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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Conférence le 3 février à Paris pour les 10 ans de la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh

Nous sommes bien le samedi 27 janvier 2018. D’ici presque une semaine, c’est-à-dire le samedi 3 févier 2018, aura lieu la conférence à Paris pour les 10 ans de la disparition de l’opposant démocratique tchadien, à cette époque président du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD), Ibni Oumar Mahamat Saleh. Cette conférence politique drainerait sûrement un nombre fou de personnes très attachées aux valeurs démocratiques universelles et surtout à cet opposant qui s’est battu durant sa vie sur terre à la cherche de la vérité. Il est souvent inadmissible qu’ailleurs sous d’autres cieux, le vent de la démocratique eut commencé depuis fort bien longtemps à souffler, malheureusement au Tchad dans ce pays qui se réclame berceau de l’humanité, l’harmattan de la dictature d'Idriss Deby Itno continue de l’empêcher. Mais,il est souvent mieux de laisser ceux qui maîtrisent bien le terrain de raconter ce qu’ils connaissent. Voici donc l’analyse faite par les organisateurs de cette conférence du 3 février prochain.

« Le bourreau tue toujours deux fois : la première fois par la hache, la seconde fois par l’oubli. » (Elie Wiesel).  Le 3 février 2008, alors que des combats faisaient rage à N’Djamena, le leader de l’opposition Démocratique, Ibni Oumar Mahamat Saleh fut enlevé à son domicile par la garde présidentielle du dictateur tchadien, Idriss Deby. Depuis lors, nous sommes restés sans nouvelles de lui. Malgré la mobilisation sans précédent de ses amis, d’une partie de sa famille, de parlementaires, d’organisations de défense des Droits de l’Homme et même de simples citoyens, Tchadiens ou non, la lumière n’a pas pu être faite sur son sort. Et cela fait dix ans, depuis la disparition du grand Homme, que nous sommes dans l’expectative ; d’autant que les plaintes déposées à N’Djamena et à Paris sont restées lettres mortes. Alors, ce triste dixième anniversaire de sa disparition est l’occasion de réunir tous ceux pour qui Ibni est un symbole de liberté et de résistance à l’oppression ; tous ceux qui l’ont connu, aimé et aussi tous ceux qui se sont battus pour que sa mémoire ne sombre pas dans l’oubli. A l’initiative du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD), le parti d’Ibni, une journée du souvenir sera organisée le samedi 3 février 2018 de 10 heures à 15 heures à la Fondation Jean-Jaurès, à Paris. L’adresse est le 12 Cité Malesherbes dans le 9ème arrondissement (métro ligne 2: Pigalle). Nous invitons toutes et tous, Tchadiens comme non-Tchadiens, à se joindre à cette commémoration d’importance. Il faut que nous soyons le plus nombreux possible afin de crier haut et fort que nous n’aurons pas de repos tant que le sort d’Ibni ne sera pas révélé et les coupables de son enlèvement appelés à comparaître devant la justice. Cette journée sera aussi une occasion de rendre hommage à toutes les victimes de l’arbitraire au Tchad, et elles sont nombreuses ».

La conférence-débat se tiendra de 10h à 15 heures le 3 février, comme suit :

10h-12h : après l’ouverture par Khadidja Sahoulba, représentante du PLD en Europe, et Alexandre Minet de la Fondation Jean-Jaurès, la première partie de la conférence sera consacrée au témoignage des amis et des proches d’Ibni (Marie-José Tubiana, Guy Labertit, Acheikh Ibn Oumar, Edouard Boukié…) ;

12h-13h : collation prise sur place

13h-14h : la deuxième partie verra les interventions du sénateur Jean-Pierre Sueur, des organisations de défense des Droits de l’Homme (ACAT, Amnesty), des représentants des partis politiques français (Maurice Braud…) et des sociétés savantes de mathématiques ; il sera évoqué le sort d’Ibni, mais aussi de manière plus générale la situation des Droits de l’Homme au Tchad.

14h-15 h : La troisième et dernière partie de la conférence évoquera l’évolution géopolitique du Tchad sur la décennie suivant la disparition d’Ibni (2008-2018), notamment à travers le prisme des relations entre la France et le pays de Toumaï. Les intervenants seront Marielle Debos, Roland Marchal et Seidik Abba.

La conférence-débat sera animée par Makaila NGuebla, journaliste politique et spécialiste de l’Immigration, et Thomas Dietrich, écrivain.

L’entrée sera libre.

A noter que parallèlement, d’autres événements autour de la figure d’Ibni seront organisés au Tchad par le PLD mais aussi en Afrique de l’Ouest (Burkina-Faso, Niger…) à l’initiative d’un des fils d’Ibni, Brahim.

Contact presse : ibniconference@gmail.com / 07 51 55 99 42 / 06 62 79 25 07

 

 

Cet article ci-dessous : « l'affaire Ibni Oumar Mahamat Saleh, un crime d'État couvert par le silence de la France ? », écrit le 03/02/2012 et actualité le 03/10/2016 et dont l’auteur est monsieur, Clément Boursin, responsable des Programmes Afrique à l’action des Chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France. Il est aussi accessible sur le blog du même auteur. Ces informations sont certaines assez anciennes pour ne pas être considérées à la lettre, mais elles vous permettraient d’avoir une idée plus ou moins précise sur les conditions de la mort de cet homme politique tchadien dont le nom se trouve ci-dessus.

Voici l’article de monsieur Clément Boursin : « Quatre ans après l'enlèvement de l'opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, à N'Djamena, il est temps pour la France de déclassifier tous les documents, y compris les secrets-défense, relatifs aux événements de février 2008.Il y a quatre ans, le 3 février 2008, l'opposant politique tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh - président du Parti pour les libertés et le développement (PLD) - était enlevé à son domicile de N'Djamena, devant sa famille, par les forces armées gouvernementales, à l'occasion de la répression de la tentative de coup d'État menée par les forces rebelles quelques jours plus tôt. Sept mois plus tard, début septembre 2008, une commission d'enquête nationale établissait la responsabilité de la garde présidentielle dans cette disparition forcée et posait la question de l'implication du président tchadien Idriss Déby Itno dans cette affaire (1).

Dans la foulée, une procédure judiciaire était ouverte au Tchad. Depuis lors, aucune personne n'a été traduite en justice. Faute de volonté politique, la procédure judiciaire piétine. Quatre années ayant passé, les autorités tchadiennes auraient pu croire que l'affaire Ibni Oumar Mahamat Saleh allait être enterrée comme bien d'autres affaires semblables au Tchad. Cette absence de vérité et de justice a, au contraire, poussé sa famille établie en France, ses amis, des parlementaires français et des associations de défense des droits de l'homme à se mobiliser encore plus fortement en France et au niveau international. En mars 2010, à la suite de cette mobilisation, l'Assemblée nationale française votait à l'unanimité une résolution demandant au gouvernement français de faire pression sur les autorités tchadiennes afin que toute la lumière soit faite sur la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. Fin 2010, les autorités tchadiennes autorisaient enfin la venue d'experts internationaux pour réaliser un état des lieux des travaux du comité de suivi des recommandations de la commission d'enquête de 2008. Courant 2011, deux experts de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) et de l'Union européenne (UE) se rendaient, à plusieurs reprises, à N'Djamena.

Aucune avancée significative n'a été constatée en ce qui concerne l'affaire Ibni Oumar Mahamat Saleh et il y a tout lieu de penser que l'enquête se dirige vers un non-lieu. De son côté, la France, tout en appelant publiquement à ce que la vérité soit établie, n'a pas souhaité s'engager directement dans le suivi de cette affaire, et a laissé l'OIF et l'UE s'empêtrer dans ce fiasco juridico-politique. Il est vrai que cette affaire embarrasse la France au plus haut point. La présence de conseillers militaires français auprès de la présidence tchadienne pendant les combats de février 2008, et notamment au moment de l'enlèvement d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, pourrait être de nature à impliquer la responsabilité de la France y compris la responsabilité pénale individuelle de certains de ses militaires. Pour aider la famille d'Ibni Oumar Mahamat Saleh à obtenir la vérité sur son sort et que justice lui soit rendue, il est temps, pour la Présidence de la République et les ministères de la Défense et des Affaires étrangères, de déclassifier tous les documents, y compris les secrets-défense, relatifs aux événements de février 2008, comme le demande depuis plusieurs années parlementaires et associations de défense des droits de l'homme.

Ces documents pourraient en effet permettre à la famille d'Ibni Oumar Mahamat Saleh d'obtenir des informations complémentaires susceptibles de relancer la procédure judiciaire... peut-être ailleurs qu'au Tchad. (1) Selon le rapport, « l'impossibilité que cette action soit le fait d'une initiative personnelle d'un quelconque militaire subalterne [...] met en évidence l'implication des plus hautes autorités militaires tchadiennes ». Les auteurs du rapport posent ainsi la question du rôle du chef de l'État tchadien dans la chaîne de commandement : « Si la preuve n'est pas faite de sa participation ou de son instigation, il est toutefois permis de se poser la question suivante : dans un régime avec une très forte centralisation du pouvoir, un militaire, même de haut rang, pouvait-il, sans l'assentiment du président de la République, organiser à la fois la disparition des opposants politiques, leur détention et la réapparition dans une enceinte militaire ? Sachant par ailleurs, que le dimanche 3 février, la présidence était le seul endroit opérationnel de la capitale où les différentes autorités s'étaient retranchées, aux côtés du chef de l'État ».

 

 

 

 

 

 

Ahmat Zéïdane Bichara

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