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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

            « Je hais les victimes qui respectent leurs bourreaux », Jean-Paul Sartre »

Le samedi 18 novembre 2017, la Rédaction de Regards d’Africains de France eut publié le communiqué de presse de la Convention Tchadienne pour la Défense de l’Homme (CTDDH) dénonçant l’arrestation arbitraire de Ramadan Souleymane, huissier de Justice au ministère tchadien de la Justice à Moundou, seconde ville et capitale économique de la République du Tchad. D’après le communiqué de presse de la CTDDH signé par son secrétaire général Mahamat Nour Ahmed Ibedou, monsieur Ramadan Souleymane avait été arrêté et inculpé pour « diffamation » le 15 Novembre 2017 pour avoir posté sur sa page Facebook que le gouverneur du Logone « pourrait-il justifier du montant de plus d’une centaine de millions qu’il avait retiré du trésor pour la sécurité » Il met en garde les autorités locales et centrales contre toute atteinte à son intégrité physique.

Le 12 décembre 2017, on avait annoncé que toute la procédure de son arrestation a été annulée par le Tribunal de Grande Instance de Moundou sur la base de l’article 50 du nouveau code de procédure pénal, relatif à l’absence de consignation de la présence de l’avocat à l’enquête préliminaire, dans le procès-verbal(PV) de la police judiciaire. Il est définitivement libre. Le 12 décembre 2017 à 22h : 32 minutes, Maître Ramadan Souleymane publie un premier message sur son Facebook pour annoncer officiellement sa libération et remercier tous ceux qui l’ont soutenu. Il le dit de lui-même : « Mes premiers mots vont tout naturellement à ma défense, à ma famille, à tous mes amis et collègues, à tous les compatriotes qui ont cru à la lumière qui pointe à l'horizon et qui dans un élan de solidarité constant ont su et pu braver tous les dangers et intimidations et ont fait bouger la montagne de la honte et de la terreur. Il suffisait d'y croire et surtout d'y oser. Que Dieu bénisse chacun de vous. Je n'oublie pas également mes bourreaux qui m'ont rendu un service inestimable en m'envoyant au cachot car j'ai beaucoup appris à mieux les connaître. À tous je dis enfin : me revoilà ! » Chose très importante à mettre au crédit de Maître Ramadan Souleymane fut sa décision de raconter de façon chronologique et épisodique à compter du jeudi 29 décembre 2017, ses premières nuits de séquestration au Commissariat central de Moundou et les privations de toutes sortes endurées jusqu’à sa libération. C’est un rare témoignage à ne pas manquer.

Rare récit d’un ancien prisonnier politique innocenté par la Justice de son pays, l’huissier de Justice, Maître Ramadan Souleymane, qui fut interpellé le 15/11/2017, conduit au parquet de Moundou le 16/11/17 et libéré le 08/12/2017.

«Lundi 20/11/2017.Mon réveil fut naturellement difficile. La tête me fait très mal, mais je me bats pour ne pas céder au stress et au découragement. Un bidasse, ça ne connaît pas la défaite et, La gueule dans la poussière, lorsqu'on lui demande comment est le moral, Il répond toujours : Haut ! Mon fils m'apporte le petit déjeuner et une boîte de Migretil (un antalgique) pour combattre les douleurs. Je prends 5 dates et un verre d'eau pour avaler les comprimés. Je m'endors après une vingtaine de minutes. On me réveille une heure après parce-que j'ai de la visite. Le chef de poste laisse mes trois visiteurs venir me trouver dans la chambre. Décidément, Le bonus du dimanche continue. Beaucoup voient dans mon arrestation et le traitement qui m'est réservé par le procureur, mon implication dans la gestion des deux dossiers de la société Wadi Labara. Le premier est relatif au refus de paiement de la taxe sur le transport du sésame par un groupe d'hommes d'affaires soutenus et manipulés par le gouverneur. L'affaire est pendante devant le tribunal correctionnel. Le second, concerne la procédure opposant ladite société à la Mairie de Moundou. La Commune a perdu le procès devant le tribunal de commerce après une rupture abusive du contrat qui la liait à Wadi Labara.

Il faut préciser ici, que le gouverneur qui gérait presque le quotidien de la Commune, a poussé le Maire à rompre de manière unilatérale la convention qui liait la Mairie à la société Wadi Labara. Je n'écarte pas l'analyse faite par mes amis. En Afrique et surtout au Tchad, il n'est pas aisé de se déclarer activistes ou de militer dans une association qui a pour objet, La défense des droits humains. La famille proche, les amis, les collègues, vous conseillent toujours outre la prudence, l'abandon. Rares sont ceux qui vous galvanisent et vous souhaitent courage et abnégation. Il arrive même de fois, que les relations avec vos proches soient mises à mal. Votre épouse ou vos enfants, vos frères, se demandant pourquoi souffrir le martyr. Le doute ou la peur peuvent vous gagner et anéantir votre fougue. Le plus grand combat auquel vous serez confrontés est alors le combat contre vous-mêmes. Avoir le dessus sur votre moi. Ne céder ni à la peur, ni au doute. Nous avons choisi délibérément ce combat pacifique, difficile dans le contexte tchadien de l'heure mais c'est un choix. Le nôtre» .

Choix et commentaire d’Ahmat Zéïdane Bichara.

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