politique, il doit se tourner vers ce Dieu qui agit toujours en bien: « Si vous voulez que la situation change, changer vous-mêmes, parce qu’elle est le résultat de votre conduite.…En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes…] Chacun doit prier et appelez ses proches à la bonne conduite, peut être que votre bon comportement induira la miséricorde chez le gouvernant. Nous sommes dans une situation d’impasse. Il y a d’un côté des travailleurs qui disent nous ne travaillerons pas si l’on ne nous paye pas et de l’autre l’employeur (Etat) qui refuse de payer si les travailleurs ne travaillent pas. Vers où cette situation va nous conduire, si ce n’est au chavirement de notre navire ».

Moussa T.Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

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