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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L'économie tchadienne va mal. Cela va sans dire. Mais les mesures prises pour la redresser le sont-elles, pour le bien du Tchadien lambda ou pour des intérêts obscurs ? Le FMI connu pour ses mesures impopulaires de redressement économique n'a jamais redressé aucune économie pauvre et chancelante sauf à renforcer les pouvoirs dictatoriaux. En l'occurrence pour le Tchad, l'on doit se demander comment un pays dont la gouvernance économique excelle dans la gabegie et persiste dans le gaspillage des ressources sans jamais démontrer sa capacité à produire des richesses, peut-il agréer les bons offices du FMI et surtout, pourquoi ? La réponse est dans l'intérêt géopolitique que représente le Tchad.

Une carte qu'a su jouer à fond, le général guerrier Idriss Deby Itno. Le Tchad, son armée, son général « fin stratège » ne sont-ils pas le bouclier face au terrorisme et le fer de lance de ce combat, dont on sait que ce sont les Tchadiens, chair à canons et leurs ressources englouties par une économie guerrière de mercenariat international qui en paient les frais ? Sauver le soldat Deby, éviter que le verrou tchadien ne saute, emportant dans un tsunami de terrorisme généralisé le gendarme des occidentaux et tous leurs intérêts pétroliers et miniers de la sous-région, est une priorité qui vaut le ''sacrifice'' du FMI et explique bien ceux, minimes des populations tchadiennes. Alors donc, il n'est point surprenant que, face aux gémissements des Tchadiens, l'Opinion Internationale ne réponde que par la politique de la sourde oreille. Cela dit, le court terme, ce qui attend ces hommes, ces femmes et ces enfants du Tchad majoritaire et profond, est loin d'être de la tarte la crème. Prenons juste deux mesures de sauvegarde, prises de commun accord avec le FMI

Les « Seize »: Face à l'extrême cherté de la vie, ce que percevaient comme salaires les fonctionnaires tchadiens, avant la décision et l'application des 16 mesures d'austérité leur permettait à peine de faire face à leurs besoins fondamentaux : loyer, alimentation, santé, éducation de familles élargies. La suppression des indemnités qui représentaient l'essentiel leurs revenus les a réduits à une situation de précarité à la limite de la subsistance. Les demi salaires dernièrement décidés sont un coup de grâce.

La taxe sur l'habitation: Dix mille Fcfa, l'an (?), sur chaque habitation construite en matériaux locaux. Un délire démentiel.Pour rappel, plus de 90% des Tchadiens vivent dans des habitations en matériaux de construction de fortune : « Dours-Dours », cases en torchis, entrée-coucher, tentes de nattes ou de peaux, etc, dans, les villages, les hameaux, les Ferricks, les quartiers pauvres des villes ...Il s'agit, d'environ onze millions sur les douze des Tchadiens qui vivent dans ces conditions de précarité ; dont les revenus par famille et par an excèdent difficilement les 50 à 150 000 Fcfa. Prélever 10 000 F par case ? Une deux, trois cases ? Soit 20 à 30 00 sur les 150 000 Fcfa ! Et qui va faire ce prélèvement ? Des agents recrutés parmi les flics véreux, des Bogo-Bogo, des goumiers tordus et pourris, des délateurs dépravés ! Ce que ça va donner ? Les mêmes résultats que pour le charbon, pour le bois de chauffe, pour le gibier ; une opportunité supplémentaire donnée à ces individus, produits d'un système pourri, de faire du harcèlement au quotidien de pauvres citoyens. Pourrir davantage la vie du citoyen lambda ; le traquer encore et encore, pourchasser les jeunes des villages et des Ferricks pour en faire des colombiens, des coupeurs de routes, des prostitué(e)s, des drogué(e)s.

Une mesure débile, démentielle qui conduira juste, à davantage de promiscuité et de misère. Jamais aucun régime n'a bénéficié d'autant d'atouts économiques que celui de Idriss Deby Itno pour sortir les Tchadiens de leurs misères endémiques. L’échec du système à instaurer une paix vraie et durable, à instaurer la justice sociale et à favoriser la cohabitation pacifique est patent. S’appuyant sur une gouvernance dont le mode d'emploi est la division pour les confronter et les affaiblir, de toutes les communautés tchadiennes et des individus au sein de chaque communauté, le système est arrivé à la limite de son ingéniosité. Celle qui ne consiste qu'à prévariquer, à paupériser les plus pauvres des Tchadiens, au point de les frapper dans ce qu'ils ont de plus précieux. Leur foyer. Un régime de tontons macoutes. Les Duvalier s'en sont servi pour aliéner les Haïtiens, les Itno s'en servent pour les mêmes résultats au Tchad.

Nadjikimo Benoudjita, correspondance spéciale depuis Canada

 

 

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