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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Au Tchad comme en Guinée Conakry, les enseignants et leurs gouvernements respectifs sont à couteaux tirés depuis la fin de l’année 2017 et début 2018. Les mouvements de grève des enseignants de ces deux pays d’Afrique subsaharienne ayant le français en partage, ressemblent peu ou prou par leurs causes, leurs ampleurs, et surtout par l’indifférence notoire voire le mépris des autorités enclin à manier le bâton plutôt la carotte pour trouver une porte de sortie honorable bénéfique aux protagonistes. Si les enseignants Tchadiens du primaire et du secondaire sont entrés en grève illimitée le 29 janvier, leurs collègues du Supérieur leur ont emboîté le pas le 03 février en appelant également à une grève illimitée pour réclamer 7 mois d’arriérés des primes de recherche et protester contre la baisse des salaires, mise en œuvre en janvier par le gouvernement en quête désespérément des économies pour tenter de maîtriser les finances publiques.

 

Le gouvernement Tchadien a pris de cours les fonctionnaires en agissant en catimini pour appliquer dans l’intégralité le décret 687 qui réduit jusqu’à 50% tous leurs avantages et indemnités. Furieux, les syndicats n’ont pas voulu accepter cette coupe salarial au sécateur qui risque de porter un coup dur au pouvoir d’achat de travailleurs déjà mis à mal par le gouvernement avec l’instauration des 16 mesures décidées en 2014 pour résorber la crise économique et financière provoquée officiellement par l’effondrement des cours du pétrole alors qu’en réalité la corruption et le pillage systématique des deniers publics sont véritablement les causes principales de l’hémorragie des finances publiques. Le syndicat des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNEC) par la voix d’un responsable, Faustin Digamnarbe a confié à l’AFP avoir « décidé d’une grève illimitée dans toutes les universités jusqu’à la satisfaction de toutes nos revendications ». « Nous avons décidé de déposer les craies et de fermer toutes les universités, les écoles normales supérieures et les instituts d’enseignement supérieur dans le pays », a-t-il poursuivi lors de cette assemblée générale.

En Guinée du président Alpha Condé, la situation n’est guère meilleure, le bras de fer se poursuit inlassablement entre le gouvernement et l’aile dissidente du syndicat des enseignants, déterminée à obtenir gain de cause. A l’initiative d’une faction du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg), les enseignants guinéens ont repris le chemin de la grève le 12 février après une trêve précédée d’un arrêt de travail pendant plusieurs semaines à la fin de l’an dernier. Ici, les grévistes sont vent debout contre le gouvernement et exigent une « augmentation des salaires, de meilleures conditions de vie et de travail », mais celui-ci campe sur ses positions. Comme au Tchad, les enseignants guinéens observent une grève illimitée qui n’arrange personne. Les autorités de ce pays ont appelé la semaine dernière les enseignants au « réalisme » dans leurs revendications.

 La tension est montée d’un cran lorsque le gouvernement a menacé de ne pas payer les salaires des enseignants qui ne reprendraient pas le chemin de l’école lundi matin et en avertissant les participants de cette grève « illégale » qu’ils risquaient des « sanctions disciplinaires », selon un communiqué diffusé sur les médias d’Etat. Alors qu’au Tchad, l’Etat a pris des mesures contraignantes pour amener les grévistes à reprendre le travail. Chaque ministère tient des listes de présence hebdomadaires de sorte que les salaires des fonctionnaires grévistes ne seront pas payés. Plus la pression des gouvernants est forte, plus les enseignants grévistes font preuve d’une détermination sans faille. Le blocage est total en l’absence du dialogue et ce sont les élèves et les étudiants qui paient le plus fort. Conscients de perdre gros, ils ont manifesté à N’Djamena et à Conakry pour revendiquer la reprise des cours dans les établissements scolaires et les universités. En guise de réponse, les gouvernements tchadien et guinéen ont déployé la police pour réprimer sévèrement les manifestants.

Moussa T. Yowanga

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